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OBsERvVATION XI. A. (Galezowski.)
Migraine ophtalmique avec aphasie et fourmillements dans le bras.
MSc: âgé de 21 ans, étudiant en médecine, vient me consulter le 18 janvier 1878. Il dit avoir, depuis l’âge de 15 ans, des troubles visuels périodiques qui surviennent toujours dans l'œil droit. Depuis, il a eu aussi souvent des maux de tête. L'accès éclate généralement d'une manière subite, et est accompagné de photophobie, d’éclairs sous forme de zigzags, et de cercles lumineux qui sillonnent la partie temporale du champ visuel. Il y à aussi de l’hémiopie. Ces crises durent une demi-heure el sont suivies de nausées et de vomissements. En même (emps le malade ressent des picotements dans tout le corps, et des fourmillements dans le bras gauche, avant ou pendant l’aceès. Des douleurs de tête, surtout dans la région sourcilière et dans le globe de l'œil, s’observent non seulement pendant le trouble visuel, mais quelques jours après la disparition de ce der-
nier. Ces crises sont parfois même suivies d’amnésie et d’aphasie.
C’est pendant l’année 1879-1880 que Bouchard professa à la Faculté de Paris ses célèbres leçons sur les « Maladies par ralentissement de la nutrition ». Après avoir remarqué que la migraine est héréditaire, que la prédisposition se traduit par l'existence chez les parents de maladies comme l'asthme, la goutte, la gravelle, la lithiase, l'obésité, le diabète, les névralgies, etc., Bouchard envisage les rapports de la migraine avec les maladies du système nerveux. « On a dit aussi, écrit-1l, que Ja migraine pouvait être le prodrome de l’aliénation, de la paralysie générale, des néoplasies cérébrales ou méningées. La douleur peut être plus ou moins forte que celle de la migraine; elle n’est pas la même. On le sait par le témoignage de migraineux chez lesquels se sont développées ces affections cérébrales: ils savent faire la distinction... En résumé, la migraine est une maladie qui s’'individualise, qui conquiert son autonomie à un plus haut degré qu'aucune des maladies que nous avons déjà étudiées. Ses fréquentes pa-
rentés morbides avec les maladies arthritiques prouvent que sa condition pathogénique peut être provoquée ou préparée par des troubles nutritifs communs à toutes ces maladies, »