LANSPESSA, SAMMY, ARMAND, LES DOMESTIQUES
LANSPESSA. — Quel est l'imbécile qui s'est avisé de déménager toute mon argenterie ?
Elle s'en va lentement vers le fond du jardin tout en causant avec Lilian. Sammy ouvre la porte du moulin et appelle les domestiques,
3ui comrnencent à placer les tables. Ils sont ans un état d'ébriété manifeste.
UN DOMESTiaUE. — On s'embêtait, on a pinte.
SAMMY. — Mais c'est moi, monsieur le comte... monsieur le comte avait donné l'ordre...
LANSPESSA, très haut. — Est-ce que
vous ne savez pas mieux que personne (rius bas, mais on entend) que tout est saisi chez moi ?
SAMMY. - — Rien n'est sorti de la maison.
LANSPESSA. — Allez douc le dire à l'huifisier! Il ne veut rien entendre.
SAMMY. — Je peux l'amener ici.
LANSPESSA. — Pour qu'il fasse son récolement en public ? Allons, hop ! Fourrez-moi tout ça dans les paniers et grande vitesse.
Il jette lui-même des couverts à la volée,
SAMMY, ahuri. — Et le goûter?
LANSPESSA. — Je m'en moque! Je ne tiens pas à être poui'suivi pour détournement d'objets saisis! (A 2iercevant l'aiguière (ju Armand a gardée dans les mains.) Cest à moi, ça.
ARMAND. Occupé.
LANSPESSA. — Qu'est-ce que vous faitesla, vous ?
ARMAND. — Je m'amuse.
LANSPESSA. — Voulez-vous me rendre
ça? Non?
Il le boncule.
ARMAND. — Touchez pas !
LANSPESSA, lui arrachant l'aiguière. — J'ai plus de poigne qu'un ivrogne, peutêtre !
ARMAND. — C'est porté en compte.
LANSPESSA. — Vous autrcs, retapez tout ça comme vous pourrez. Ud peu vite: on vient. (Désignant Armand.) Et puis, cet homme-là, dehors, par les épaules.
Compris?...
Il soit avec Sammy.
UN AUTRE. — A l'œil, faudrait savoir.
Et l'anse du panier?
UN AUTRE. — On le paie en nature.
UN AUTRE. — • Qui ?
UN AUTRE. — La sœur du patron.
UN AUTRE. — Paraît qu'ils ont commencé tout petits.
UN AUTRE. — C'est plus poui'ri qiie nous !
ARMAND, son fonet à la main. — Eh bien, j'attends.
UN DOMESTIQUE. — Quci ?
ARMAND. — Allons donc 1