SCENE X
Silence. Toute la Bguration se groupe sur l'es calier.
VOIX DIVERSES. — Moi aussi, j'ai entendu. — Non.* — Si, moi. — Deux. — Un. — Deux : le premier très distinctement, le second à peine. — Oui, comme si on battait un tapis. — Tu vois bien que tu as entendu les deux. — Non. — Mais dame si, puisque tu dis maintenant...
MARTHE. — Taisez-vous donc ! {Grand silence.) Claude! {Le domestique descend et tente d'ouvrir la porte.) Vous voyez bien : la porte est fermée en dedans.
LE DOMESTIQUE. — Je vais passer par derrière. {Il disparaît. — Buits de voix. — Après un instant il entre en scène par la porte de la chambre à coucher. Il vient ouvrir à Marthe.) Rien. Personne-,
SERMIONE, qui entre en scène derrière Marthe. — Je te disais bien. D'abord, on n'entend pas un coup de pistolet d'une pièce à l'autre. Je te parie que je vais là, dans la chambre, et que je décharge les six coups de mon revolver sans que personne s'en aperçoive.
Le domestique traverse la scène et va du côté du divan.
MARTHE, à Sermio7ie. — C'est idiot, ce que tu dis! Alors c'est parce qu'on a entendu quelque chose qu'il n'y aurait rien !
Ils continuent de se quereller au milieu du grand bruit confus des voix. Rennequin paraît au fond.
MARTHE, — Ah! toi! toi!...
LE DOMESTIQUE, qui vient de découvrir ■ Lanspessa, fait un signe à Sermione. — M. le comte !...
^rARTHE, puis SERMIONE, Un Domestique, NETREVILLE, C H A- TEAUROUX, BAFFROY, SEBAS- TIENNE DE NANCY, JEANNE D'ARC, tous les invités de MARTHE, puis RENNEQUIN, LA MARQUISE
On aperçoit, à travers la porte vitrée, Marthe qui descend quelques marches et, penchée, écoute, guette. Après un temps, elle appelle :
MARTHE. — Claude!... {Un temps.) Claude! Es-tu là?
SERMIONE, d'en haut. — Je te dis qu'il îi'y a personne.
MARTHE. — Mais laisse-moi donc tranquille, j'ai entendu... {Un temps.)
Sermione va vivement à gauche,
MARTHE, à Eennequin. — Ah! Dieu!
que j'ai eu peur!
RENNEQUIN. — Quoi donc ?
MARTHE. — Figure-toi... nous étions là-haut... en train de dîner... Nous finissions... J'ai entendu deux coups de feu.
RENNEQUIN. DcUX COUpS de fcU,
oh!... Lanspessa?...
SERMIONE, revenant. — Oui, c'est fini.
RENNEQUIN, désignant la marquise qui entre. — Chut! La mère...
MARTHE. — Emmenez-la.
Sermione et Nétreville se précipitent vers la marquise.
NÉTKEVILLE. — Venez, madame, ve-
— Quoi? Qu'y a-t-il?
Mais rien, ne vous ef-