‹ La migration des symbolesChapitre 14 sur 120 · LA CROIX GAMMÉE EN ITALIE · texte numérisé non relu

LA CROIX GAMMÉE EN ITALIE

aussi sur le toit de ces ossuaires en forme de cabane qui reproduisent, à une échelle réduite, les huttes clayonnées des populations de cette époque (1). Dans la période de Villanova, elle orne des vases à décor géométrique trouvés à Cœré, à Chiusi, à Albano, à Cumes(2), et, quand l’Etrurie s’ouvre aux influences orientales, elle apparaît sur des fibules et autres bijoux en or (3).

A une époque ultérieure encore, on la trouve sur la poitrine de personnages qui décorent les murs d’un tombeau samnite près de Capoue (4) ; enfin elle apparaît, comme motif de décoration, parmi des mosaïques romaines. Il est curieux qu’à Rome même on ne l’ait rencontrée sur aucun monument antérieur au IIIe et peut-être au IVe siècle de notre ère. Vers cette époque, les chrétiens des Catacombes n’hésitèrent pas à l’admettre parmi leurs représentations de la croix du Christ; non seulement ils la gravèrent sur les tombes, mais encore ils en ornèrent les vêtements de certains personnages sacerdotaux, tels que des

(1) J. Martha. Archéologie étrusque et romaine, fig. 1.

(2) Alexandre Bertrand. Archéologie celtique et gauloise. Paris, 2e éd., 1889, fig. 65-68.

(3) Alexandre Bertrand. La Gaule avant les Gaulois. Paris, 1884, %• 77-

(4) Th. Roller. Les catacombes de Rome. Paris, t. II, p. 32.

DE LA CROIX GAMMÉE OU TÉTRASCÉLE.

fossoyes, et même la tunique du Bon Pasteur (i). A Milan, elle forme encore aujourd’hui une rangée de croix à crochets autour de la chaire de Saint- Ambroise.

D’autre part, elle semble avoir été fort répandue dans les provinces de l’empire romain, surtout parmi les populations celtiques, où, dans bien des cas, il est fort difficile de déterminer si elle se rattache à la civilisation importée ou à la tradition indigène. De la Suisse, et même des pajs danubiens, jusqu’au fond de la Grande- Bretagne, on l’a retrouvée sur des vases, des plateaux de métal, des fibules, des ceinturons, des armes (2). En Angleterre, elle décore des fragments de mosaïques recueillis dans les ruines de plusieurs villas (3), aussi bien qu’un vase funéraire déterré dans un tumulus de l’âge du bronze (4). En Gaule, elle s’observe assez fréquemment sur des monnaies qui s’échelonnent du IIIe siècle avant notre ère jusqu’au IIIe siècle après Jésus-Christ, et même au delà, car on la

(1) Th. Roller. Les Catacombes de Rome, t. I, pl. VI, i; pl. X, 29, 3o, 3 1 ; pl. XXXII , 1 5 ; pl. XXXIX, 19; t. II, pl. LY, 2; pl. LXXXVIII , 1 3, et pl. XCIV, 2.

(2) de Mortillet. Musce préhistorique, pl. XCIII, XCYIIIetC.

(3) Rob. Sewell dans le Journal de la Royal Asiatic Society, t. XVII I (nouv. sér.), p. 383.

(4) G. de Mortili.et. Le signe de la croix avant le christianisme. Paris, t8()6, fig. 76.

Page 1