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ment où la douleur s’exaspère, le malade sent des contractions dans les muscles des paupières et de l'œil qui est tiré en divers sens; en même temps la vue s’obseurcit et quelquelois l'hémiopie s'est montrée, Ces sensations durent vingt à trente minutes, puis le malade est pris de nausées el de vomissements.
Il reste abasourdi pendant quelque temps, maladroit dans son travail, comprenant difficilement ce qu'on lui dit, puis au bout d’une heure il revient complètement à lui. Il lui est arrivé, pendant cette période, d'entendre des bruits de moulin dans l'oreille gauche. Pendant plusieurs années il prit des angoisses et des migraines avec chute; les spasmes persistaient, précédés d’une assez longue période prémonitoire, et l’auteur put observer loute la convulsion. Le malade avait une recrudescence de la douleur; au même moment apparurent des secousses dans les divers muscles de l'orbite gauche, relèvement de la paupière, déviation brusque de l'œil en tous sens, contraction de la pupille. Ces mouvements se sont produits pendant sept minute environ et sont allés en diminuant comme la douleur. Le malade tombe dans un sommeil stertoreux dont aucune excitation ne peut le tirer. Dans les accès plus violents, la face participe à la convulsion.
OBsERvATION XV. A. (Féré.)
Me P.., 52 ans, père mort cancéreux. Manifestations arthritiques chez les collatéraux. Depuis la menstruation, la malade est sujette à des migraines très violentes qui reviennent tous les quinze jours avec engourdissement pénible dans la main gauche. En somme, migraine ophtalmique complète jusqu’à la ménopause. A ce moment, les accès ont présenté une certaine modification. * Immédiatemen après que les vomissements ont cessé, la malade est prise d’une im. pulsion irrésistible de fuite, et on a grand'peine à la retenir en fermant avec soin toutes les issues. Cette impulsion consciente disparaît avec la douleur de tête. En même temps, elle commença à éprouver dans la tête des chocs qui la réveillaient brusquement et qui se reproduisaient quatre ou cinq fois par nuit. Enfin apparurent des troubles paralytiques qui se manifestaient quand le sommeil s’interrompait vers la fin de la nuit : elle était incapable de mouvoir aucun
membre et cette parésie générale s’accompagnait d’une sensation d’engourdissement pénible avec .picotements et refroidissement de la main gauche surtout. Ces accidents, qui tout d’abord ne duraient que quelques minutes, en vinrent à se prolonger pendant une heure et plus. Le traitement bromuré fit disparaitre (ous ces symptômes surajoutés,
OgservarTion XIV. A. (Féré, 1881.)
Me Vald..…., 34 ans, sans antécédents.
En 1878, un soir, en lisant, une douleur lui traverse la tête d’avant en arrière et la laisse comme hébétée. Quelques jours après, elle se réveille un matin,ne pouvant remuer les doigts de la main droite; le lendemain, le bras entier était paralysé et insensible; quinze jours après, crampe de la jambe droite et paralysie consécutive. Les vertiges revinrent plus forts et S’accompagnèrent un jour de tremblements des jambes, puis des doigts en même temps que d’un mouvement convulsif de la face. A partir de ce moment, douleurs paroxystiques hémicraniennes droites durant cinq minutes avec nausées. Pendant dix-huit mois, aucun trouble. Une nuit, en rentrant chez elle : vertiges, perte de connaissance, point douloureux frontal, roue dentée rouge qui tourne, quelques tintements, puis surdité par moments, vomissement. Un mois plus tard, contracture de tout le côté gauche du corps qui dura deux heures, avec douleurs lancinantes du cou au front, scotome central noir, hémiopie. Après avoir bu du café, elle eut un jour un accès de migraine ophtalmique avec recrudescence de l’hémiopie qui avait persisté.
OBsERvATION XV. A. (Féré, in Pathologie des émotions.)
M. B.., homme de 43 ans; père goutteux; mère migraineuse; un frère goutteux. Depuis l’âge de 18 ans, il est sujet à des migraines bimensuelles; pendant trois ou quatre ans, les accès furent simples, puis, à la suite d’un refroidissement prolongé, un accès fut précédé d’un obscurcissement de la vue et de fourmillements de la main
gauche. Depuis cette époque, les accès se sont toujours accompagnés
de troubles sensoriels et moteurs variés : hémiopie, scotome, éblouissement rouge, sensations auditives, et, dans quelques accès plus violents, sensations gustatives et olfactives. Des troubles moteurs se manifestent le plus souvent en même temps que les troubles sensoriels; mais il est arrivé qu'ils existaient seuls, même sans l’hémicranie : la paralysie, précédée d’engourdissement, prend la face, la main où tout le bras gauches et dure une demi-heure à deux heures : deux fois l'accès s'est accompagné de mouvements convulsifs dans la face et le bras gauche. Pendant dix-huit ans la migraine conserve ce caractère. À la suite de chagrins domestiques, le malade eut des migraines en série : il eut des accès les 12, 13, 14, 15, 16 mai, et en juin il eut deux séries de quatre crises. Le 4 juillet, vers deux heures du matin, il fut pris d'une hémicranie violente avec parésies; il s’endormit vers dix heures, et, à son réveil il se trouva dans un état de torpeur prononcé avec confusion des idées. Au bout de quelques minutes, la douleur reparut suivie de troubles visuels et d’engourdissement paralytique de toute la moitié gauche du corps. Il tomba alors dans un état de stupeur dont rien ne put le tirer et qui dura onze heures; il se réveilla vers deux heures du matin et la douleur prit une intensité atroce; des scintillations très éclatantes furent suivies d’une cécité complète et le côté paralysé de la face fut le siège de secousses convulsives. Il eut ainsi trois reprises, et après un sommeil prolongé il se réveilla guéri de tous ses accompagnements migraineux. Six mois après, nouvel état de mal composé de neuf accès successifs et qui dura quatre jours avec hémiplégie complète. L'auteur l’examina alors : pas de stigmates hystériques, pas de troubles nerveux, pas dé sucre, pas d'artériosclérose. Grâce au bromure de potassium à haute dose (huit grammes), les accès n'avaient pas reparu six mois après.
Clifford Allbutt fait paraître dans le Brain, en 1883, une longue observation de migraine épileptiforme.
OgseRvarTION XVI. A. (Allbutt.)
C. K..., 24 ans, horloger, admis le 23 mai 1882. Sa mère, avant sa
mort survenue à 62 ans, fut, de même que sa sœur encore vivante,
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sujette à des attaques intermittentes avec étourdissements; il peut même se rappeler que son frère, sans cause appréciable, perdit une fois le contrôle de la parole. Pas d’autres antécédents nerveux dans la famille. A l’âge de onze mois le malade eut trois accès convulsifs un jour, provoqués dit-on par l'exposition au soleil; mais il n'eut aucune maladie sérieuse en dehors des maladies ordinaires de l'enfance.
Pas d'histoire syphilitique soit congénitale, soit acquise; n’a jamais reçu de coup sérieux sur la tête, pas de chutes. Tout à fait tempéré et de mœurs régulières. Il y a deux ou trois ans, il a été pendant une certaine période très inquiet et énervé. A l’âge de 18 ans, il alla à la mer pendant un an; et à son retour 11 se lança dans l’industrie du bâtiment, mais non comme travailleur. Pendant les derniers dix-huit mois, il a conservé celte situation dans diverses maisons. Le travail demandait une grosse somme d'exercice physique et de fatigue cérébrale.
Il se rappelle distinctement que, quand il était enfant, il fut sujet à des attaques d’étourdissement qui avaient continué jusqu à l’époque actuelle; et le phénomène associé qui sera décrit plus tard s’est développé, ou, ce qui est plus probable, a été plus soigneusement observé. En tout cas, le malade associe lui-même l’étourdissement avec sa condition présente. Les attaques étaient devenues plus régulières et plus intenses pendant les deux ou trois dernières années; on peut dire qu'elles ont atteint leur point culminant dans l’une d'elles qui survint dans les rues de Selby, il y a sept ou huit mois environ. Dans cette crise apparurent tous les symptômes subjectifs qui vont être décrits ici. Depuis cette attaque de Selby, le malade croit que sa mémoire l’a abandonné d’une façon considérable, au point de l’obliger à laisser son travail. Les attaques sont décrites par le patient de la façon suivante
D'abord, il y a une demi-flexion des doigts des deux mains et un engourdissement du pied. Cette demi-flexion et cet engourdissement sont soulagés par l'application locale de froid; elles augmentent par le chaud. Alors, la langue semble engourdie et trop large dans la bouche; et coïncidant avec ce trouble dans la sensibilité de la langue, apparaît la perte de la parole; le malade sent qu'il sait exactement ce qu'il a besoin de dire, mais essayant de le dire, il remarque qu'il emploie cependant de mauvais mots; quoique l'articulation des mots
PES us
eux-mêmes soit parfaite. De même pour l'écriture : il saisit la plume avec l'espoir d'être capable de s’en servir, mais il s'aperçoit qu'à la place des mots désirés il fait sur le papier des séries de traits sans signification. Ensuite, sa vue devient trouble : il peut percevoir la lumière; mais tous les objets sont ternis ou seulement vus à moitié; et les lettres d’un livre semblent mal placées. Il existe une douleur en un point sensible de la tempe gauche qui précède fréquemment l'attaque du 12 au 16. Elle devient alors très mauvaise, et est souvent associée à une douleur plus légère en un point correspondant du côté droit. Pendant l'attaque entière, le malade est dans un état nauséeux et essaie de vomir; car il a remarqué que quand il peut y parvenir, dans l’espace de quelques heures il y a une diminution rapide des symptômes; un sommeil profond arrive; et il se lève une ou deux heures après quelque peu languide et fatigué, mais d’autres fois tout à fait bien; mieux, en fait, que pendant les quelques heures qui précèdent immédiatement la crise. S'il ne vomit pas, les symptômes s’aggravent; les mains se ferment fortement, les orteils se retournent vérs le bas, arrivent la dyspnée accompagnée d’une sensation d’évanouissement et d’oppression sur la poitrine; et pendant les huit ou dix heures qui précèdent la disparition de l'attaque, il subsiste quelques symptômes vertigineux puis un sommeil profond, comme dans le cas précédent. La conscience devient indistincte; mais elle n’est jamais complètement abolie, et elle est assez claire dans ses propres pensées, quoiqu il ne puisse pas se rendre facilement compte de ce qui est dit autour de lui. Il lui reste même dans les plus sévères attaques un commandement suffisant pour l'empêcher de tomber, quoique le spasme de ses orteils et de ses jambes l’oblige à s’asseoir ou à s'étendre par terre. Quand le malade était enfant, les intervalles entre les attaques d’étourdissement variaient considérablement. Quelquelois il en aurait eu jusqu’à six ou sept dans la journée, et d’autres fois une ou deux par semaine. Pendant le temps qu'il passa en pension (entre 10 et 14 ans), il ne se rappelle pas avoir eu une seule altaque. Elles revenaient cependant quand il allait chez lui pour les vacances. Pendant les trente mois qui suivirent son départ pour la mer, le malade fut complètement à l'abri des attaques; et il a remarqué, en règle générale, que celles-ci sont plus fréquentes et plus sévères en dehors de son travail que lorsqu'il est