‹ La mimique et la physiognomonieChapitre 32 sur 110 · GRÉABLE DE LA VUE · texte numérisé non relu

GRÉABLE DE LA VUE

Toutefois il n'y a pas que la vive' impression désagréable de la vue qui puisse amener des rides verticales : toute disposition désagréable de l'esprit, toute représentation DÉSAGRÉABLE le produit aussi : les raisons en ont été données dans l'Introduction psychologique où l'on a montré que des représentations désagréables suscitent des mouvements musculaires d'expression qui se rapportent à des impressions sensorielles désagréables imagi-naires, et que ces mouvements mimiques des muscles apparaissent le plus facilement dans les muscles de l'œil.

Cependant des dispositions désagréables et par suite des rides verticales ne sont pas seulement causées par des représentations que d'une façon générale l'on tient pour désagréables, par exemple par la représentation d'un châtiment enduré, d'une honte soufferte; ainsi, un objet quelconque de notre activité ou de notre pensée peut devenir la cause de dispositions désagréables, et cela lorsque tel objet ne s'approprie pas à l'intention de l'homme aussi facilement qu'il le voudrait, lorsqu'un dessein ne peut être réalisé, un but ne pas être atteint, des difficultés qu'il faut surmonter se mettant en travers de la voie. C'est pourquoi nous plissons le front lorsque nous nous

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efforçons vainement de mettre une botte étroite ou d'ouvrir violemment une porte solidement fermée; il en est de même quand nous cherchons à entendre ou à voir distinctement quelque chose et que nous sommes troublés dans nos efforts. C'est là ce qui nous explique aussi pourquoi des hommes qui bégayent ou qui ont la langue épaisse froncent les sourcils lorsque leur défaut inné les empêche d'exprimer facilement leurs pensées ; enfin c'est pour le même motif que nous plissons notre front en rides verticales lorsque nous réfléchissons sérieusement à quelque chose et que nous y rencontrons des difficultés, lorsque par exemple nous nous efforçons de nous rappeler un nom ou un événement, et, d'une façon générale, quand nous cherchons vainement à tirer une chose au clair, à acquérir une vue juste et à tirer des conclusions logiques de représentations confuses et contradictoires.

Ainsi donc, un objet quelconque de notre activité ou de notre pensée peut devenir la cause de dispositions désagréables. Toutefois, la naissance et aussi la durée de ces dispositions ne dépendent pas tant de la nature des causes que de la nature de l'individu, de la disposition INNÉE en vertu de laquelle certains hommes s'impressionnent avec plus de facilité et d'une façon plus durable que d'autres, en vertu de laquelle ils sont particulièrement portés à l'impatience, au dépit et à la colère. . De ce que je viens de dire, il ressort que des rides verticales sont en général l'expression mimique de la

MAUVAISE HUMEUR (fig. 6).

Physiognomonie : Lorsque les rides v^rtîcciles se sontirri' . primées sur le visage de l'homine, elles indiquent qu'il

est fréquemment et longtemps de maui^ciise humeur.

Mais les causes de cette mauvaise humeur peuvent être . soit extérieures, soit intérieures y et c est pourquoi Von

rencontre les rides verticales : i"" chez des hommes que

les contrciiùétés et les malheurs ont éprouvés ou qui souffrent de maladies douloureuses.

On sait que les mêmes événements produisent une impression différente sur différents individus, et le degré de la maussaderie ne dépend pas tant de la nature de ce qui a été éprouvé que de la nature du sujet qui Va éprouvé. L'on voit donc les laides verticales apparaître de préférence : 2"" chez des hommes facilement de mauvaise humeur, agacés, colères.

Enfin Von trouve aussi ces plis fortement imprimés 3" chez actif s penseurs, chez des hommes dont le travail intellectuel est très péîiihle et n'est point cVhabi^ tude récompensé par le succès.

Darwin explique ainsi, p. 243, l'origine des rides verticales : « La première expression est celle qui se manifeste pendant les cris, et les cris sont excités par toute sensation, toute émotion douloureuse ou déplaisante. Dans ces moments-là, les muscles qui entourent les yeux sont fortement contractés et ce fait explique, je crois, en grande partie, les froncements des sourcils pendant le reste de notre vie. » Et plus loin, p. 244, il dit : « Cette habitude de contracter les sourcils au commencement de chaque crise de pleurs et de cris, s'étant maintenue chez les petits enfants pendant des générations innombrables, a fini par s'associer fortement à la sensation naissante de quelque chose de douloureux ou de désagréable. Cela tient à ce que, dans des circonstances analogues, cette habitude peut^se conserver pendant l'âge mûr, bien qu'elle ne dégénère alors jamais en crise de pleurs. » Par contre, il dit à la page 241 : « chez les

SAUVAGES, ET EN GÉNÉRAL CHEZ LES HOMMES DONT LA TÈTE RESTE HABITUELLEMENT DÉCOUVERTE, LES SOUR- CILS SONT CONTINUELLEMENT ABAISSÉS ET CONTRACTÉS POUR ABRITER LES YEUX CONTRE UNE LUMIÈRE TROP

YiVE. » En faisant cette observation, Darwin fournit lui-même une preuve parfaite en faveur de la justesse de mon explication, à savoir que des rides verticales sont dues à des impressions visuelles désagréables.

c. — Résumé des mouvements mimiques qui se rapportent a la FERMETURE DES YEUX. Lc Clignement rapide des yeux est chez bien des personnes un signe d'attention. Les rides verticales sont généralement l'expression mimique de la mauvaise humeur, et elles sont causées : 1" par des souffrances ; 2° par la colère ; 3° par une réflexion pénible.

d. — Combinaisons mimiques. La signification mimique des rides verticales est modifiée par le regard, c'est-àdire par le mouvement des muscles oculaires.

Le regard est-il terne, alors que le front est plissé verticalement, on peut admettre que l'homme reste passif en face de situations ou de représentations désagréables, qu'il ne lutte point contre elles; si, par contre, un regard ferme et ardent se joint à des rides verticales, il faut admettre que l'homme est en colère, qu'il réagit énergiquement contre les causes matérielles ou psychiques de son mécontentement.

F. Rude a donné une expression très saisissante à cette colère déchaînée dans sa Marseillaise de VArc de Triomphe, à Paris ; la fig. 7 est la copie d'une photographie : dans cette bouche largement ouverte, on n'aperçoit que le mouvement d'un cri violent.

L'expression mimique d'un travail pénible de la pensée est semblable à l'expression de la colère. Le regard est attentif, ferme, vif, en même temps que le front se plisse verticalement. Si le regard caché se

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