LE TRAIT SCRUTATEUR
très délicates (fig. 27). C'est l'expression que nous offre
Fig. 27. — Trait scrutateur avec des rides horizontales
une tête dans le tableau connu de Hasenklever : la Dégustation duviii (fig. 28).
Fig. 28. — Tête tirée du tableau : la Dégustation du vin de Hasenklever (trait scrutateur)
Physiognomonie : Von trouve parfois le trait scrutateur chez des gourmets^ chez des hommes dont toutes les
pensées, toutes les nspirations sont tournées vers les joies de la. table. Leur imagination se plongeant fréquemment dans les jouissances obtenues ou espérées, les lèores s avançant alors avec volupté, comme si elles goûtaient en réalité ce que la fantaisie leur présente, le trait scrutateur devient peu a peu physiognomoniqae, chez ces hommes.
Cette forme de la bouche se développe aussi chez les hommes qui ont une haute idée de leur propre valeur et qui, dans cette croyance, se sentent appelés à juger de la valeur des autres, à apprécier les opinions et les conditions cVautrui et font très volontiers les importants,
D. — Le trait pincé {der verbtssene Zug).
Lorsqu'on fait un effort corporel très violent, quand, par exemple, on cherche à mettre une botte trop étroite ou que l'on veut ouvrir de force une porte solidement fermée, non seulement on contracte les muscles des bras, mais on raidit en même temps le cou, on serre les dents et on presse les lèvres l'une contre l'autre. Il est de toute évidence que ces mouvements de muscles ne contribuent en rien à atteindre le but proposé, mais au moment où l'homme fait appel à toute sa force, à toute son énergie, pour vaincre une difficulté au moyen d'un effort corporel, non seulement l'intensité de volonté se manifeste dans les muscles qui servent à produire l'effet voulu, mais encore, comme par une sorte de rayonnement, dans tout l'appareil musculaire du corps. Chaque muscle se contracte comme d'habitude, et, naturellement, la contraction des muscles plus faibles est neutralisée par celle des muscles plus forts. Ces mouvements simultanés, sans intention ni but, apparaissent avec le plus d'évidence dans les
muscles faciaux, et notamment dans les muscles vigoureux de la mastication (fig. 5 i). Dans tous les mouvements violents ou difficiles, on a coutume, par la contraction de ces muscles, de presser la mâchoire inférieure contre la mâchoire supérieure, comme si l'on voulait déchirer et casser un objet dur.
Le fait que nous avons signalé dans l'étude du trait amer, à savoir que le mouvement de la mâchoire était accompagné d'un mouvement analogue de la bouche, est constaté également avec le trait pincé. De même que, avec celui-là, on éloigne autant que possible non seulement le maxillaire supérieur du maxillaire inférieur mais encore la lèvre supérieure de la lèvre inférieure (cf. p. 95), de même, avec celui-ci, l'on presse non seulement la mâchoire inférieure contre la mâchoire supérieure, mais encore la lèvre inférieure contre la lèvre supérieure. A la suite de la contraction du muscle orbiculaire labial et des muscles incisifs, les lèvres sont