‹ La microphotographieChapitre 2 sur 5 · F. MON PILLARD · texte numérisé non relu

F. MON PILLARD

Dans la pratique courante de la Microphotographie, nous devrons surtout rechercher des objectifs dont la valeur de l’ouverture numérique soit suffisante pour obtenir une bonne résolution, mais cependant assez peu élevée pour que ces objectifs possèdent surtout un pouvoir pénétrant maximum.

Ce pouvoir pénétrant des objectifs présente en Microphotographie une importance considérable : en effet, lorsque nous observons une préparation au microscope, par de légers mouvements imprimés au bouton commandant le mouvement lent, nous déplaçons sans cesse l’objectif dans le sens vertical en vue d'avoir une image nette des différents plans de la préparation étudiée; il importe donc peu, pour l’observation directe, que l’objectif dont nous nous servons ne possède pas un pouvoir pénétrant considérable.

En Microphotographie, il n’en est pas ainsi; la mise au point, une fois faite, doit rester invariable pendant la durée de l’impression lumineuse sur la couche sensible.

Si l’objectif est peu pénétrant, il en résulte alors que les détails de structure situés sur le plan mis au foyer seront nettement enregistrés par la plaque photographique; par contre, ceux situés sur des plans en deçà et en delà de celui-ci ^viendront former des images floues, aux contours mal accusés, nuisant considérablement à la perfection du négatif.

Nous n’insisterons pas sur cette méthode dite des poses successives préconisée par certains opérateurs et qui consiste à effectuer, pendant l’exposition de la surface sensible, deux ou trois déplacements de l’objectif correspondant à deux ou trois mises au foyer déterminées d’avance : un semblable procédé, de l’aveu môme des auteurs, ne peut donner que des images d’une netteté très relative.

En somme, il est préférable, en thèse générale, pour les besoins de la Microphotographie, de recourir à l’emploi d’objectifs dont l’ouverture soit moyenne de façon à présenter un pouvoir pénétrant aussi élevé que possible.

Nous verrons du reste par la suite que, dans des cas particuliers, en faisant travailler nos objectifs dans des conditions

déterminées, nous augmentons dans de notables proportions leur pouvoir résolvant.

Pour la photographie des bactéries dans les tissus, par exemple, nous aurons plutôt avantage à recourir à l’emploi d’objectifs à immersion eau dont l’ouverture numérique est faible, mais dont la pénétration est souvent assez grande pour nous permettre d’enregistrer avec netteté l’image des différents plans de la préparation.

Si nous avons au contraire à photographier une préparation de bactéries en culture, les organismes se présentant alors dans un plan pour ainsi dire unique, nous pourrons avoir recours à un objectif à immersion homogène qui, par suite de sa plus grande ouverture numérique, admet davantage de lumière et permet de réduire le temps de pose dans des proportions notables.

Enfin, avons-nous à résoudre une structure extrêmement délicate, nous n’hésiterons pas alors à recourir à l’emploi d’objectifs à ouverture numérique aussi élevée que possible, et par cela même capables d’enregistrer sur la plaque sensible les détails les plus lins de celte structure.

Oculaires. — En Microphotographie, il y a avantage à supprimer les oculaires servant à l’observation; c’est l’image même fournie par l’objectif qui est enregistrée sur la surface sensible.

Cependant, lorsque dans un tissu, par exemple, un élément se présentant obliquement nous oblige à recourir à l’emploi d’un objectif à foyer assez long et à ouverture numérique assez faible pour que son pouvoir pénétrant permette d’obtenir de cet élément une image nette dans toutes ses parties, il peut arriver que celle image soit de dimension un peu trop réduite pour pouvoir être utilement étudiée à l’oeil nu.

Le faisceau lumineux émané de l’objectif étant divergent, nous avons bien la ressource, en éloignant la surface sensible de l’objectif, d’obtenir des images de plus en plus amplifiées au fur et à mesure que la distance augmente.

Ce n’est que dans des limites assez restreintes que nous pouvons opérer ainsi : en effet, au fur et à mesure que nous

F. MONPILLARD.

augmentons la dimension de l’image en éloignant la surface sensible de l’objectif, nous sommes obligés de rapprocher celui-ci de l’objet.

Diminuant le foyer, nous perdons en pénétration, de sorte que ce que nous gagnons d’un côté, nous le perdons de l’autre.

Nous devons en outre considérer que les objectifs de microscope sont corrigés pour donner des images présentant leur maximum de netteté à une distance de i6omm, distance qui, il est vrai, peut être décuplée avec les objectifs actuels. Cependant nous ne devons pas oublier que, plus nous augmentons le tirage de la chambre, plus nous nous éloignons des meilleures conditions de définition de l’image photographique.

Dès 1844, Foucault se servait « d’une lentille achromatique concave, située à une petite distance et en arrière de celles formant l’objectif et qui servait, en augmentant la divergence des faisceaux lumineux, à accroître le grossissement et à remédier aux aberrations (') ». Celle idée fut reprise par la suite en Amérique par le Dr Woodward.

Depuis quelques années, on s’est appliqué à reprendre l image donnée par l’objectif par un système optique, là où elle présente son maximum de netteté, et la projeter, agrandie, sur la surface sensible.

C’est ce que réalisent aujourd’hui les oculaires dits à projection.

Ces oculaires se composent d’une lentille collectrice associée à un système projecteur parfaitement corrigé pour le foyer chimique, les aberrations de sphéricité et de réfrangibilité.

Suivant leur composition optique, pour un même tirage de la chambre noire, ces oculaires à projection peuvent agrandir de deux à quatre fois l’image fournie par l’objectif; un dispositif spécial permet de régler l’écartement entre la lentille collectrice et le système projecteur, suivant la distance existant entre celui-ci et la surface sensible.

(’) Donné, Introduction au Cours de Microscopie, p. 17; 1845.

En Microphotographie, lorsque nous nous trouvons en présence de préparations montrant des détails de structure dans des plans différents, l’emploi des oculaires à projection, associés à des objectifs à long foyer et à faible ouverture numérique, présente de réels avantages.

Supposons que nous nous trouvions amenés à photographier un élément se présentant obliquement par rapport au plan observé; l’examen direct nous montre que, pour obtenir une image positive facile à étudier à l’œil nu, il nous faudra recourir à un grossissement de is5 diamètres.

Avec le tirage minimum de la chambre noire, pour obtenir cette amplification avec un objectif seul, il nous faudra recourir à un objectif dont l’ouverture numérique est de 0,60, mais dont le pouvoir pénétrant exprimé en millièmes de millimètre n’est que de 4>4 : en raison de la position oblique de cet élément, ce pouvoir pénétrant est notoirement insuffisant et, dans ces conditions, nous ne saurions espérer obtenir une image complètement satisfaisante au point de vue de la netteté.

Si, au contraire, nous avons à notre disposition un oculaire à projection amplifiant par exemple deux fois et demie l’image donnée par un objectif et pour un meme tirage de la chambre, nous pourrons alors, pour obtenir ce même grossissement de 125 fois, recourir à un objectif plus faible qui, possédant un plus long foyer, aura une ouverture numérique beaucoup plus réduite (0,21), et par cela même un pouvoir pénétrant assez considérable pour enregistrer sur la plaque photographique des détails de structure situés sur des plans correspondant à une épaisseur de 57 millièmes de millimètre. Dans ces conditions, il y a beaucoup de chances pour que nous réussissions à obtenir, avec l’amplification reconnue convenable, une image absolument correcte de l’élément étudié, malgré les conditions défectueuses dans lesquelles il se présentait au point de vue photographique.

Sources de lumière. — Étant donné avec quelle facilité nous pouvons, avec un héliostat, maintenir un faisceau de lumière solaire dans une direction déterminée, si cette lumière

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