‹ La meuteChapitre 19 sur 115 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

MARTHE, SERMIONE, M""^ LA- VEUVE, au balcon et tournant le dos au spectateur. ARMAND, en tenue bourgeoise, à cheval sur une chaise et tourné vers le fond. SAMMY, en jaquette. NOMBREUX DOMESTI- QUES, en habit à la française noir, perruque poudrée à catogan. TROIS MUSICIENS costumés en ménétriers de village. PLUSIEURS PETITES BOUQUETIERES en villageoises «Mariage de Figaro », puis BAFFROY.

ARMAND, ricanant. — Seiigneiir ! Quel mardi-gras !

UN DOMESTIQUE. — Tu ferais mieux de nous donner un coup de main.

ARMAND. — A la corvée? Qui? Moi?...

C'est c'soir que j'rends mes galons : j 'travaille plus.

DEUXIÈME DOMESTIQUE, arrivant du iar-

din avec un 'panier. — Quatre douzaiines de couverts à M. le comte do Lanspessa !

SAMMY. — Conduisez-les par ici, tout doucement, et veillez sur eux,

MARTHE, tournant la tête. — Veillez sur les miens, principalement... C'est vrai, rien ne me rase comme de prêter mon argenterie.

SAMMY, aux inusiciens. — Vous voilà prêts, messieurs? Nous n'avons aucun besoin de vous pour l'instant. Voulez-vous dès à présent, vous rendre à la salle de spectacle? Vous pourrez, si le cœur vous en dit, assister à la représentation du Devin du village, divertissement en un acte de M. Jean-Jacques Rousseau. Occupez une des loges supérieures, personne ne vous y apercevra : la salle est plongée dans l'obscurité, comme à Bayreuth. Vous ne devez paraître sur la scène qu'à la fin du Mariage de Figaro, dont on joue enenite le dernier acte. Après la représentation, les invités se rendront ici pour le goûter champêtre. Vous prendrez la tête du cortège et, comme dit M. le comte, voufc

exécuterez de rustiques épitnalames sur vos pipeaux. ( Armand ricane. Aux petites bouquetières.) Quant à vous, mes enfants, circulez. Fleurissez le corsage «le ces dames et la boutonnière de ces messieurs.

armajntd. — Des vieux surtout.

SAMMY. — Monsieur Armand, faitesmoi le plaisir...

ARMAND. — Je n'ai pas d'ordres à recevoir...

SAMMY. — Je vous demande pardon, M. le comte m'a transmis ses pouvoirs

ARMAND. — C'est vous le maître de ballet? Compliments!... {Il se lève. Aux gens.) Vous n'avez pas de cœur, vous autres, de vous laisser déguiser, poudrer efc farder comme ça. Les maîtres se croient tout permis, parole! Qu'ils cabotinent pour leur compte, si ça les amuse ; mais de quel droit donc qu'ils attentent à la dignité humaine de leurs gens?

UN DOMESTIQUE. — Ça, je l'ai dit, moi !

SAMMY, ap-pelant Serniione. — Monsieur de Sermione!... Monsieur 1© comte !... Monsieur le comte voudrait- il noiis délivrer de cet énergumènel...

SERMIONE. — Je n'ai pas à voir à la livrée. Vous me prenez pour un autre.

ARMAND. — C'est tapé.

SERMIONE. — Je suis heureux de votre approbation. Mais comme vous nous assommez avec vos criailleries, je vous prie de rentrer là-dedans, et plus vite que ça, 'aein ?

ARMAND. — On y va, on y va.

Au moment où la figuration se disperse, Baffroy entre en scène tout essouflé. Il porte xnx appareil photographique.

BAFFROY. — Minute, je vous en prie!

Quel joli groupe 1

II prend l'instantané.

SERMIONE.

graphe!...

Il est exquis, le photo-

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