‹ La meuteChapitre 35 sur 115 · ARMAND, LES DOMESTIQUES · texte numérisé non relu

ARMAND, LES DOMESTIQUES

UN DOMESTIQUE. — PluS SOUVeut !

UN AUTRE. — Les v'ià, nos maîtres!

"UN AUTRE. — Des sans-le-sou !

UN AUTRE. - — Celui-là, vm maître?

C'est le premier valet d'ici!

UN AUTRE. — Et c'est né!

UN AUTRE. — Ah ! malheur !

UN AUTRE. — Il gâte le métier, (il sert à l'œil!

ARMAND. — • Celui qui me jettera dehors, c'est Tordre. (Rires.) Qu'est-ce que vous pariez que si? qu'à la dernière minute y en aura deux de dessoûlés pour me mettre la main au collet? Vs allez redresser les tables. V's allez vous tenir comme des piquets. V's allez leur servir leur goûter à la prussienne.

VOIX DIVERSES. — Non ! non ! non !

ARMAND. — Si! Allons donc! V n'avez de poil que dans la main. Vous êtes tous des lâches. Vous grognez quand on rie vous entend pas. Vous n'aboyez qu'à l'office. Vous êtes des chiens couchants. (]'iolents murmures.) N'y a que moi qui soye un homme. Ils m'ont donné mes huit

jours, j' les fais jour pour jour. J' suis là. J" suis là, avec mes vêtements personnels, parc' qu'y a pus d" livrée. J'suis là avec mon fouet... avec mon fouet qu'on n"a pas Je droit de me retirer parce que c'est mon ^ague-pain... Avec mon fouet... [Hoquet.) Et n"y 3, que moi qu'aura le toupet de ■s'avancer tout seul avec son fouet dans la main tout à l'heure, quand les gens arriveront ici, et de leur dire en face :

« V'ià ce que je pense de vous !... V'ià ce <]ue je pense... »

UN DOMESTIQUE. — • Nous crierons avec toi.

ARMAND. — C'est pas vrai ! Si vous étiez des hommes, vous commenceriez par mettre bas toute cette sale défroque dont ils vous ont affublés.

VOIX DIVERSES. — Oui ! oui !

ARMAND. — Bas les habdts ! Bas les perruques ! Ils se sont déguisés en marquis! Déguisez-vous en sans-culottes !

VOIX DIVERSES. — Oui, bravo !

Ils arrachent leurs habits, jettent leurs perruques, empoignent des chaises, des carafes. Bruits confus. Brusquement, ils se taisent. On entend les fifres oui jouent l'ouverture du Devin du Village. La musique se rapproche peu à peu.

ARMAND. ■ — ■ Vlà déjà qu'ils flanchent! TOUS. — Non ! non !

Ils se précipitent furieusement vers le fond de la scène. On aperçoit Marthe, Jeanne, Séhastienne et M"' Laveuve aux fenêtres entr' ouvertes du moulin.

UN DOMESTIQUE. — Regardez celle-ci, ce qu'elle a peur pour sa robe! C'est pas à elle ! C'est prêté pour la réclame !

UN AUTRE. — Et celle-ci! J'ai quitté de chez elle, elle m 'fatiguait.

UN AUTRE. — Touchez pas à madame.

On dit que c'est ma sœur.

LANSPESSA. Holà !

RENNEQUiN. — Qu'est-ce que c'est?

Qu'est-ce qu'il y a?

VICTOR. — Mais il me semble que la voilà, la bombe des familles.

LA PRINCESSE. — Comment? Ce n'est pas dans la pièce? Mais j'ai très peur! (.4 Victor.) Protégez-moi!

Les cris reprennent.

ARMAND, n'avançant vers Lanspessa. — Excuse, m'sieu le comte. Ça regarde pas les autres, c'est entre nous deux.

LANSPESSA. •— Sammy !

ARMAND, se débattant contre Sammy qui l'a pris à bras le corps, et montrant le poing à Lan.'ijyessa. — Valet!... Valet entretenu!... (// se dégage un instant.) Y a erreur, c'est pas celle-ci ta gueuse...

LANSPESSA, e ni poignan t un morceau du fouet brisé. — Misérable!

ARMAND, désignant Catherine. — La v"là!

Sammy le jette dehors.

LiLiAN, chancelante.

Ah!

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