CHAPITRE PREMIER
La question des lapins en Australie.
En 1688, le capitaine Dainpier n'avait fait que reconnaître la côte australienne ; en 1770^ Cook avait seulement planté sur ce rivage le pavillon britannique. Ce fut le gouverneur Philippe qui en 1788 amena les premiers colons : c’étaient convictSy et pour ne pas les laisser mourir de faim, il débarqua en même temps qu’eux à Port Jakson (plus tard Sydney) les animaux chargés d’assurer ralimentation. 1 taureau, 4 vaches, 1 veau, quelques moutons, quelques chèvres, quelques porcs. L’acclimatation de l’espèce chevaline était représentée par 1 étalon et 3 juments. C’est la première apparition de ces animaux en Australie.
De ces diverses races, ce furent les moutons qui prospérèrent avec le plus de rapidité. Le capitaine Mac Arthur, ayant comme le pressentiment de l’avenir, s^étaitle premier consacré à l’élevage, et en quelques années, il avait réuni un troupeau de 1000 à 1200 têtes. Dès 1800, il apportait en Angleterre des échantillons des laines australiennes, et leur ouvrait un débouché d’autant plus assuré que jusqu’alors l’Europe n’en recevait que de l’Espagne, dont le territoire restreint limitait le commerce de la laine.
Il n’en fallut pas davantage pour que l’exemple de Mac Arthur fût immédiatement suivi. Les propriétaires dealers firent du mouton, comme on dirait aujourd’hui, et la reproduction ovine prit une extension considérable. De
6.312.004 en 18401e nombre de têtes monta 4 23.741.506 en 1861 ; 78.563.426 en 1881 ; et 96.580.639 en 1888.
Bœufs et chevaux se reproduisaient en même temps, avec moins de rapidité parce que l’ancien continent offrait peu d’écoulement à la production, mais très rapidement encore, si Ton considère que des individus énumérés plus haut se formèrent des troupeaux de