‹ La migration des symbolesChapitre 87 sur 120 · ACCEPTION ORIGINAIRE DU GLOBE AILÉ · texte numérisé non relu

ACCEPTION ORIGINAIRE DU GLOBE AILÉ

les temples, pour commémorer la victoire remportée par Horus sur Set, c’est-à-dire par le principe de la lumière et du bien sur celui de l’obscurité et du mal (i).

Les Egyptiens se sont-ils imaginé que le soleil — ou l’âme du soleil — prenait réellement la forme d’un globe flanqué de serpents, muni d’ailes et surmonté de cornes? Ou bien, après avoir figuré l’astre sous sa forme naturelle, lui ont-ils adjoint des uræus pour symboliser sa souveraineté, des corues pour rappeler sa force et des ailes pour indiquer son pouvoir de translation à travers l’espace?

Peut-être n’est- il pas nécessaire de se prononcer ici entre les deux systèmes qui se partagent l’opinion des égyptologues. Une troisième explication, qui me semble mieux rendre compte de la formation du globe ailé, en fait le résultat d’une synthèse consciente et voulue entre diverses personnifications du soleil. M. Maspéro lui-même, un des défenseurs les plus autorisés et les plus convaincants de la thèse que les Egyptiens ont commencé par tenir pour réelles les créatures bestiales ou fantastiques dépeintes sur leurs monuments, admet que les prêtres ont pu fabriquer de toutes

(1) H. Brugsch. Die Sage von der gejlügelten Sonnenscheibe, d ans les Abhandlungen der kôniglichen Gesellschaft der Wissenschaften \u Gôttingen, 140 année (18G8- 1869), p. 209.

pièces des figures composites, avec l’intention bien arrêtée d’exprimer l’union d’idées et de symboles distincts (i).

Quand la fondation d’une monarchie nationale amena l’établissement d’un panthéon commun, les dieux les plus rapprochés de signification ou d’attributs furent mis en rapport les uns avec les autres, soit comme membres d’une même famille, soit comme formes diverses du même être. Est-il déraisonnable de supposer que ce mouvement d’unification entre les personnifications locales de la même divinité se soit traduit par la fusion des images qui les représentaient?

11 suffit de feuilleter les beaux volumes publiés par MM. Perrot et Chipiez sur V Histoire de l’art dans l'antiquité, ou de jeter un coup d’oeil sur les premières planches de l’atlas annexé par Lajard à son Introduction à l’étude du culte de Mithra, pour se convaincre que le globe ailé a été également un des symboles les plus répandus et les plus vénérés dans toute l’Asie antérieure.

La Phénicie en offre de nombreux exemplaires sur des stèles, des bas-reliefs, des cylindres, des bijoux, des patères, des coupes. Fréquemment, le globe ailé y orne, comme en Egypte, le linteau

(1) G. Maspéro, dans la Revue de V histoire des religions, t. V, p. 97.

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