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LA CROIX GAMMÉE ET LE DISQUE SOLAIRE

gammée, comme on le constate notamment dans un symbole tibétain reproduit par Hodgson (i) et aussi sur une monnaie de Gnossus en Crète, où elle figure peut-être le labyrinthe.

Fig. 24. Monnaie crétoise.

( Numisviatic Chronicle, t. XX, nouv. sér., pl. III, n» 6.)

Sur une monnaie gauloise, dont on a trouvé de nombreux exemplaires dans le Limbourg belge et le pays de Namur, on voit un tétrascèle formé par quatre têtes de chevaux disposées circulairement autour d’un disque.

Fig. 2S. Monnaie gallo-belge.

(Hucher. L'Art gaulois, p. 169.)

Il est impossible de méconnaître ici une application du symbolisme solaire, comme l’a fort bien reconnu M. Eug. Hucher dans un langage dont les termes excluent toute idée préconçue sur

(1) Voyez plus loin le n° 1 8, litt. B, de la pl. II.

DE LA CROIX GAMMÉE OU TÉTRASCÈLE.

la nature solaire du tétrascèle ou même sur les rapports du symbole gaulois avec la croix gammée : « Ces quatre protômes de chevaux, écrit-il, sont évidemment les rudiments des » quatre coursiers fougueux qui conduisent le » char d’Hélios dans l’antiquité étrusque et » grecque. Mais on ne peut méconnaître que la » disposition giratoire, inusitée chez les Grecs, » ne soit le produit de l’imagination celtique (i).» Ce qui est peut-être le produit de l’imagination celtique, c’est la transformation ingénieuse des bras de la croix gammée en bustes de cheval. Encore serait-il possible de trouver à cette métamorphose des précédents, voire des modèles, dans le symbolisme grec — témoin les têtes de coq et les bustes de lion qui remplacent les trois branches du triscèle sur des monnaies de Lyeie (2).

Notons, en passant, que le cheval et le coq, l’aigle et le lion sont essentiellement des animaux solaires.

Il est intéressant de constater que la même combinaison, sans doute sous l’action de facteurs analogues, s’est produite dans l’Amérique septentrionale. On a trouvé, parmi les coquilles gravées des niounds ou tumuli du Mississipi, plusieurs

(1) Eug. Hucher. L'art gaulois. Paris 1S6S, t. Il, p. 169.

(2) Voy plus loin, chap. V.

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