SYLVIE, LE MARECHAL
LE MARÉCHAL. — Vous regardez cela.
Ah ! oui, nous avons des coffres armoriés, maintenant. Naguère, une bonne cantine de bois...
SYLVIE. — Je regarde la figure que fait une malle au milieu de mon salon... Vous donnez vos ordres, vous ne me laissez pas parler. . .
LE MARÉCHAL. — Eh! parbleu ! elle ne nous gêne pas oii elle est. D'ailleurs, ce garçon l'avait sur les épaules...
SYLVIE. — Il aurait aussi bien pu la porter tout de suite où je pense que vous allez descendre... Je pense que vous choisirez l'hôtel du Bon La Fontaine, qui est en face?
LE MARÉCHAL. — Bah! A quoi bon?
SYLVIE. — Comment? mais... pour être plus mon voisin... Si vous n'y tenez pas...
LE MARÉCHAL. — Non, je dis : à quoi bon l'hôtel ? Je suis bien plus votre voisin
SYLVIE. — Eh? Vous imaginez...
LE MARÉCHAL. — Loger ici? Parbleu!
Est-ce que vous l'entendiez autrement?
SYLVIE. — N'en doutez pas. Vous plaisantez.
LE MARÉCHAL. — Nullement,
SYLVIE. — Cela serait inconvenant.
Que dirait-on ?
LE MARÉCHAL, — Je m'en moque.
SYLVIE. — Pas moi.
LE MARÉCHAL. VoUS OUblicZ quC
nous allons voyager quinze jours en tête à tête...
SYLVIE, interdite. — Ah!...
LE MARÉCHAL. — Et qu'on aura encore plus lieu de jaser. Il importe donc bien peu...
SYLVIE, se ressaisissa?it. — Mais non, monsieur, nous n'allons point voyager eu tête à tête.
LE MARÉCHAL. — Comment?
SYLVIE. — Le colonel nous accompagnera.
LE MARÉCHAL. — Tonnerre de Dieu ! je vous