‹ La métropole de demain [microforme]Chapitre 3 sur 26 · J. A. BEAULIEU · texte numérisé non relu

J. A. BEAULIEU

Comme suite et complément de cette notice nous reproduisons les lignes émues que M. Arthur Dansereau 4 consacrées, dans La Presse, à la mémoire de son ami, M. Nantel,

“Un bon et grand ami laisse cette terre, l'honorable Monsieur G. À. Nantel, notre ancien collaborateur, Nous

mêlée et aussi invaincu dans la défaite que les preux du Mmoyen-âge. Dans tous les Pays du monde, on trouve assez éparses les grandes figures, qui s’affirment par de

Cela ne veut pas dire qu’il dédaignât la plaisanterie et toutes ces minuties distinguées de la cor versation qui appartiennent exclusivement à l'élite. Il était affable voisin, ineffable Compagnon, intarissable Causeur, pour la bonne raison que c’était un savant du meilleur calibre, auquel l’entregent politique avait arrondi tous les angles.

Comme la plupart de nos hommes publics, Monsieur Nantel partit seul du plein pied pour gravir les hauteurs Nul étudiant, nul jeune avocat ne font ici leur marque s'ils n’ont pas du travail et de la valeur, 11 fut suffi. saminent remarqué de prime abord Pour mériter d’être invité dans un grand bureau d'avocat, celui de MM. Desnoyers et Ouimet. 11 se chargea du reste; car, il avait de l'ambition, surtout de l'ambition politique. Deux hommes l'avaient compris: le curé Labelle et Chapleau. Il n'était pas difficile Pour eux de l’apprécier; ils le lancèrent sans crainte dans cette ternib] arène politique qui secoue vi'emment les hommes. Il ne s’y trouva pas sur un terrain étrange et nul choc ne put l’émovvoir. Dans les triomphes comme dans les défaites, il fut toujours le chevalier sans peur et sans reproche.

Il eut plutôt l’ambition du devoir que celle du pouvoir. Quand l’honorable Monsieur Taillon, appelé à Ottawa en 1896, abandonna les rênes de Québec, le lieutenant-gouverneur, Sir Adolphe Chapleau, n’hésita pas un instant À charger Nantel de former un autre cabinet. Celui-ci ne céda pas à l’éblouissement. Il suggéra au &ouverneur d’appeler l'honorable Monsieur Flynn à sa place: ce qui fut fait.

Les malheurs politiques, dans lesquels il ne fut rien, arrivèrent. Il accepta cette mauvaise fortune en soldat

courageux, et son caractère bien trempé et si élevé ne se démentit jamais, 1] reprit la tunique du combat se lança dans la publicité militante les Yeux fermés, avec cet amour que, sul, un journaliste peut comprendre, 11 acheta le “Monde”, puis la “Minerve”, Y coula une petite fortune ; mais, dans son espèce de détresse, il resta une des figures les plus respectées de la politique.

Il est bon de dire que Monsieur Nantel était tout d’une pièce. Très bien élevé, assez habile pour faire des concessions et user de courtoisie en matières légères, il ne lâcha jamais un brin de ses convictions fondamentees,

4a seule chose que nous voudrions voir rester de nos paroles émues: c'est que Nantel fut un caractère, C’est beaucoup dire, à une , poque où il y en a si peu. Doué d’une intelligence supérieure, il la consacra en tièrement à son pays, dont il était souverainement épris. On peut le ranger sans crainte parmi nos grands patriotes. Il l'avait Prouvé durant son administration avant de le confirmer par les études si documentées qu’il à publiées depuis deux ans dans la “Presse” sur le

problème compliqué de Ja colonisation.

Il avait tant de projets en vue: des conférences, des livres, de l’action nationale! Peut-être a-t-il lu les dernières épreuves d’un volume bien intéressant et bien «vNÇçu sur le “Montréal agrandi”. 1] n’a pas pu com- Pléter eon grand travail sur l’œuvre de la colonisation

Chapleau ; espérons que des mains pieuses finiront ce qu’il considérait être Ja contribution finale d’un citoyen

Il vit arriver la grande faucheuse sans la moindre émotion. Quand son ami de coeur, le Dr Sévérin Lachapelle, lui annonça la nouvelle décisive en Jui passant au cou le crucifix bénit jue Pie IX avait donné aux zouaves à leur départ pour le Canada, le bon malade lui répondit en souriant : “Au moins que ça aille vite, hein !” 11 fut exaucé.

Introduction.

A Son Honneur LOUIS PAYETTE, Maire, AUX CONTRIBUABLES de Ja Cité et de l'Île de Montréal

je dédie cet ouvrage.

US

Puisse-til contribuer à l'étude et à la solution des questions municipales qui passionnent, à bon droit, l'esprit du public canadien. En un sens, on s’intéresse plus au Souvernement de la chose mubicipale qui agit tous les jours sous nos yeux qu’au gouvernement général du pays qui nous touche de plus. loin,

J’ai voulu faire, avant tout, un livre utile et Consciencieux.

difficultés présentes, s’accumulant et s’en-

Moins, atténuer dans,une large mesure.

Les hommes en charge, aujourd’hui, du S0uvernement de la Cité de Montréal, tenus par conséquent, de lui garder SOn rang de Métropole du Canada, de la faire triompher

annexions, par tous les agrandissements, le demi million d'habitants et le territoire qu’il lui faut,

Il n’est Pas un citoyen, tant soit peu au fait des choses, qui n’admette que la situation n’est plus tenable, que le &âchis où nous

st étis

nous débattons va de plus en plus compromettant l’avenir de notre magnifique cité.

Un soulèvement général, peut-on dire, s’est opéré, ces dernières années, parce que le mal a atteint son plus haut degré d’acuité.

Diverses classes de citoyens peuvent s’accuser les unes les autres, mais les observateurs impartiaux savent bien que c’est le système même qu’il faut tenir pour le plus grand coupable,

Montréal est grand, vigoureux, il s’est développé avec une rapidité étonnante depuis un quart de siècle.

Les organes de sa vie municipale ont besoin, à la fois, de se dilater davantage et de se fortifier d’un régime mieux règlé et plus substantiel.

On n’habille pas un homme fait de la dé.

froque d’un enfant. Cette défroque, d’ailleurs, est usée presqu’à la corde.

Montréal, comme toutes les grandes cités, Londres, New York, Paris, éprouve le sentiment de sa force, subit les impulsions de sa croissance ; il déborde de son enceinte, il est déjà maître de maints eudroits de l'Ile, qui n’ont pu échapper à l'intensité de son expansion.

—(— de

‘entendre Sans plus de ues et les ; de leur côté,

éral conviendrait lle de Montréal] ?

déceptions inhérentes à Pi Voyance, et obtenir

mieux adapté aux insti

és Municipales auto-

nomes de l’Ile ?

La réponse à “La Métropole q Nous nous sommes appu Haussmann qui jouit d'u près des autorité,

ces questions est l’objet de e demain”,

yé sur l’oeuvre de n plein crédit au-

S du monde, Le derne, dans ses grand

que nous Proposons de suivre,

Nous avons fait app haut placés dans }’ réalais, je devrais mas Shaugnessy, 1

Paris moes lignes, est le modèle

el aussi à des citoyens estime du publie

dire Canadien, Sir Thoe juge Ouimet, le Dr La-

chapelle, par les intérêts qu'ils possèdent, le milieu qu’ils fréquentent, leurs voyages dans les pays les plus avancés, les études qu’ils ont déjà présentées au public sur ce sujet, sont des autorités dont on pèsera les témoignages avant de se prononcer contre la réforme radicale de notre régime municipal.

Nous devons offrir nos très sincères remerciements aux employés de l'Hôtel de Ville qui se sont mis si généreusement à notre disposition pour nous documenter: à l’hon. L. O. David, greffier, à MM. L. Pelletier, contrôleur, Jules Crépeau, J. Charle.

bois, dessinateur.

Les ouvrages consultés sur le Département de la Seine et sur Paris sont :

L'Encyclopédie Municipale de la Ville de Paris, publiée en 1904, avec des statistiques sur la population qui ne remontent qu’à

Maxime Du Camp: “Paris, ses organes, ses fonctions et sa vie” — édition de 1874.

Maurice Block : Dictionnaire de l’administration française, édition de 1898,

Andréani: Guide de l'administration française, édition 1894.

trôleur,

Budget de 1909 et 1910.

Divers Plans, entre autres celui de M. Jos, Riel, À, P., de MM. Morton Philipps mais plus Particulière: rtiels pré.

ment les plans pa Parés pour Ja “Montreal Street” Par M. J. E.

Vanier,

Montréal]

» Ce 1 maï 1909,

te nd

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