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SYMBOLISME DU LOTUS

venue, la mystique formule : Om mcini padmi om. « Oh ! le joyau dans le lotus. »

Cependant, les traditions populaires et les monuments figurés suffiraient au besoin pour nous rappeler les liens qui unissent le lotus du bouddhisme à celui de l’Égypte. Une légende rapporte que, quand le Bodhisattva se montre, un lotus miraculeux sort de la terre; il s’y assied et, de son regard, il embrasse tous les mondes (i). Le Bouddha, du reste, est partout représenté assis sur la fleur du lotus, comme Vishnou et Horus. Peut-être n’est-il pas impossible d’établir les étapes intermédiaires de ce symbolisme. Le lotus passa d’Egypte sur les monuments de la Phénicie et, à partir du VIIIe siècle avant notre ère, sur ceux de l’Assyrie (2) qui, à son tour le communiqua à la Perse. Ainsi, dans les sculptures de la Phénicie, on trouve des déesses qui tiennent à la main un calice de lotus, et, dans des bas-reliefs sassanides, au Tagh-i-Bostan, le dieu solaire Mithra se tient debout sur une fleur de lotus (3). Enfin chez les Mésopotamiens et chez les Perses,

( 1 ) Senart. La légende du Bouddha dans le Journal asiatique, Paris, 1874, p. 347.

(2) C’est du moins la date assignée par Layard, qui place à l’époque de la construction de Khorsabad la première apparition du lotus égyptien, comme symbole ou motif d’ornement, en Assyrie. ( Nine veh and its remains, p. 2 1 3. )

(3) Flandin et Coste. Voyage en Perse, t. I, pl. III et XIV.

il n’est pas rare de voir le lotus fleurir sur des plantes où l’on peut reconnaître soit l’arbre sacré des religions sémitiques, soit l’arbre iranien qui sécrète la liqueur d’immortalité (i).

De nos jours, le beau lotus à fleur rose, cru’on reconnaît sur les monuments de l’Egvpte, le Nymphaeci nelumbo, ne croît plus nulle part à l’état sauvage, mais, par une curieuse coïncidence, il s’est conservé dans la flore comme dans la symbolique de l’Inde (2). Ajoutons qu’il a été importé de l’Inde en Chine et au Japon, si bien qu’aujourd’hui encore il est une des principales figures symboliques auxquelles se laissent reconnaître les vases sacrés et autres objets de culte employés dans ces pays par le bouddhisme (3).

(1) Voir plus loin, chap. IV.

( 2 J Perrot et Chipiez. Histoire de l’art dans l'antiquité, t. I, p. 578.

(3) Michel paléologue. L'art chinois. Paris, 1887, p. 45.

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