F. MO N PILLARD
était moins inconstante, surtout dans nos régions, c’est à elle que, sans hésiter, nous devrions donner la préférence pour les travaux de Microphotographie.
Sa puissance nous permet en effet de réduire les temps de pose à leur minimum ; sa richesse en rayons de faible longueur d’ondes constitue, comme nous le verrons par la suite, une précieuse ressource, car elle nous permet d’augmenter en quelque sorte le pouvoir résolvant de nos objectifs.
Pour les travaux courants du laboratoire, il nous faut recourir aux sources de lumière artificielle qui, pour la Microphotographie, devront être aussi puissantes et aussi constantes que possible.
Celle de l’arc électrique pourrait, par sa grande intensité lumineuse et sa richesse en radiations bleues et violettes, rendre de grands services en Microphotographie, s’il était facile de maintenir avec une précision parfaite le cratère lumineux au centre optique de l’appareil éclairant le microscope, et ceci, non seulement pendant toute la durée de la pose, mais encore pendant toute la durée du temps nécessité par les opérations préliminaires (recherche du point à photographier, mise au foyer, centrage des éclairages, mise au point de l’image, etc.).
La lampe à incandescence permet plus facilement l’emploi de la lumière électrique pour les travaux de Microphotographie; de nombreux expérimentateurs savent tirer un excellent parti de ce mode d’éclairage; nous citerons notamment les remarquables épreuves obtenues par MM. Osmond et Guillemin en photographiant au microscope, avec des objectifs à immersion, des surfaces métalliques avec des grossissements atteignant jusqu’à 1000 et i 5oo diamètres.
M. Trouvé a construit un petit appareil, le photophore, parfaitement combiné pour rendre très pratique l’emploi de la lampe à incandescence pour l’éclairage de l’objet placé sur la platine du microscope.
L’incandescence par le gaz (bec Auer), l’emploi de la lumière du pétrole, surtout lorsque celui-ci est additionné de 2 pour ioo de camphre (Miquel), celui de l’acétylène, conduisent, entre des mains habiles, à d’excellents résultats. Dans
son récent Traité de Microphotographie , M. Mathet nous montre par quelques exemples tout le parti qu’il est possible de tirer de cet excellent mode d’éclairage.
Il nous reste à signaler une source lumineuse qui, à notre avis, constitue le mode d’éclairage le plus pratique pour tous les travaux de Microphotographie : nous voulons parler de la lumière oxhydrique.
Étant donnée l’extrême facilité avec laquelle l’oxygène nous est livré aujourd’hui par l’industrie, la lumière oxhydrique, par son intensité et sa constance, se prête merveilleusement au genre de travail dont il est ici question.
Remplaçant le bâton de chaux par une perle de magnésie de dimension aussi réduite que possible, nous obtenons alors une lumière d’une blancheur éblouissante, riche en rayons actiniques et réduite en quelque sorte à un point lumineux, condition éminemment favorable pour l’éclairage des préparations microscopiques.
En juillet 1888, M. le Dr Roux présentait à la Société d’Encouragement une lanterne construite spécialement pour la Microphotographie, dans laquelle une perle de magnésie est portée à l’incandescence par la flamme fournie par un chalumeau vertical annulaire à gaz oxhydrique; la lumière émise par la perle est utilisée par un système optique permettant de diriger sur la préparation microscopique un faisceau lumineux pouvant à volonté être rendu parallèle, convergent ou divergent.
Cet appareil, dont nous nous servons depuis dix années, constitue, à notre avis, l’instrument le plus parfait qui existe jusqu’ici.
Condensateurs. — La majeure partie des objets que nous avons à photographier au microscope étant transparents, en vue de réduire le temps de pose à son minimum, nous aurons presque toujours avantage à concentrer sur l’objet une quantité de lumière aussi forte que possible au moyen d’un système optique appelé condensateur .
L’étude des différents types de condensateurs et des conditions qu’ils doivent remplir nous entraînerait beaucoup trop
F. MONPILLARD.
loin, rappelons simplement qu’en thèse générale l’ouverture numérique du condensateur doit être d’un tiers inférieure à celle de l’objectif avec lequel on opère.
Rappelons également que plus l’angle du cône lumineux éclairant sera aigu, plus nous gagnerons en définition et en pénétration; voulons-nous au contraire utiliser toute la puissance résolvante de notre objectif pour enregistrer les détails d’une fine structure, nous aurons avantage à éclairer notre objet avec un faisceau lumineux d’angle d’ouverture aussi large que possible de façon à utiliser des rayons très obliques; dans ce cas, ce que nous gagnerons en puissance résolvante, nous le perdrons en définition et en pénétration ainsi qu’au point de vue de l’étendue du champ nettement couvert.
Nous ne nous étendrons pas sur les appareils éclaireurs et les dispositifs spéciaux pour la photographie des corps opaques; signalons cependant les progrès qui, dans ces dernières années, ont été faits dans celte voie par l’emploi des éclairages dits internes. Grâce à ces appareils aujourd’hui admirablement construits, la photographie des corps opaques et en particulier celle des surfaces métalliques a pris un essor considérable qui n’a pas peu contribué aux derniers progrès de la Métallurgie.
Écrans colorés. — Nous ne voudrions pas terminer ce chapitre de l’éclairage des objets sans dire quelques mots des écrans colorés.
Dès le début de cette conférence, nous avons fait ressortir l’importance résultant de l’emploi de la lumière monochromatique bleue ou jaune au point de vue de la correction du foyer chimique des objectifs.
Lorsqu’il s’agit de reproduire avec tous leurs détails, et avec leurs valeurs exactes, des préparations présentant des colorations diverses, l’emploi des écrans colorés devient le complément indispensable de celui des plaques orthochromatiques.
Nous désirons principalement insister ici sur ce point, c’est que l’emploi de certains écrans colorés en Microphotographie
fait de cette méthode, non seulement un procédé précieux pour l’enregistrement des observations, mais encore la transforme en un puissant moyen d’investigation.
Si nous considérons, en effet, que le bromure d’argent présente un maximum de sensibilité pour les rayons bleus et violets qui, eux, n’impressionnent que faiblement la rétine humaine ;
Si nous considérons en outre que le pouvoir séparateur d’un objectif augmente si, au lieu de le faire travailler en lumière blanche, nous opérons en lumière bleue ou violette, nous nous trouvons en possession d’éléments nous permettant, par la Photographie, d’étendre nos moyens d’investigation et de faire apparaître des détails de structure d’une telle délicatesse que notre œil armé du plus puissant objectif serait incapable de percevoir lui-même.
C’est en effet par l’emploi de la lumière solaire, si riche en rayons réfrangibles, combiné à celui d’écrans bleus et violets, qu’ont été résolus par MM. Nachet, Van Heurk, Woodward, etc., les tests les plus délicats.
C’est à la Photographie que nous devons la découverte des cils des bactéries, par Koch, en 1877, et sont aujourd’hui plus faciles à déceler à l’examen direct grâce à l’emploi de procédés spéciaux de coloration.
Appareils. — Les appareils destinés à la Microphotographie sont en principe constitués par un microscope associé à une chambre noire photographique.
Les nombreux modèles qui existent aujourd’hui peuvent se diviser en trois catégories :
i° Les appareils verticaux : le microscope est disposé verticalement au-dessous de la chambre noire dont la partie postérieure peut se déplacer suivant l’axe vertical de façon à permettre d’opérer avec des tirages différents et, avec un même objectif, obtenir des grossissements variables;
20 Les appareils horizontaux, dans lesquels le corps du microscope est horizontal, ainsi que la chambre noire. Cette disposition, qui donne à l’ensemble une très grande stabilité,