‹ La meuteChapitre 53 sur 115 · RENNEQUIN, CATHERINE · texte numérisé non relu

RENNEQUIN, CATHERINE

RENNEQUIN. — Qu'est-c€ que tu viens faire ici?

CATHERINE. — Le voir, et te cliercher.

Ecoute. Le niarqutie et la marquise vont venir...

RENNEQUIN, 'presque hébété. — Le marquis et la marquise ? Dis donc, Catherine... la dame de là-haut, tu sais?... Je ne vois pas pourquoi je ne te parlerais pas de mes affaires de cœur aussi catégoriquement que tu me parles des tiennes... Elle se marie, la dame de là-haut.

CATHERINE, avec nu rire bref. — Bah?

RENNEQUIN. — Oui, elle épouse Sermione après fortune faite. Ils vont vivre de mes rentes : il n'y aura rien de changé... (Un temps.) La meute... Elle se disperse, la meute... Catherine, ils s'en vont tows.

CATHERINE. — Sois tranquille, il t'en viendra d'autres... Ecoute-moi donc! Dès que les Lanspessa seront àci, tu partiras avec la marquise, et vous irez tous les deux chez le juge d'instruction.

RENNEQUIN. — A Cette heure -ci ?

CATHERINE. — Pas au Palais, bien sûr:

chez lui. Il est averti, il vous recevra. Tu lui déclareras que tu retires ta plainte. L'action pourraiit quand même être poursuivie d'office; mais la mère n'aura qu'à verser quelques larmes, et vous reviendrez ici avec la promesse ferme d'un nonlieu.

RENNEQUIN, très las. — Est-ce que tu es bien siire de savoir ce que tu dis? Estce que tu te rends bien compte? « Va-t'en chez le procureur de la République. Vat'en chez le juge d'instructiion. Dépose une plaiinte. Retire ta plainte. » Moi, je ne demande pas mieux. Ovi veux-tu en venir?

CATHERINE. — Je veux réparer — il n'est que temps — la chose honteuse et imbécile que nous avons faite, et qui ne sert qu'à nous déshonorer tous les trois. Oui : Lanspessa, toi et moi. Lanspessa, c'est trop clair. Toi, tu t'es conduit comme un homme quii ne sait pas vivre. Il fallait le souffleter et le tuer, mais on n'envoie pas l'amant de sa sœur à Mazas. Quant à moi, le monde pouvait feindre encore d'ignorer ma liaison ; il devait passer outre à l'insvilte publique de nos gens;

mais le scandale maladroiit de notre vengeance me dénonce et me déclasse.

RENNEQUIN. AlorS ?

CATHERINE. — ■ Alors, c'cst simple comme bonjour, puisqu'il n'y a qu'une réhabilitation possible pour une femme convaincvie d'être la maîtresse d'un homme.

RENNEQUIN, stupéfait, — Ah!... (Un fem/})s.) Et ton mari?

CATHERINE. — Et le divorce ? J'ai ren dez-vous avec Meyrieux demain matin pour le prendre en flagrant délit.

RENNEQUIN. — As-tu payé d'avance?

CATHERINE. - — Je te défie de trouver une autre solution.

RENNEQUIN. — • Celle-ci est pai"faitement honorable... (Plus bas.) Elle me répugne.

CATHERINE. — C'est un dernier ruisseau à passer. Passons vite.

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