I. — Charbon
• En 1847, soixante ans après la première importation du bétail, le charbon fit son apparition en Australie dans une ferme appartenant à M. Cordeaux, à Leppington, localité du
comté de Cumberland ; d’où son nom de « Cumberland Disease ». Depuis cette époque il est aisé de suivre l’envahissement progressif du mal.
En 1851, une commission royale fut nommée, à l’effet de découvrir la nature de cette maladie, et il ne semble pas qu’elle l’ait identifiée avec le charbon.
Ce n’est qu’en 1888 que la preuve absolue de l’identité du « Cumberland Disease » et du sang de rate, fut donnée par ]a mission Pasteur. Voici le rapport que nous adressâmes au ministre des mines, F. Abigail au mois de mai 1888.
« Nous avons l’honneur de vous présenter le compterendu des recherches que nous avons entreprises, sur votre requête, dans le but de déterminer la nature de la maladie de Cumberland, à Marah, station de M. Devlin, dans le district de Riverina. Le mardi, 1®" mai, nous avons inoculé avec le sang d’un mouton, mort de la maladie de Cumberland, ainsi que l’avaient établi MM. Stanley et Devlin, deux jeunes moutons, à la partie interne de la cuisse ; au bout de trente-six à quarante heures, un des moutons mourut, et la nécropsie montra les lésions habituelles queFon rencontre en France chez les animaux morts du sang de rate ou charbon : œdème gélatineux au point d’inoculation, rate grosse, noire et molle, le sang noir, non coagulé, des liémorrhagies sous-cutanées, l’urine sanguinolente, etc. Le jeudi 3 mai, avec le sang extrait de la rate du mouton, nous inoculons quatre souris ; trois d’entre elles moururent en moins de dix-huit heures.
« L’examen microscopique montra l’existence du bacillus . anthracis chez les trois. Avec le sang de la rate d’une de ces souris, on ensemença du bouillon de bœuf stérilisé et neu-
tralisé ; au bout de vingt-quatre heures, le bouillon prenait l’aspect floconneux caractéristique du développement du bacille charbonneux. Sous le microscope, les microbes se montraient sous la forme de filaments avec formation de spores.
« D’autres cultures étaient faites sur gélatine et sur pommes de terre. Le 7 mai, à 9 heures du matin, un lapin est inoculé avec quelques gouttes de la culture ; il meurt le 8, à 3 heures de l’après-midi. L^examen mortem fut fait en présence de M. Stanley, vétérinaire du gouvernement et M. W. Hamlet, chimiste du gouvernement. C’est à l’obligeance de ces messieurs que nous avons pu poursuivre nos expériences dans le laboratoire d’analyse du gouvernement. L’examen du sang a montré que, seul, le bacillus anthracis existait. Les expériences et les cultures nous permettent d’affirmer : D que les lésions anatomiques delà maladie de Cumberland sont les mêmes que celles du charbon ; 2° que la maladie est due à la présence d’un microbe dont l’aspect, les cultures et les propriétés physiologiques sont les mêmes que ceux du bacilhis anthracis ; 3° que par suite, la maladie de Cumberland et le charbon sont une affection identique.
Ont signé : A. Loin, N. Germont et F. Hinds. »
A la suite de ce rapport, et à la requête du gouvernement de la Nouvelle-Galles du Sud, une démonstration, analogue à celle de Pouilly-le-Fort, faite par MM. Pasteur, Ghambeiiand et Roux en 1881, fut donnée par la mission Pasteur, pour montrer la valeur du vaccin charbonneux et pour mettre en lumière l’efficacité de cette vaccination contre la maladie de Cumberland; Les expériences eurent
lieu à Junee dans le paddock de M. W. Hammond. 39 moutons et 6 vaches furent achetés à Gootamumdra, district non infecté par la maladie. 20 de ces moutons et 4 vaches furent vaccinés, le 4 septembre 1888, avec le vaccin. Voici les températures de ces animaux prises les 4, 5 et 6 septembre.