‹ La métromanie; comédie en cinq actes. Précédée d'une noticeChapitre 46 sur 127 · acte i, scene iii · texte numérisé non relu

acte i, scene iii

Elégie?

Dorante.

Eh ! bien !, Damis.

Portrait? Sonnet? Bouquet? Triolet? Ballet? Dorante.

Rien!

Mon amour se retranche au langage ordinaire ; Et désormais du vôtre il n'aura plus afaire.

Damis, resserrant ses tablètes.

C'est autre chose : alors ces vers seront pour moi.

Dorante.

Non que je ne ressente, ainsi que je le doi, La bonté que, ce jour encor, vous avez eue. J'ai regret à la peine.

Damis.

Elle n'est pas perdue.

Mes vers, sans aller loin, sçauront où se placer; Et l'on a, pour son compte, à qui les adresser. "

DoR.\NTE, avec émotion.

Ah! vous aimez?

Damis.

Qui donc aimeroit, je vous prie?

La sensibilité fait tout notre génie.

Le cœur d'un vrai poète est promt à s'enflamer; Et l'on ne l'est qu'autant que l'on sçait bien aimer.

Dorante, à part.

Je le crois mon rival.

{Haut.) Quelle est votre bergère?

De la vôtre, pour moi, le nom fut un mistère; Que le nom de la mienne en puisse être un pour vous.

Dorante.

Et votre sort, Monsieur, sans doute...

Damis.

Est des plus doux.

Dorante.

Une plume si tendre a de quoi plaire aux belles.

Damis.

Ce jour vous en dira peut-être des nouvelles.

Dorante.

Ce jour?

Damis.

Est un grand jour.

Dorante, à part.

Ah, c'est Lucilel

[Haut.) Oh çà!

Si vous ne la nommez, du moins dépeignez-la.

Damis.

Je le voudrois.

Dorante.

A qui tient-il?

{A part.) Son froid me tuë!

Damis.

Je ne le puis.

C'est elle.

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