AMERTUME, RÉSOLUTION ET COLÈRE
l'homme se trouve dans une disposition d'amertume, de résolution et de colère (fig. 33).
Fig. 33. — Trait pincé avec le trait amer et les rides verticales
Enfin, il reste encore à indiquer ici les mouvements musculaires compliqués qui accompagnent l'affection d'une rage violente. Les mâchoires sont fortement pressées l'une contre l'autre, comme expression d'une énergie prête au combat, d'une résolution provocante; la lèvre supérieure est tirée en haut ainsi que les ailes du nez (trait amer), à tel point qu'il est impossible de pincer en même temps les lèvres; et au-dessus de la lèvre inférieure pressée vers le haut, les dents brillantes de la mâchoire supérieure apparaissent (1). Alors, les narines sont d'habitude largement gonflées, car, dans l'état de rage, les mouvements de la respiration et du cœur sont précipités et l'air inhalé et expiré violemment rencontre un obstacle dans les dents serrées les unes
(1) J'ai déjà dit, à la page 10, que Danvin est d'avis que « cet acte est le vestige d'une habitude acquise autrefois lorsque nos ancêtres à demi humains se battaient à coups de dents comme le font actuellement les gorilles et les orangs. »
contre les autres, l'on respire de préférence par le nez et on facilite le mouvement en gonflant les narines (cf. du reste sur ce point la mimique du nez, p. 131). Le front offre à la fois des rides horizontales comme signe d'une grande attention et des plis verticaux comme expression de la colère. Les globes oculaires apparaissent brillants, ils « lancent du feu » comme conséquence d'une excitation de l'esprit et, ou bien roulent sauvages dans les orbites, ou jettent un regard fixe et perçant
Fig. 34. — Trait pincé avec trait amer, yeux fortement ouverts, rides verticales et horizontales, ailes du nez gonflées (expression de la fureur)
Physiognomonie : Le trait pincé devient physiognomonique aveo le plus de facilité et le plus fréquemment chez des hommes dont les occupations journalières amènent avec elles souvent et longtemps des efforts corporels pénibles ou intenses, soit que Von ait besoin d'un grand déploiement de force, soit que l'on ait besoin dune prudence et d'un soin particuliers : Il pieut donc se dévolopper chez des forgerons aussi bien que chez des brodeuses, chez des bûcherons aussi bien
' que chez des sculpteurs. Mais Von peut être convaincu
(cf. p. 52, fig. 34).
que les personnes chez qui on le trouve, ont coutume de faire leur travail avec zèle et conscience. A la suite d'efforts intellectuels et comme expression de ténacité, ce trait nepeut se développer physiognomoniquement que si ces états correspondants de l'esprit se répètent non seulement souvent mais aussi avec durée. On y reconnaît le « tenacem proposili virum » de Horace, l'homme persévérant, mais aussi, quand l'expression de l'air pincé est gravée avec une force particulière, l'homme opiniâtre, obstiné, entêté et endurci.
E. — Le trait méprisant.
L'expression mimique du mépris, du dédain, se manifeste en partie dans les yeux, en partie dans la