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LA CROIX GAMMÉE ET LA RACE ARYENNE

qui ne peut rencontrer le même radical dans les principaux dialectes des peuples indo-européens sans en faire remonter l’existence à l’époque où ces peuples parlaient la même langue? On ne s’est même pas arrêté en si beau chemin. Voulant donner à la croix gammée une importance en rapport avec la haute destinée qu’on lui attribuait, on a cherché à en faire le symbole du dieu suprême que les Aryas auraient adoré avant leur dispersion. C’est ainsi que nous avons vu M. Greg présenter la croix gammée comme l’emblème du dieu du ciel ou de l’air, devenu, au cours des migrations indo-européennes, Indra, Zens, Jupiter, Thor, etc. M. Ludvig Millier, de son côté, après avoir tant contribué, par son travail si complet et si consciencieux sur la croix gammée, à établir qu’elle est un symbole solaire, prend soin d’ajouter qu’avant de recevoir cette signification, elle aurait bien pu être, chez les Aryas primitifs, « l’emblème de la divinité qui comprenait tous les dieux, ou encore du dieu tout-puissant de l’univers ».

Il fait observer, à cet effet, que la croix gammée s’associe à des divinités de nature différente et que, dès lors, elle pourrait bien avoir la valeur d’un signe générique de la divinité, à l’instar de l’étoile qui figure devant les noms divins dans les inscriptions cunéiformes de la Mésopotamie :

DE LA CROIX GAMMÉE OU TÉTRASCÈLE.

« Le signe, conclut-il, a donc exprimé figurément » le mot Qeoç, qui répondait à deva, dont il déri- » vait ; c’est ainsi que les Aryas primitifs » appelaient la divinité dont ce signe était pro- » bablement le symbole. », Qui sait même si elle n’aurait pas comporté et conservé une signification plus haute encore, si les Grecs, par exemple, « à la suite des Pélasges », ne s’en sont pas servis pour symboliser un dieu élevé au-dessus des Olympiens, voire l’Etre unique et suprême de la philosophie et de la tradition religieuse, « le dieu » inconnu auquel, selon saint Paul, un autel était » consacré à Athènes (i) » ?

C’est là faire beaucoup d’honneur à la croix gammée. Pour réduire ces théories à leur juste valeur, il suffit de montrer qu’elles sont des conjectures sans point d’appui dans l’histoire. Quand celle-ci commence à lever le voile qui dissimule les origines des Grecs, des Latins, des Germains, des Celles, des Slaves, des Hindous, des Perses, nous trouvons ces peuples adorant les

(1) Lud. Müller. Op.cit., p. 107. — M. Alexandre Bertrand, dont nous attendons avec une légitime impatience l’étude depuis longtemps promise sur la croix gammée, en fait, tout au moins chez les Gaulois, le symbole d’une divinité sans nom. {La Gaule avant les Gaulois. Paris, 1884, p. 12.) — Si, par cette expression, l’éminent archéologue entend une divinité dont nous ne connaissons pas le nom, personne n’y contredira. Mais s’il fait allusion à une divinité qui n’aurait pas eu de nom, ceci est une autre affaire.

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