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LA BOUCHE OUVERTE

endormies reste ordinairement ouverte ; il en est de même chez les malades fortement affaiblis, par exemple pendant une fièvre typhoïde. En même temps que les forces vitales diminuent, l'action normale des muscles s'affaiblit également; aussi la bouche ouverte est-elle habituellement chez les vieillards le signe d'une faiblesse générale des muscles.

Toutefois, certains états maladifs du nez, par exemple l'enchifrènement, peuvent aussi forcer l'homme à respirer exclusivement ou du moins principalement par la bouche

Fig. 92. — Lèvres courtes avec des dents longues

ouverte au lieu de le faire par le canal nasal, devenu impraticable. Ces visages produisent facilement l'impression d'un esprit borné.

En outre, il y a des individus, notamment parmi les Anglais, chez lesquels les dents sont si longues et les lèvres si courtes que la bouche ne peut être fermée qu'incomplètement et reste habituellement ouverte (fig. 92). Chez d'autres, le squelette de la face est tel que le menton et la lèvre inférieure se trouvent placés extraordinairement loin en arrière. Or, si la bouche est ouverte

grandement , le sous-maxillaire en tombant se retire beaucoup en arrière par rapport au maxillaire supérieur ; donc, un visage au menton faiblement développé et à la lèvre inférieure placée en arrière ; prend quelque chose du cachet physiognomonique de la bouche béante, c'est-à-dire d'un esprit borné et endormi (fig. 93). C'est là

peut-être la raison pour laquelle on regarde généralement le contraire d'une telle disposition du visage, c'est-à-dire un menton proéminent, comme un signe physiognomonique d'énergie et de résolution. Napoléon P"" avait un menton de cette nature ; mais l'on ne peut pas attribuer de valeur physiognomonique à cette forme du menton ; la. preuve en est dans le profil de Frédéric II (fig. 58), qui possédait des qualités intellectuelles analogues et un menton placé extraordinairement loin en arrière. C. M. de Weber avait aussi un menton placé très en arrière

Fig. 93. — Lèvre inférieure placée en arrière

(fig. 61).

On peut appliquer à la physiognomonie aussi bien qu'à la mimique, en ce qui concerne les ailes du nez , ce qui a été dit des paupières supérieures. Des narines ouvertes signifient la même chose que des paupières relevées, c'est-à-dire l'on y reconnaît un esprit ouvert, éveillé, sensible aux impressions (fig. 42).

Cependant, j'ai déjà insisté, dans la partie mimique, sur ce fait que beaucoup d'hommes ont les ailes du nez peu mobiles, voire même parfois tout à fait immobiles. Ainsi donc, au double point de vue mimique et physiognomonique, les narines gonflées n'ont qu'une signification secondaire relative.

La tension physiognomonique des ailes du nez apparaît avec une singulière netteté dans les portraits du cardinal de Richelieu (fig. 59), de Napoléon (fig. 70), de Schubart (fig. 73) et de Webster (fig. 68).

Mais il ne faut pas oublier que ce trait peut être dû à des états de maladie. Des asthmatiques contractent habituellement dans leur besoin de respirer, en même temps que tous les muscles d'inspiration, les muscles de dilatation des narines et cherchent ainsi à faciliter autant que possible l'entrée de l'air dans les poumons. Plus ces accès exigent souvent, d'une façon durable, la mise en jeu des muscles des ailes du nez, plus la tension physiognomonique de ces muscles devient peu à peu frappante.

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