SCÈNE Y.I
SYLVIE, HENRI
SYLVIE. — Je l'ai bien humiHé. Cela soulage... J'imagine, mon cœur, que tu es content de moi?
HENRI, avec un peu d'ironie. — Oui.
SYLVIE. — Je lui ai rivé son clou.
HENRI. — Certes.
SYLVIE. — Enfin, tu ne vas point dire cette fois-ci que je l'ai agacé?
HENRI. — A peine... (Riant.) li n'y a pas moyen que l'on t'en veuille, tu es d'une ingénuité qui vous désarme...
Voyons... mais sans toi, ma pauvre Sylvie, il n'en fût jamais venu à bout. Il voulait partir : tu l'as retenu. Il ne savait comment arriver à la récitation de son compliment : tu lui as fourni une entrée en matière et des transitions. Je t'avertissais, je te suppliais à vois basse : c'est moi que tu as fait taire... et lui que tu as fait parler... Ah! Sylvie, que tu es coquette ! Et avec cela, tu n'es point rouée. Tes pires inconséquences... tes trahisons... sont si naturelles qu'elles sont charmantes. Va, je t'adore.
II la prend pai le cou.
SYLVIE. — Henri!... Oh! laisse-moi, mon enfant, épargne mes lèvres... je n'ai que trop peu de raison...
On entend au lointain un bruit sourd, Sylvie et Henri se regardent avec surprise, avec anxiété.
Sylvie ou la Curieuse d'Amour
Le brouhaha grandit tout d'un coup. Puis on entend distinctement les cris d'une lemme. La porte de l'escalier s'ouvre. Gertrude entre comme une folle, referme la porte, la verrouille et tombe épuisée sur une chaise
avait le plus de femmes à ses trousses. Le Taillefer prononce des paroles que je n'entends pas, et me voilà entourée soudain dune horde furieuse qui me veut mettre en pièces. J'ai prie mes jambes à mon cou, me voilà...