‹ La mimique et la physiognomonieChapitre 43 sur 110 · TRAIT DOUCEREUX · texte numérisé non relu

TRAIT DOUCEREUX

alors, on désigne très exactement un tel baiser en l'appelant « un doux baiser ». Au reste, il faut faire remarquer ici que l'habitude du baiser, en tant que signe d'affection et de tendresse, n'est en aucune façon commune à tous les peuples. Darwin dit à ce sujet, p. 233 : « Nous autres Européens, sommes si habitués à manifester l'affection par le baiser, qu'on pourrait supposer que c'est là un signe expressif inné dans l'espèce humaine. Il n'en est rien cependant, et Steele s'est trompé quand il a dit : « La nature fut son auteur, et il naquit avec le premier amour. » Un habitant de la Terre-de-Feu, Jeemmy Button, m'a dit que le baiser est inconnu dans ce pays. Il est également inconnu chez les indigènes de la Nouvelle- Zélande, les Tahitiens, les Papous, les Australiens, les SomaUs d'Afrique et les Esquimaux. Il est cependant probable qu'il résulte du plaisir qui naît du contact intime d'une personne aimée, et, dans diverses parties du monde, il est remplacé par certains gestes qui paraissent avoir la même origine. Dans la Nouvelle- Zélande et la Laponie, on se frotte le nez : ailleurs, on se frotte ou on se tape amicalement sur le bras, la poitrine, l'épigastre, ou bien encore on se frappe le visage avec les mains ou les pieds de son interlocuteur. L'habitude de souffler, en signe d'affection, sur diverses parties du corps, dérive peut-être aussi du même principe. » Physiognomonie : Le trait doucereux est F expression mimique de dispositions et de sentiments extraordinairement agréables, que Vusage de la langue qualifie de doux. Mais la vie ne provoquant de tels sentie ments que par exception, on ne trouve que rarement ce trait développé physiognomoniquement, chez des • hommes, presque jamais, parfois chez des femmes comme conséquence d'un iiaturel doucereux affecté. Quand il est devenu constant sur un visage, il produit

sur toute personne simple la même impression quune sensation constamment doucereuse du goût, c'est-à-dire une impression dégoûtante. Si Von observe ce caractère physiognomonique fortement gravé dans un individu. Ion peut s'attendre à ce que, dans une conversation, il se serve souvent du mot doux et qu'il parle volontiers d'hommes doux, de douce musique^ dun doux amour, voire même de douleurs douces.

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