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LA CROIX GAMMÉE EN GRÈCE

idoles aux formes féminines qui rappellent grossièrement la physionomie de l’Istar chaldéenne ; dans une de ces statuettes en plomb, elle occupe le centre du triangle qui marque le ventre (1).

En Grèce, comme à Chypre et à Rhodes, elle se montre d’abord sur les poteries à décor géométrique qui forment la seconde période de la céramique grecque (2); puis elle passe sur les vases à décoration plus vivante, dont l’apparition semble coïncider avec le développement des influences phéniciennes sur les rivages de la Grèce (3).

Des poteries archaïques de Chypre, de Rhodes et d’Athènes nous la font voir aux deux côtés de l’arbre conventionnel, si fréquemment reproduit, entre deux monstres affrontés, dans les monuments figurés de l’Asie antérieure (vov. plus loin, pl. IV).

Sur un vase d’Athènes, elle apparaît dans une scène d’enterrement, trois fois répétée devant le char funèbre (4). Sur un vase de Théra, elle est

(1) Schliemann. Ilios, fig. 226. — Voir aussi Troja (édit, anglaise, fig. 101), sur un vase « à tête de chouette » de la cité préhistorique la plus récente.

(2) Alb. Dumont. Peintures céramiques de la Grèce propre. Paris, 1873, t. I, pl. XV, fig. 17.

(3) Perrot et Chipiez. Histoire de l'art dans l’antiquité. Paris, i885, t. IU, fig. 5 1 3, 5 1 5, 5 1 8.

(4) Victor Duruy. Histoire des Grecs. Paris, 1888, vol. I, fig. 72g.

DE LA CROIX GAMMÉE OU TÉTRASCÈLE.

reproduite à plusieurs exemplaires autour d’une image de l’Artémis persique (i). A Mycènes, elle figure sur les ornements recueillis dans les fouilles de M. Schliemann (2). A Pergame, elle orne la balustrade du portique qui entourait le temple d’Athénée, et, à Orchomène, le plafond sculpté du thalamos, dans le palais du Trésor (3). Enfin, quand l’introduction des monnaies vint ouvrir un nouveau débouché aux créations plastiques de la religion et de l’art, elle devint un symbole favori dans le monnayage, non seulement de l’Archipel et de la Grèce propre, mais encore de la Macédoine, de la Thrace, de la Crète, de la Lycie et de la Paphlagonie.

De Corinthe, où elle figure parmi les marques monétaires les plus anciennes, elle passa à Syracuse sous Timoléon, pour se propager ensuite sur les monnaies de la Sicile et de la Grande- Grèce (4). Dans lTtalie du Nord, elle était connue avant même l’arrivée des Etrusques, car on l'a rencontrée sur des poteries qui remontent à la civilisation des terramares (5). Elle se montre

(1) Darembekg et Saglio. Dictionnaire des antiquités grecques et romaines. Fasc. 12. Paris, 1888. Au mot Diane, p. 1 53, lig. 238g.

(2) Schliemann. Mycènes. Paris, 1879, p. iÿ3.

(3) Schliemann. Troja, p. 123.

(4) Numismatic Chronicle. Londres, t. VIII (3e série), p. io3.

5) de Mortillet. Musée préhistorique, pl. XCIX.

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