‹ La migration des symbolesChapitre 86 sur 120 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

I. Le globe ailé hors de l’Égypte. — Le globe ailé des Égyptiens; synthèse du disque, de l’épervier, du bouc et du serpent. — Signification de ce symbole. — Sa migration en Phénicie, en Syrie, en Mésopotamie, en Perse. — Modification de ses formes. — Ses combinaisons ultérieures avec l’image humaine, l’oiseau de proie, l’arbre sacré, le béthyle conique. — Son influence sur certaines représentations figurées de la Grèce et de l’Inde; l’auréole, le foudre, le chakra, etc. — Globes ailés du nouveau monde.

IL Les antécédents du caducée. — Description homérique du caducée.

— Transformations du caducée grec. — Le caducée des Phéniciens et des Hettéens. — Enseignes assyriennes, prototypes du labarum.

— Le caducée dans ses rapports avec le globe ailé et l’ashêrah, — Caducées hindous.

III. Les métamorphoses du triçûla. — Définition, antiquité et diverses interprétations du triçûla. — Ses rapports avec le trident et la roue.

— Sa fusion avec le caducée. — Ses échanges avec le globe ailé, le scarabée, le lotus, le lingam, l’idole de Jagganath, l’arbre du Bouddha. — Le triçûla dans les bas-reliefs de Boro-Boudour. — Le triçûla en Occident. — Résumé.

LE GLOBE AILÉ HORS DE l’ÉGYPTE.

Il n’y a assurément pas beaucoup de traits communs aux diverses images que les anciens Egyptiens se faisaient du soleil, quand ils se le représentaient, suivant les localités, sous la forme d’un disque rayonnant, d’un bouc, d’un bélier,

d’un épervierou d’un scarabée. Ils n’en trouvèrent pas moins le moyen de condenser toutes ces figures en une seule.

Fig. 93. Globe ailé d’Égypte.

(Lepsius. Denkmdler, t. 1 II, pl. 30.)

Au disque, devenu un globe, s’accolèrent symétriquement deux uræusou vipères lovées, dressées sur la queue et parfois coifiëes de la couronne. En arrière des uræus, ce globe reçut les ailes largement épandues de l’épervier ; au-dessus, s’allongèrent les cornes ondulées du bouc, et de ce mélange hétéroclite sortirent ces globes ailés qui, atteignant leur perfection classique sous la dix-huitième dynastie, ont formé, pendant toute la durée de l’art égyptien, un motif de décoration si original et si gracieux sur les corniches des pylônes et les linteaux des temples.

On a dit, à juste titre, que le globe ailé forme le symbole égyptien par excellence (1). Suivant une inscription d’Edfou, c’est Toth lui-même qui l’aurait fait placer au-dessus de l’entrée de tous

(1) Perrot et Chipiez. Histoire de l'art dans l'antiquité, t. É p. 604.

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