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droite du corps et presque de Ja trépidation spinale; enfin, viennent les secousses convulsives et les vraies convulsions. [ci éclate la parenté de la migraine accompagnée et de l’épilepsie, tout au moins de l’épilepsie partielle. Qu'on en juge :
OBsERvATION XX. A. (Berbez.)
Un malade ayant une tante épileptique se sent pris de malaise, puis les doigts de la main droite lui paraissent morts, lourds, froids. Cette sensation d’engourdissement monte vers le coude, gagne l'épaule et le cou; la langue, que le malade sent à peine, devient pâteuse, lourde; les mots sont difficilement articulés. Dans la moitié droite des lèvres, démangeaisons, fourmillements, légères secousses, puis apparition de la douleur. Dans les fortes crises, la jambe se prend également; pendant deux ou trois heures, quelquefois plus longtemps, tout le côté est de plomb,
Voilà une sorte d’aura qui ressemble fort à l’aura épileptique.
Liveing, qui rapporte neul cas semblables, remarque que, contrairement à ce qui se passe dans l’épilepsie, ces phénomènes sensitifs peuvent venir à n'importe quel moment de l’accès migraineux. Ces engourdissements, signalés par MM. Charcot, Féré, Liveing et les autres, peuvent durer et être remplacés par une anesthésie plus ou moins permanente. Dans d’autres circonstances, il y a de véritables attaques épileptiformes. Liveing, Féré, Parinaud en rapportent... Les Anglais insistent beaucoup sur le vertige qui peut accompagner, suivre, précéder ou remplacer la migraine simple ou la migraine ophtalmique… La migraine ophtalmique s'accompagne fréquemment, chez les malades très prédisposés, de troubles psychiques des plus accusés, qui sont capables de donner le change. Les Anglais signalent des frayeurs éprouvées par des migraineux, et ils rapprochent ces frayeurs de ce qu’éprouvent parfois les malades atteints d’angine de poitrine. Ils signalent également l’analogie de ces accidents avec ces terreurs nocturnes, cauchemars et somnambulisme spontanés observés chez les épileptiques..… Au
sujet des rapports de la migraine et de l'épilepsie, l’épilepsié paraît aux auteurs la névrose qui présente, avec la migraine, les connexions les plus étroites; en elfet, tantôt on voit la migraine remplacer l’épilepsie et réciproquement, tantôt on constate la coexistence des deux affections. Parry dit : « Cette sorte de migraine n'est autre chose que le précurseur de l’épilepsie. J'ai vu des épilepsies accompagnant la migraine guérir puis reparaître avec elle. » Marshall Hall fait une observation analogue appuyée sur l'histoire clinique d’un jeune homme, qui eut des crises d’épilepsie unilatérale avec blessure de la langue, hémiplégie augmentant à chaque attaque en même temps que la crise de migraine. Les relations de la migraine avec l’épilepsie minor sont beaucoup plus accusées que celles qu'affecte la migraine avec la grande épilepsie. En effet, les deux manifestations névrosiques sont l’une et l’autre caractérisées par des troubles sensoriels de nature plus ou moins vertigineuse. On peut encore signaler la parenté de la migraine avec une affection qui n’est peut-être que de l’épilepsie à un faible degré; nous voulons parler des Iypothymies spéciales telles que les à décrites Prichard... Pour ce qui est du pronostic, dit en terminant Berbez, nous croyens avec MM. Charcot et Féré que ce trouble fonctionnel, cette crampe vasculaire, a une fatale tendance à se reproduire, qu’une gêne aussi grande apportée à la circulation sanguine ne peut que favoriser la formation de thrombus, partant, l'anémie définitive et la nécrobiose obligée du territoire qui cesse d'être irrigué. C'est contre cette terrible éventualité que M. Charcot a cherché à lutter en s’attaquant directement au spasme, cause de tout le mal, et en instituant sans tarder le traitement bromuré à doses croissantes usité dans l'épilepsie. »
Féré, qui avait apporté tant de faits intéressants sur la migraine accompagnée d'épilepsie, dans son ouvrage de 1881, publie en 1890 un livre remarquable sur « Les épilepsies et les épileptiques ». On y trouve des observations nouvelles et une opinion plus ferme sur cette forme particulière de migraine. « Les troubles nerveux que l’on rencontre le plus Îré-
quemment dans la migraine ‘ophtalmique accompagnée sont des troubles de la parole ou des troubles sensitifs ou moteurs de la face, des membres; ces troubles se manifestent généralement en même temps que le scotome et l’hémiopie, ou les suivent de près. Cependant, ils peuvent apparaître séparément sous forme paroxystique comme la migraine. Certains individus sont sujets à des aphasies transitoires sans migraine et à des accès de migraine ophtalmique... Parmi les phénomènes qui accompagnent fréquemment Ja migraine ophtalmique, il iaut citer l’épilepsie et, en particulier, l’épilepsie partielle. La migraine ophtalmique peut se présenter chez des sujets qui ont eu autrefois de l’épilepsie partielle et auxquels il reste des troubles moteurs et sensitifs lacalisés. » Considérant la façon dont sont associées la migraine et l’épilepsie, Féré divise les divers cas en plusieurs groupes, suivant le moment d'apparition des accès. L'épilepsie partielle peut être antérieure à la migraine. D’autres fois on voit la migraine précéder l’apparition de -l’épilepsie. D'autres fois encore, les deux syndromes apparaissent en même temps. Dans quelques cas, la migraine ophtalmique s’atténue après l’apparition de l’épilepsie partielle. Parfois l’épilepsie partielle, née en même temps que la migraine ophtalmique, disparaît avant celle-ci. Enfin, il est des cas où la migraine ophtalmique paraît se combiner avec l’épilepsie vulgaire.
OBsERvATION XXI. A. (Féré)
Mouh..…., 50 ans, graveur sur pierre. Vers l’âge de deux ans, il aurait été mis en garde, et, quand on l’a repris un an plus tard, la colonne vertébrale présentait déjà une cythose très marquée. Pas de trace de rachitisme sur les os des membres, la tête est bien conformée. Quoiqu'un peu faible, il a toujours joui d’une assez bonne santé et n’a jamais fait de grandes maladies. Il a toujours eu la tête un peu faible et n’a jamais pu bien faire ses affaires.
Depuis sa jeunesse, il a des accès de migraine. C'est seulement en 1871 qu'est apparue l’épilepsie partielle et, dès lors, les accès de
migraine se sont beaucoup atténués.
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Autrefois, les accès de migraine revenaient à peu près tous les mois et étaient facilement provoqués par les excès de tous genres ou par les changements dans son genre de vie; ils duraient de douze à vingt-quatre heures.
Cette migraine élait caractérisée par une douleur au niveau de la région pariétale gauche avec sensation de pesanteur et de chaleur, la pâleur du visage, un scotome scintillant figurant une fortification lumineuse et occupant la partie gauche du champ visuel; puis survenaient des nausées qui n'étaient pas suivies de vomissements. A la fin de l’accès, le malade éprouvait du côté droit du corps des fourmillements ef comme une sensation de froid. Ces fourmillements commençaient par le côté droit de la face, remontaient vers l'oreille droite, puis gagnaient le membre supérieur droit et finalement l’extrémité des doigts. Ces sensations de fourmillement ne se produisaient que dans les attaques un peu fortes et étaient le prélude de la fin de l'attaque.
C’est en 1871 qu'il éut son premier accès d’épilepsie partielle avec . chute et perte de connaissance. Ces accès n’ont pas cessé de se reproduire depuis. Au début, ils revenaient tous les huit jours; puis, 'à la suite d’un traitement par le bromure de potassium, il y a quatre ans, il est resté pendant une année sans avoir d’atlaques; enfin les attaques sont revenues et elles se reproduisent maintenant à peu près périodiquement tous les huit ou quinze jours, ordinairement la nuit après minuit. Ces attaques se caractérisent ainsi : Le malade sent un frémissement au bout des doigts de la main droite (du même côté qui était le siège de l’engourdissement à la suite de l'accès de migraine); ce frémissement est pour lui un avertissement; il se lève pour mieux résister à l'attaque et il a toujours le temps de le faire. Presque aussitôt après, les doigts de la main droite se contracturent en flexion. Tout peut se borner là, le malade agite volontairement son membre pour faire cesser sa crampe et’tout s'arrête. D’autres fois, les choses vont plus loin; le membre supérieur tout entier est pris de tremblement, puis la tête s'incline spasmodiquement vers l'épaule droite et la bouche se dévierait à gauche. Enfin, dans un certain nombre de cas, il y a perte de connaissance, généralisation des convulsions à la face et aux membres, morsure de la langue; ces attaques
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avec perte de connaissance sont plus fréquentes que les autres; il n’a jamais uriné au lit, ni dans ses vêtements. Après les attaques, il est triste, pleure, a des idées de suicide. Quelquelois, le même scotome qui accompagne la migraine annonce l'attaque.
Quand il se présente à la consultation pour la première fois, le 10 avril 1880, on ne trouve pas de trace de paralysie dans les membres; la force dynamométrique est égale dans les deux mains. Les réflexes tendineux sont normaux.
Le malade est hémorroïdaire, ordinairement constipé, et une purgation même légère amène une crise épiliforme. Traitement : élixir d’Yvon, quatre cuillerées à café par jour la première semaine, cinq la seconde, six la troisième, sept la quatrième.
Le 6 mai le malade revient; il n’a eu qu’une seule attaque d'’épilepsie avec perte de connaissance, .pas de migraine. Traitement : élixir polybromuré à prendre de la mêmemanière, 5, 6, 7, 8 cuillerées.
4 juin. Le malade n’a plus eu de crises; il a eu seulement dans l'œil gauche « des rayons comme une auréole ». Ces sensations lumineuses Jui apparaissent beaucoup plus nettes depuis la disparition des accès d’épilepsie. Traitement : reprendre l’élixir aux doses successives de 5, 6, 7, 8 cuillerées.
3 juillet. Il y a trois semaines, il a eu un accès d’épilepsie sans perte de connaissance; la face s’est convulsée et tournée à droite, le membre supérieur droit a été agité de convulsions spasmodiques et le pied s’est maintenu en varus équin. En dehors de cela, le malade à eu plusieurs fois des fourmillements dans les deux derniers doigts de la main droite qui duraient quelques minutes. Traitement : élixir, 6, 7, 8, 9 cuillerées. ;
7 août. Il n'a pas eu d’accès d’épilepsie depuis le 13 juin; mais il a eu un accès de migraine avec scotome. Traitement : élixir, 5, 6, 7, 8 cuillerées.
7 septembre. À eu un seul accès d’épilepsie depuis un mois. Plusieurs fois, sans maux de tête, il a eu son scotome à droite.
30 octobre. Il n'a pas eu de grandes attaques, seulement quelques secousses dans le membre supérieur droit. Il a eu plusieurs fois des accès de scotome isolé. Traitement : élixir, 5, 6, 7, 8, 9 cuillerées.
3 lévrier 1881. Les attaques ne se sont pas reproduites plus Îré-
quemment, mais elles paraissent avoir changé un peu de caractère. Elles débutent par un engourdissement avec crispation de la main et non par un Îrémissement comme autrefois. Même dans les grandes attaques, qui sont devenues très rares, il a toujours le temps de choisir sa place avant que les convulsions générales se produisent. Ordinairement l’attaque consiste seulement en un engourdissement sans frémissement de la main, ou la convulsion se localise sans perte de connaissance. La migraine reste considérablement atténuée. Traitement : supprimer l’élixir d'Yvon; prendre avant chaque repas, tous les jours, deux pilules avec : extrait de valériane, vingt-cinq centigrammes, et oxyde de zinc, cinq centigrammes.
12 février. Depuis qu'il a supprimé le polybromure, les attaques d’épilepsie se sont reproduites deux fois par Semaine. Traitement : élixir, 5 à 6 cuillerées.
9 mars. Les attaques n’ont pas reparu, mais il a eu quelques engourdissements dans la main droite, de temps en temps et isolément des scintillements, des paillettes lumineuses du côté gauche, avec vue trouble.
8 mai. Il était tranquille depuis un mois; hier il a eu un brouillard du côté gauche et il eu deux attaques d’épilepsie depuis. Traitement : 5 cuillerées d’élixir par jour et une pilule avec trois centigrammes d'extrait de belladone.
OBsERvATION XXII. A. (Féré)
Me F.., âgée de 54 ans, se présente pour la première fois à ma consultation de la Salpêtrerie, le 14 décembre 1884. Elle ne donne que des renseignements très incomplets sur sa famille qu’elle connaît peu, ayant quitté son pays très jeune. Klle-même prétend n’avoir jamais eu de maladie, sauf une attaque de danse de Saint- Guy qui lui serait survenue à l’époque de la puberté et qui aurait prédominé au côté droit. Elle exerce la double profession de charbonnière et marchande de vins. Elle avoue quelques excès de boissons, mais cependant elle ne présente aucun signe physique d’alcoolisme et elle à eu huit enfants qui sont tous vivants et se portent bien; les deux derniers ont cependant eu des convulsions à l’époque
de leur première éruption dentaire.
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Le 10 avril précédent, étant à écrire une lettre, elle sentit tout à coup une douleur violente au-dessus de l'orbite du côté droit et, en même temps, elle vit suivant son expression « trente-six chandelles » du même côté. L'apparition du phénomène avait été tellement brusque qu’elle crut avoir reçu une pierre et qu'elle se précipita vers la porte pour objurguer l’agresseur. Elle ne trouva que son mari sur le trottoir, quand elle voulut lui expliquer ce qu’elle sentait, sa langue ne pouvait plus tourner et elle ne put émettre que des sons inintelligibles. Elle s’aperçut du reste alors, qu’elle ne voyait que la moitié de son mari, c'était le côté gauche qui manquait, le côté qui correspondait à sa douleur. Elle se crut folle et se mit à pousser des cris. On se précipila à son secours et: pendant qu’on l’entourait elle sentit son pouce droit qui se fléchissait violemment dans la paume de la main, ses autres doigts se fléchissaient avec une sensation extrêmement pénible dans l’avant-bras; tout le membre supérieur se lève en trépidant dans l’axe transversal du tronc, jusqu’à la hauteur de l’épaule; c'est alors seulement que sa face se tourne du même côté pendant que la bouche est vivement secouée et attirée vers la droite, par saccades. Au bout d’une minute environ, le membre retomba inerte et engourdi et les traits reprirent leur direction naturelle. Les chandelles avaient disparu, mais l’hémianopsie persistait avec la douleur de tête et l'impossibilité d’articuler.
Au bout d’un quart d'heure, la douleur de tête commença à se dissiper, mais elle fut prise de nausées bientôt suivies de vomissements. Cinq minutes plus tard, douleur, hémianopsie, embarras de la parole avaient graduellement disparu.
Depuis cette époque, M"° F... à eu cinq fois son « coup de marteau », comme dit son mari : la dernière attaque s'était produite la veille de la visite à la Salpêtrerie. Ces cinq attaques se sont produites exactement avec les mêmes caractères que la première. La malade a pu mieux constater la forme des spectres lumineux; elle reconnaît parfaitement la forme de fortification qu’on lui présente; et elle indique très bien que la sensation commence par une boule pleine qui s’élargit avec une très grande rapidité, s’ouvre du côté du nez, en même temps que le centre s’obscurcit. Dans les dernières attaques, elle s’est rendue compte que la langue s’engourdit peu après que le
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bras commence à se lever. La connaissance reste toujours intacte.
A partir du 15 décembre, la malade a pris chaque jour 4 grammes de bromure de potassium, les accès se sont transformés par la suppression graduelle des éléments surajoutés à la migraine. La convulsion n’a plus reparu. Dans deux accès survenus à six semaines d'intervalle, l’engourdissement de la langue et l’aphasie se sont reproduits; mais depuis, la migraine reste réduite à la douleur avec scotome scintillant, hémianopsie, vomissements.
OBsERVATION NXIII. A. (Féré)
M. T.., pharmacien, 43 ans. Son père fut atteint de paralysie générale, il a été aphasique, et il est mort d’une congestion cérébrale un an après le début de la maladie. Sa mère est’ morte aliénée après six mois de maladie (alternatives de délire hypocondriaque et de délire maniaque, hallucinations de la vue et de l’ouïe). Sa sœur est atteinte de folie raisonnante. Rien chez les collatéraux et les ascendants plus éloignés : le grand-père maternel seul était goutteux.
C’est à l’âge de huit ans et demi que le malade a éprouvé, pour la première fois, des accidents nerveux. Il eut alors une perte de connaissance qui dura plusieurs heures et avait été précédée de sensations lumineuses dans l'œil droit. A l’âge de 10 à 14 ans, il eut encore d’autres pertes plus ou moins complètes de connaissance, toujours précédées de sensations lumineuses en forme de roue lumineuse qui s’avance. Il a eu alors des accidents convulsifs dont M. Cornil a été témoin au collège. De 14 à 15 ans, le malade s’est réveillé plusieurs fois en sursaut en.voyant un globe de feu. Depuis cet âge, jusqu’à 30 ans, les mêmes accidents se seraient présentés à peu près une fois par an et caractérisés par des attaques constituées par l’apparition d’un scotome étincelant à droite, puis sensation de déchirement de la tête du côté droit, perte passagère de la vue du même côté; il y à eu perte de connaissance dans un certain nombre d’aces
A l’âge de 30 ans, en dehors de tout accès de migraine, le malade ressentit un jour un fourmillement dans les cinq doigts de la main droite, montant progressivement, gagnant la lèvre supérieure du
CUP côté droit, la moitié correspondante de la langue, avec difficulté de la parole. Ces accidents se sont produits à la suite d’une peur.
L'image lumineuse que le malade perçoit dans ces accès n’est pas toujours la même. C’est quelquelois, mais rarement, un globe de feu sphérique; c’est le plus souvent un zigzag se rapprochant de la forme d’une portion de roue irrégulièrement dentée; d’autres fois encore, c’est un zigzag à direction générale plus rectiligne, comme un éclair. L'image est le plus souvent blanche comme un trait de feu; d’autres fois, elle revêt les couleurs de l’are-en-ciel. Quelquefois, il n’y à pas d’image lumineuse mais seulement hémiopie. Cette sensation lumineuse ou celle hémiopie ont une durée variable de quelques minutes à plusieurs heures. Elle est toujours précédée de douleur de têle et d’obnubilation de la vue; elle est toujours suivie de nausées et de vomissements. Elle est parfois suivie de perte de connaissance. A cet égard, M. Burbureaux pense que les accidents peuvent être divisés en deux séries : les accès de migraine ophtalmique, éprouvés par M. T.., jusqu’en 1873, ont loujours été suivis de perte de connaissance, sauf l’accès de 1865; depuis 1873, ils sont seulement suivis de vertige, avec état de vague intellectuel très passager : une seule crise (1876) a été suivie de perte de connaissance.
Ce malade à perdu connaissance à la suite de la migraine, mais il n’a jamais perdu connaissance sans migraine. La femme du malade affirme que, dans les accès de migraine avec perte de connaissance, sa face devient pâle; il se contracterait, se débattrait du côté droit et se mordrait la langue. Quand il y a perte de connaissance, elle dure une demi-heure en moyenne, et elle s'accompagne toujours du ronflement pendant toute sa durée.
C'est toujours la nuit, ou de grand matin, que les accidents se produisent : le malade se réveille brusquement comme d’un cauchemar, éprouve un mal de tête, puis des troubles visuels, puis soit une perte de connaissance, soit un vertige, enfin des nausées et des vomissements et, pendant quelques heures ensuite, un léger malaise général et une frayeur intense (panophobie momentanée). 2
A l’âge de 36 ans, il fut pris de douleurs fulgurantes dans les membres inférieurs. Ces douleurs sont peu intenses; mais il s’y ajoute des phénomènes spasmodiques, des mouvements d'extension: brus-
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ques. Perle du réflexe rotulien des deux côtés. Zone d’hyperesthésie (anesthésie douloureuse, dysesthésie) à la cuisse droite avec réflexe cutané, quand on frappe cette partie de la cuisse (réflexe retardé); faiblesse du sphincter anal. Depuis le début des phénomènes tabétiques, la migraine paraît avoir été moins fréquente. Le 20 avril 1880, M. le docteur Keller écrivait : «M. T... a eu, au mois d'octobre dernier, une allaque de sa migraine anormale; il avait passé quatre ans sans en avoir. (Description de cette dernière attaque.) Sensation violente dans la jambe gauche, comme si un boulet de canon la lui emportait, suivie de chute sur le sol, mais sans perte de connaissance, puis engourdissement dans le pouce et la lèvre gauches. Au bout d'un quart d'heure, obscurcissement de la vision centrale, obligation de se mettre au lit et passage pendant environ dix minutes d’impressions lumineuses en tous sens devant l’œil gauche, En même temps, hémiopie tantôt dans le sens vertical, tantôt dans le sens horizontal. Au bout d’un quart d'heure, besoin de dormir jusqu’au lendemain matin, où le malade se réveille très dispos. Dans les crises précédentes, tous ces phénomènes s'étaient passés à droite. »
Le 2 janvier 1881, il y eut un nouvel accès, que M. le docteur Burbureaux décrit à peu près dans les mêmes termes; les phénomènes se sont passés aussi du côté gauche, maîs il y a eu seulement obnubilation de la vue de l’œil gauche sans hémiopie. Le malade a conservé jusqu’à présent l'intégrité absolue de son intelligence (1881, note de M. Charcot). 4
En fermant le livre de Féré, il est bon de se souvenir du passage où l’auteur a dit : « D’autres troubles que la migraine ophtalmique peuvent se combiner avec l’épilepsie partielle. Tous les troubles sensitifs, sensoriels ou psychiques, qui peuvent faire partie de l’aura sont capables de se produire à l’état d'isolement, tantôt sous l’influence d’une manœuvre qui suspend l’altaque, comme la constriction du membre ou toute autre excitation périphérique, tantôt spontanément. C’est ainsi que les épileptiques sont quelquefois sujets à des attaques d’engourdissement, de fourmillement, à des secousses, à des hallucinations de la vue, de l’ouïe, de l’odorat, quelquefois localiséés d’un seul côté. D'autre fois ce sont des troubles psychiques qui apparaissent brusquement sous forme d'accès d’excitation, d’im-
ON pulsions qui établissent un lien de plus entre l’épilepsie partielle et l’épilepsie dite idiopathique. De mème que certains migraineux ont des attaques de paralysie transitoire portant soit sur les membres, soit sur la face, soit sur la langue, en dehors dés accès douloureux, de même des épileptiques à crises partielles sont susceptibles de pré-
senter de même ces paralysies paroxystiques. »
A. Antonelli communique la même année ses observations dans une étude minutieuse sur « l’amblyopie transitoire ». Etudiant les rapports de l’amblyopie transitoire avec différentes maladies nerveuses, il cite parmi celles-ci : l’aphasie ou mieux dysphasie, les troubles de la sensibilité, les troubles moteurs, les syndromes épileptiformes. Deux longs paragraphes sont consacrés aux rapports entre l’amblyopie transitoire et l’épilepsiè, l’épilepsie partielle.
OBsERvaTION XXIV. A. (Antonelli.
M. Mouch.., 50 ans, consultation externe de la Salpêtrière, février 1880. Accès de migraine ophtalmique depuis sa jeunesse jusqu’en 1871, époque à laquelle l’épilepsie partielle apparut les accès de migraine revenaient assez fréquemment (à peu près tous les mois), étaient facilement provoqués par des excès de différente nature ou par des changements d'habitude et duraient de douze à vingt-quatre heures. Ils étaient caractérisés par la douleur au niveau de la région pariétäle gauche, avec sensation de poids et de chaleur, par la pâleur du visage, par une hémiopie transitoire gauche, par le scintillement caractéristique à l'œil gauche, suivi de nausées sans vomissements. A la fin de l'accès, le malade raconte avec une grande précision qu'il éprouvait dans le côté droit du corps (la face et le bras) des fourmillements et comme une sensation de froid. Ils ne se produisaient que dans les crises un peu fortes et annonçaient, pour le malade, la fin de l'attaque. En 1871, première attaque d’épilepsie complète (chute avec perte de connaissance); depuis ce temps, les accès ont persisté. Au début, ils revenaient tous les huit jours; puis, à la
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suite d'un traitement, le malade est resté (il y a à peu près quairé ans de cela), pendant une année, sans avoir d'attaques; puis les attaques sont revenues et elles apparaissent maintenant tous les huit jours. Il sent un frémissement au bout des doigts de la main gauche, et comme il sait que c'est le signe précurseur de l'accès, il se lève pour mieux y résister et en à toujours le temps. Presque aussitôt après, les doigts de la main se contractent en flexion. Tout peut se borner à cela (épilepsie partielle motrice), le malade remue volontairement son membre et les choses en restent Ià. Mais d’autres fois le membre supérieur tout entier est pris de tremblement, puis la tête s'incline spasmodiquement vers l'épaule droite, la bouche est déviée à droite, il s'ensuit parfois la perte de connaissance, la convulsion des yeux, la généralisation des mouvements convulsifs, la morsure de la langue. Les attaques avec perte de connaissance sont plus fréquentes que les autres. Après les attaques, mélancolie, pleurs, idées de suicide. Le malade ne saurait pas préciser, en ce qui concerne le scotome au début des attaques d’épilepsie partielle; il se rappelle bien des crises d’amblyopie transitoire dans l'intervalle de ses attaques, et il ajoute que parfois le scotome a été pour lui l'annonce d’une attaque.
Du mois de février au 6 mai 1880, à la suite du traitement subi, le malade n’a eu qu’une seule attaque épileptique avec perte de connaissance et pas de migraine. Les migraines ont beaucoup diminué depuis l'apparition de ces accès d'épilepsie partielle. Le #% juin, le malade confirme que les véritables crises de migraine ophtalmique ne sont pas revenues, il lui semble seulement avoir un léger brouillard, presque en auréole, devant son œil gauche. Pendant un an, les attaques épileptiques complètes ont été très rares, les accès d’épilepsie partielle un peu plus fréquents et, dans les intervalles, les crises de migraine ophtalmique se sont présentées avec leur ancien caractère.
OrservarTion XXV. A. (Antonelli.)
M. Gér..., 23 ans, consultation externe de la Salpêtrière, 6 avril 1886. En 1878, premières attaques d'épilepsie partielle qui se renou-
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velaient trois ou quatre fois par jour. Entrée à l’hôpital Tenon, après un traitement de cinq mois et demi, amélioration jusqu’à la guérison presque complète. Il y a peu de temps, la maladie a reparu subitement. Deux sortes d'attaques : dans les plus légères, il n’y a pas de perte de connaissance; dans les plus fortes, survenant pour la plupart pendant la nuit, il perd connaissance; les attaques ne sont pas précédées de céphalée et commencent toujours par la jambe droite qui se fléchit sur la cuisse, peu d’instants après le bras droit s'étend et les doigts se raidissent, restant immobiles et écartés les uns des autres. On à dit au malade que pendant quelques-unes des crises avec perte de connaissance, il tordait la bouche à droite. Parfois il est tombé, se blessant à la figure; d’autres fois encore, il a uriné involontairement et s’est mordu la langue. La durée de ces crises est d’une minute environ; une minute après le regard reste fixe et le malade dit qu'à ce moment il comprend parfaitement ce qu’on lui dit, mais qu'il ne pourrait pas répondre. Pendant cet espace de temps, la jambe droite est comme paralysée, puisqu'il ne peut la remuer, tandis que le bras droit recouvre immédiatement sa motilité normale. A la suite des attaques, il ressent pendant plusieurs heures encore une céphalée violente. Il dit aussi qu'il a des visions de lumières très vives ou de points et de lignes très brillants; quelquefois pendant cette migraine,
d’autres fois sans aucun rapport avec la crise épileptique.
OBservaTion XXVI. A. (Antonelli.)
M'e Br... 18 ans. Consultation externe de la Salpêtrière, 4 janvier 4881. Rien durant l’enfance. Première attaque d'’épilepsie partielle à Ja seconde époque de ses règles. La malade levait son bras tout droit, la tête était tournée à droite, pas de cris, pas de perte de connaissance, pas de chute. Dans ces derniers temps, les attaques sont devenues plus fréquentes (parfois tous les deux ou trois jours) et plus complètes; aura motrice, c’est-à-dire quelques mouvements automatiques, comme pour rajuster ses vêtements, etc., puis, convulsions, chute sur le côté droit, perte de connaissance, morsure de la langue, quelquefois miction involontaire, sensations particulières au creux épigastrique, comme chez les gens à petit mal. Après les attaques,