‹ La migration des symbolesChapitre 59 sur 120 · LES ACOLYTES AFFRONTÉS · texte numérisé non relu

LES ACOLYTES AFFRONTÉS

Quel que soit le mérite décoratif de cette figure, il est certain qu’elle a surtout une signification religieuse. Elle est invariablement associée à des sujets religieux parmi les entailles des cylindres, les sculptures des bas-reliefs et les broderies des vêtements royaux et sacerdotaux. Sur sa cime plane fréquemment le disque ailé qui personnifie la divinité suprême : Assour à Ninive, Bel ou Ilou à Babylone. Enfin, elle se dresse presque toujours entre deux personnages affrontés, qui sont tantôt des prêtres ou des rois dans l’attitude de l’adoration, tantôt des créatures monstrueuses, comme il s’en rencontre si fréquemment dans l’imagerie assyro-chaldéenne : lions, sphinx, griffons, licornes, taureaux ailés, hommes ou génies à tête d’aigle, etc.

Fig. 54. Les acolytes de l’arbre sacré. (Lajard. Mithra, pl. XI. IX, fig. 9.)

SYMBOLIQUE ET MYTHOLOGIE DE L'ARBRE

De là deux types ou combinaisons symboliques dont nous pouvons aisément suivre les migrations.

.4. L’image constituée par l’arbre entre deux monstres affrontés passa, d’un côté, chez les Phéniciens; d’un autre, après la chute de Babylone, chez les Perses.

Ceux-ci se bornèrent à copier le type assyrien, qu’ils reproduisirent sur leurs cachets, leurs bijoux, leurs bas-reliefs, jusqu’à la fin de l’empire des Sassanides (pl. IV, fig. c et d) (i).

Les Phéniciens, de leur côté, lui maintinrent une physionomie compliquée et artificielle, d'où toute apparence végétale a presque disparu pour faire place à un entrelacement de spires et de bandelettes (pl. IV, fig. b). On le retrouve sous cette forme partout où s’est fait sentir l’art phénicien, notamment dans l’île de Chypre (z). Dès que les influences orientales pénètrent en Grèce, nous l’observons sur des poteries de Camirus et d’Athènes, esquissé entre deux lions affrontés, avec des croix gammées dans le champ (pl. IV, fig. f). Il paraît même avoir suivi Part lydien jusqu’en

(1) M. Dieulafoy en donne quelques beaux exemplaires, de l’époque sassanide, dans son Art antique de la Perse, 5® partie, § IX.

(2) PiiRHOT et Chipiez. Histoire de l'art dans l'antiquité, t. III, fig. 5 1 3 et 5 1 5.

Planche IV. — L’arbre sacré et ses acolytes bestiaux.

Fig. c. Cylindre perse (Achéménide).

F ig. e. Chapiteau du temple d’Athéné à Priène.

Fig. g. Tympan de l’église de Marigny (Normandie)

Fig. //. Bas-relief de Hharhut.

Fig. i. Tapis de Tanjore.

Page 1