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GLOBE AILÉ ET ARBRE SAGRÉ

paires de volutes qui coupent la figure en sens inverse, enfin et surtout sa position entre deux animaux affrontés, qui, dressés sur les pattes de derrière, semblent chercher à atteindre de la gueule les extrémités du fleuron, — tous ces détails paraissent révéler l’intention de représenter l’arbre sacré de la Phénicie dans sa forme si conventionnelle et avec ses accessoires si caractéristiques.

Fig. 97. Arbre sacré de Phénicie.

(Lajard. Mithra, pi. LIV A, fig. 3.)

D’autre part, l’image se termine, en bas, par une véritable queue pennée, qu’on dirait empruntée à un globe ailé de l’Asie antérieure; les feuilles médianes peuvent être prises pour des ailes; les volutes inférieures font songer aux appendices obliques du disque assyrien, qui se termine en boucle; enfin, les volutes supérieures reproduisent la banderolle qui surmonte certains exemplaires du globe mésopotamien (i).

(1) Sir G. Rawlinson, décrivant le type le plus répandu de l’arbre sacré chez les Assyriens, compare l’espèce de chapiteau ionique renversé qui supporte la palmette terminale à « la banderolle surmontant ordinairement le globe ailé » ( The five great Monarchies of the Ancient Eastern World. Londres, 1862-1867, t. II, p. 236).

En résumé, il n’y manque que deux choses pour en faire un globe ailé : ce sont le globe et les ailes. Cependant, — dût-on s’écrier que je tente de faire un civet sans lièvre, — je ne puis m’empêcher desoutenir que jamais ne s’est mieux révélée, sous le pinceau d’un décorateur oriental, l’obsession du globe ailé.

On peut encore citer, comme exemple de la même obsession, la pierre gravée de Damas, où j’ai montré plus haut la fusion du globe ailé avec le cône sacré des Sémites (1). Si ce cône représente la grande déesse de la nature, regardée elle-même comme l’épouse du Baal solaire que symbolise le globe ailé, on peut se demander jusqu’à quel point la soudure des deux symboles n’a pas pour but d’accentuer encore la représentation figurée de cette union mythique.

A plus forte raison, la même interprétation s’appliquera-t-elle à la figure de Citium, si l’on consent à y reconnaître une pénétration réciproque du globe ailé et de l’arbre sacré, que nous avons vus si fréquemment placés l’un au-dessous de l’autre dans les monuments symboliques de l’Asie antérieure.

Au nord de la Phénicie, en pleine Asie Mineure

(1) Voy. plus haut, fig. 76, p. 227.

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