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lorsqu'elle se levait, embarras de la parole. Les accès épileptiques sont souvent accompagnés de céphalalgie bilatérale, Quelquefois, la migraine est suivie de la vision de flammes fugitives ou de cercles de ‘eu devant les deux yeux.
OBsErvariox XXVII. A. (Antonelli.)
M°° Berm..., 20 ans. Consultation externe de la Salpêtrière, 41 janvier 1886. Grand-père et grand'mère maternels, mère et un oncle maternel migraineux; une tante paternelle hystérique. Il y a deux ans commencèrent de fortes migraines, dont la malade diminua beaucoup l'intensité grâce aux bromures; ayant cessé ce traitement pendant quelque temps, les accès sont revenus depuis deux mois avec leur intensité première. Les attaques surviennent à peu près deux fois par semaine et semblent être plus fortes lorsqu'elles précèdent de quelques jours les règles. Devant l’œil gauche, se place comme l’ombre d’une tête (scotome presque circulaire) qui peu de temps après devient lumineuse, irisée ou verte, jaune et bleue; ensuite cette ombre grandit un peu, semble tourner et, tout en tournant, s’évanouit. En même temps, la malade ne peut distinguer quelquefois les objets que d’un seul côté, à droite. Le scotome, ayant duré à peu près deux minutes, est suivi d’une douleur que la malade place à la partie frontale sus-orbitaire gauche. Jamais de véritable migraine, ni dou- Jeur du côté droit. La névralgie sus-orbitaire dure quelquefois à peine cinq minutes, d’autres fois une heure, et oblige alors la malade à se mettre au lit pour prendre un court sommeil qui lui rend le bien-être. Parfois, des fourmillements dans le pied gauche succèdent à l’attaque (épilepsie partielle sensitive), mais pas pendant toute sa durée. Rien ne l’avertit de l'accès qui va la saisir; ni malaise général, ni inappétence, ni nausées. Quand les accès sont très forts, c’est-àdire lorsque le scotome dure plus longtemps et que la névralgie est plus intense, elle perd quelquefois connaissance. Pendant cette perte de connaissance, qui ne dure pas plus d’une ou deux minutes, la mère de la malade dit que cette dernière se raidit un peu sans avoir de véritables convulsions dans les membres, ni déviation de la bouche, ni écume aux lèvres; une seule fois, il y a deux mois, elle
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aurait uriné involontairement pendant la crise. Avant la perte de connaissance, elle a le temps de se mettre à l'abri d’une chute; quelquefois, la tête se serait tournée lentement à gauche, elle se serait mordue la langue. Quand elle revient à elle, il subsiste encore quelques troubles dans la vue, mais tout disparaît bientôt et elle est tout à fait bien, comme d'ordinaire.
Antonelli fait remarquer que souvent les accès d’épilepsie partielle sont accompagnés d’amblyopie transitoire; soit à forme de scotome scintillant, soit de véritable migraine ophtalmique ou de simple obscurcissement partiel (hémiopie, ou autre, du champ visuel). Il est plus facile aujourd’hui, à cause de ces rapports, de rechercher l’épilepsie sensitive, pour en compléter l'étude, comme espèce pathologique distincte, chez les malades de migraine ophtalmique; cette dernière constituant un syndrome bien évident, et pour lequel les sujets viennent bien plus souvent à la consultation
Au sujet du pronostic, l’auteur écrit enfin : « Il s’agit de dépister, à son début, l'existence d’une maladie grave, dans les cas où, ni la syphilis (qui peut produire l’épilepsie partielle), ni l’âge du malade (l'épilepsie essentielle ne commençant pas habituellement chez les adultes), ni les attaques d’une épilepsie bien complète (avec laquelle l'épilepsie partielle peut se combiner), ne nous rendraient compte des attaques d'’épilepsie sensitivo-sensorielle accompagnée de légers troubles moteurs et plus souvent encore d'amblyopie transitoire. Dans ces cas donc l’amblyopie transitoire ou migraine ophtalmique aurait une signification bien différente de celle d’une simple et pure névrose, et le pronostic devrait être au moins bien plus réservé qu'à ‘ l'ordinaire. »
Une longue suite de travaux étudient les troubles psychiques de la migraine. Les auteurs allemands commencent avec Zacher et Krafft-Ebing. Voici leurs observations
OgservaTION XXVIII A. (Zacher in Cornu.)
Le malade, âgé de 17 ans, provient d’une famille accablée de maladies nerveuses. Il était très nerveux depuis son enfance et souffrait
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de migraine ophtalmique. A 14 ans, il ext un accès épileptique qui se répéla encore une fois. À 15 ans, il et l'influenza et, depuis, des crises mentales étranges suivaient certains accès de migraine : trouble complet de conscience et tendance à l'excitation et à la destruction. Cet état durait quelques heures et passait au sommeil : en se réveillant, le malade ne se rappelait rien.
-OBsERVATION XXIX. A. (Krafft-Ebing in Cornu.)
Jeune homme de 18 ans; rachitique, convulsions dans l'enfance, souffre de migraine ophtalmique avec scotome. Mère et grand’mère migraineuses. Subitement, un soir, sa migraine durant depuis le matin se transforme; il voil une nuée d’esprits et erre toute la nuit à travers les rues. Le lendemain, il demande protection à un policier contre ses persécuteurs. Il est amené à la clinique mentale, il a oublié jusqu'à son nom, ne reconnaît pas les pièces de monnaie, etc. Apathique et silencieux, il ne tressaille que quand il entend ses persécuteurs. L'état reste le même pendant quatre jours et prend alors subitement fin. Il se souvient vaguement des faits précédents « comme d’un songe ». Depuis un an, accès sans troubles mentaux.
Avant le travail de Mingazzini, qui apporte une sérieuse contribution à l'étude des troubles psychiques accompagnant la migraine, on trouve l’article de Wood et celui du traité de Grasset et Rauzier qui traitent plus spécialement de la migraine épileptique. Voici la traduction de l'article du médecin américain . Il commence par une observation
OBsERvATION XXX. À. ( Wood.)
En juin 1890, je vis un monsieur de Chicago chez lequel, à intervalles irréguliers, sans flammèches lumineuses ni autre phénomène oculaire, une cécité hémiopique se développait si brusquement, qu'à plusieurs occasions il avait avancé la main pour saisir un objet, mais avant de l’avoir atteint il l'avait perdu de vue. Cette aura était