SCÈNE II
SERMIONE, MARTHE, M'"^ LA- VEUVE, puis SEBASTIENNE DE NANCY, JEANNE D'ARC.
SERMIONE. — Victor, en personne naturelle.
MARTHE. — Il fait son homme du monde.
SERMIONE. — Il a deux femmes à sea trousses! La princesse de Baïes et la duchesse de Chaméane !
MARTHE. — Si maman le voyait !
M™^ LAVEuvE. — Pensez! Un gars qui vient de coûter quatre cent mille balles à Rennequin. C'est l'homme du jour.
MARTHE. — ■ Richement travaillé, ma
MARTHE, lorgnant.
frère, là-bas !
Mais c'est mon
JEANNE. — Je saisis toujours les grossièretés*
vieille Laveuve ! Reconnaissance éternelle, m"* laveuve. — Et il y aura des suites.
Elle parle bas à Sermione. Sébastienne et Jeanne entrent précipitamment.
SÉBASTIENNE. — OÙ est le mouvcmcnt ?
Par ici ? Nous voilà enfin !
JEANNE. — Bonjour, mon chou. Tu sais, je peux dire comme notre vieux Louis XIV : « J'ai failli ne pas venir. » {On rit.) C'est de l'histoire.
SÉBASTIENNE. — Moutre-moi celle qui a le gros sac. Je ne suis venue que pour ça...
MARTHE, à Jeanne. — Et pourquoi astu failli ne pas venir, mon petit?
JEANNE. — Cette rosse d'Esther ne m'apportait pas mon collet.
MARTHE. — Mais es-tu folle de t'être habillée comme ça? On ne se montre pas aujourd'hui, on se cache.
JEANNE. — Tiens ! c'est pour ma satisfaction personnelle. Crois-tu que je m'habille pour les autres?
SERMiONE. — Ce n'est pas non plus ce qu'ils attendent de toi.
JEANNE. — Dites donc, mon cher, vous savez, je ne suiis pas aussi bête qu'on veut bien le dire : je saisis toujours les grossièretés.
SERMIONE. — Paix ! voilà des gens.
sÉBASTiENNE. — Je croyais que le coin nous était réservé.
SERMIONE. — Faut croire qu'on aura retiré la plaque. Désolé, mes chéries, mais veuillez vous soustraire aux l'egards.
Elles rentrent dans le moulin. Sermione rentre le dernier, Catherine, en arrivant en scène, le voit, et lui fait un signe amical.