VACHES
vieille
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Movennes . . .
Inoculation virulente de contrôle. — Le 29 septembre on sème dans du bouillon de veau, le sang d’un animal mort du« Cumberland Disease » au mois de mai, recueilli par les membres delà mission Pasteur, et conservé depuis cette époque par M. Hamlet, chimiste du gouvernement. Le 30 on inocule 3 moutons avec des quantités différentes de la culture. La période d’incubation variant suivant les doses on était en droit de prévior que l’un au moins de ces animaux mourrait le 2 octobre et pourrait ainsi servir tout frais, aux inoculations virulentes qui devaient se faire à cette date en présence du ministre de l’agriculture, des délégués des différentes colonies et de 200 propriétaires environ. Le 2 octobre à 3 h. 30 m. l’un des animaux inoculés le 30 septembre, meurt comme on s’y attendait. Après l’autopsie et l’examen du sang au microscope, la commission s’étant assurée que la mort était bien due au « Cumberland Disease », on commença l’inoculation des 39 mou tons avec le sang de l'animal qui venait de succomber, inoculant un vacciné et un non vacciné alternativement, se servant de la même seringue et de la même quantité de sang pour chacun d’eux, environ deux gouttes, les 6 vaches furent aussi inoculées avec 4 gouttes du même sang. Tous les animaux, vaccinés et non vaccinés, furent placés dans le même enclos, nourris de la même façon et buvant la même eau ; de l’herbe fraîche fut de plus répandue à terre et c’est sur elle que les animaux non vaccinés moururent, contaminant ainsi la nourriture des animaux vaccinés et accroissant pour eux le risque de contracter la maladie. Ils restèrent ainsi conünés et nourris dans cet enclos pendant les 4 jours qui suivirent l’inoculation. Les 19 moutons témoins moururent
tous. On verra dans un tableau donné dans une autre partie de ce travail que la durée d’incubation chez ces animaux varie entre 30 et 63 heures.
Des deux vaches non vacîcinées, Fune mourut à 10 h. 30 le samedi G octobre, l’autre après avoir été très malade est revenue à la santé. Tous les moutons et vaches vaccinés sont encore actuellement (1891) en très bonne santé dans une' station où les pertes avouées sont de 10 à 12 0/0.
Après ces expériences, la commission reconnut Fefficacité du vaccin Pasteur pour prévenir la maladie de Cumberland, et dans son rapport au gouvernement, elle ajouta qu’elle en recommandait Fadoption.
Au commencement de juillet 1890, nous avons installé un laboratoire à Rodd-Island, et c’est là qu’actuellement nous préparons Je vaccin charbonneux avec les semences venues de Paris.
Environ250,000moutons ont été vaccinés jusqu’à ce jour. Les éleveurs, en venant à nous de plus en plus nombreux, donnent une juste idée de la valeur pratique de l’inoculation; ce n’est pas à eux, en effet, qu’il faut parler de controverses scientifiques. Ces questions d’école, les laissent indifférents ; ils ne sont touchés que par les résultats obtenus.
Quelles sont les pertes totales réellement occasionnées par la maladie de Cumberland et mises souvent mais bien à tort, même à l’heure actuelle, au compte des plantes vénéneuses? Personne ne peut les calculer avec certitude. On les évalue approximativement à 200.000 têtes par année, et comme la maladie sévit seulement sur une portion relativement restreinte de la colonie, cette proportion déjà est
Loir
tig. 3. Vaccination pastorienne des moutons contre le charbon telle qu’elle est pratiquée en Australie par M. Devlin.
0. 1. 1. lïl cV Fl 1 0 » c 0 0 ^ Test bien davantage. Pour des raisons
faciles à comprendre, les propriétaires n’aiment pas à avouer leurs pertes; il n"est pas nécessaire pourtant d’avoir été longtemps en contact avec eux pour se convaincre que, dans certaines régions, on perd 30 à 35 bêtes pour cent. Proportion énorme, quand on se souvient qu’en Europe une mortalité de 10 à 12 pour cent paraît considérable. En Australie, un pourcentage de 30 0/0 est fréquent; certains squatters disent quelquefois : « mes naissances ne compensent pas mes pertes par la maladie de Cumberland. » L’un d’eux aiLC[uelje demandais ce qu’il voulait dire en s’exprimant ainsi, m’a répondu : « Pour la mortalité par l’antlirax dans une propriété où j’avais des intérêts, je puis vous dire que les morts montaient, bon an mal an, à 30 ou 35 0/0, et, en fait, les naissances ne compensaient pas les pertes. » Un autre squatter m’informe que, dans les contrées infectées, la mortalité est de 37 à 40 0/0.
Pourquoi cette grande proportion? N’y aurait-il pas de moyens de la réduire ? Je ne veux pas parler de la vaccination pasteurienne, qui est certainement le meilleur eUe plus sûr moyen ; je veux faire allusion à quelques autres méthodes qui aideront à arriver au but.
La maladie australienne de Cumberland n’est pas plus virulente qu’en Europe. Les animaux ne sont pas plus sensibles auxelFets du virus. Je m’en suis assuré en inoculant des cochons d’Inde, des lapins, avec le virus australien, et ils succombent dans le même espace de temps que dans les autres pays. De plus, comme c’est la règle en France, toutes les vaches ne meurent pas après une inoculation virulente.
En octobre 1888, à la démonstration de Janee faite pour prouver refficacité du vaccin Pasteur contre la maladie de Cumberland, 20 moutons furent inoculés avec les vaccins venus de Paris, et 15 jours après ils reçurent le sang d’un mouton mort du charbon une heure auparavant. Ces moutons résistèrent parfaitement ; ils sont, trois ans après, ^ encore vivants, dans une propriété où les pertes avouées sont annuellement de 12 à 150/0. 19 moutons témoins inoculés, à Junee, en même temps avec le même sang, moururent après des périodes d’incubation données par le tableau suivant.