‹ La mimique et la physiognomonieChapitre 41 sur 110 · LE TRAIT DOUX · texte numérisé non relu

LE TRAIT DOUX

s'empare de tous les muscles du corps. Ce tremblement, ' aussi bien que la sécheresse de la bouche, altère la voix, qui devient rauque ou indistincte, ou disparaît complètement. « Obstapui,^ steteriuitque comse, et vox faucibus hœsit ».

Selon Darwin (p. 317), la crainte produit un énorme élargissement des pupilles ; cette donnée est confirmée par Hecker dont l'ouvrage sera étudié plus loin en détail.

Physiognomonie : Cette forme buccale se trouve jjhysio^ gnomoniquement chez des hommes d'un naturel aigri. Des dispositions ambres peuvent être produites par deux sortes de causes, ou bien par des circonstances extraordinairement désagréables ou par une suscepti^ bilité extraordinairement grande.

B. — Le trait doux.

Le trait doux s'oppose à l'expression de l'amertume, car, pendant que, avec celle-ci, l'on cherche à éviter autant que possible une sensation désagréable du goût, dans celui-là les muscles sont mis en jeu de telle façon que des impressions gustatives peuvent être recueillies le plus complètement possible. La bouche est fermée et les joues sont pressées fortement contre les dents afin de concentrer et de retenir sur l'organe du goût, la langue, toutes les parties de l'objet sapide, parties qui, dans la mastication ou la dégustation, se glissent entre les joues et les mâchoires : l'activité des nerfs du goût est donc ainsi fortement secondée. C'est en grande partie par la mise en action des muscles du rire que les joues sont pressées contre les dents ; aussi le trait de la douceur regoit-il par là une certaine ressemblance avec le trait du sourire ; toutefois, la contraction simultanée du muscle

orbiculaire des lèvres supprime en grandé partie l'effet latéral des muscles du rire. Mais ce qui caractérise essentiellement le trait doux, c'est la forme particulière qu'affectent les lèvres : le muscle orbiculaire des lèvres étant attiré fortement contre les dents à l'aide des muscles canins, placés derrière lui, les lèvres rouges perdent leur gonflement normal, de sorte qu'elles apparaissent maintenant aplaties et en ligne droite, vues de profil (fig. 20).

La bouche se tire de cette façon dans des sensations du goût, douces, extraordinairement agréables, mais aussi comme expression mimique de dispositions extraordinairement AGRÉABLES, dans des représentations et des souvenirs auxquels l'usage de la langue donne Fépithète de doux.

Fig. 20. — Trait doux

COMBINAISONS MIMIQUES

La bouche douce jointe au regard ravi donne l'expression mimique d'une douce rêverie (fig. 21).

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