‹ La mimique et la physiognomonieChapitre 52 sur 110 · ATTENTION TENDUE · texte numérisé non relu

ATTENTION TENDUE

sentations, ne plissent que le front en rides horizontales sans tirer en même temps en haut les paupières, parce que la tension du muscle frontal exige moins d'effort que celle du muscle élévateur des paupières; mais des hommes très indolents se bornent à ouvrir la bouche toute grande, parce que ce mouvement n'exige aucun effort de contraction musculaire, mais demande simplement un relâchement des muscles, muscles masticateurs. Physiognomonie : L'on rencontre la bouche ouverte le plus fréquemment chez des hommes qui ont Voreille dure, car, dans les relations sociales et d'affaires, ces hommes sont forcés d'écouter toujours très attentivement.

Mais la bouche ouverte peut être aussi le signe d'un esprit borné. Des hommes à l'intelligence faible se heurtent souvent à des choses qui leur semblent incompréhensibles, surprenantes. Ouvrir la bouche est un mouvement qui passe facilement chez eux a l'état d'habitude.

Je viens de démontrer que l'ouïe n'avait qu'une faible importance pour les mouvements mimiques des muscles faciaux; par contre, les nerfs auditifs se trouvent dans un rapport réflexe particulier avec les nerfs moteurs des extrémités : des incitations rythmiques des nerfs auditifs provoquant des mouvements rythmiques des bras et principalement des jambes. Or, ces mouvements réflexes involontaires n'appartiennent pas sans doute aux mouvements mimiques proprement dits, mais ils leur sont cependant en quelque sorte parents : ils offrant un intérêt tout spécial, parce que les premières manifestations non réglées de l'instinct de danse s'y découvrent. Cet instinct, qui a ses raisons d'être dans l'organisation de l'homme, a donné l'occasion d'inventer et de développer pro-

gressivement toutes les danses réglées ; et la satisfaction de cet instinct explique le plaisir que l'on éprouve d'ordinaire en dansant, du moins quand on est jeune. Les gestes d'un danseur sont certainement des plus étranges, et plus d'un s'est déjà demandé ce qui porte ainsi l'homme à sauter avec une force infernale durant des heures entières à la sueur de son front, et à tourner aux sons cadencés de la musique de danse comme le calife de Bagdad et ses trabans aux sons du cor magique d'Obéron. Autant que je sache, cette question n'a poin encore été prise en considération par les physiologues ; dans l'appendice suivant, je vais essayer de lui trouver une réponse et j'espère que l'on excusera cette petite digression par l'intérêt que tout homme doit porter à ce sujet.

Appendice : Mouvements des extrémités dans leurs rapports avec l'ouïe. Physiologie de la danse

Le charme particulier que la musique exerce sur l'esprit réside dans la variété extraordinaire de ses effets sur l'organe auditif, dans la riche alternance d'impressions douces et fortes, dans la richesse de modulations et de transitions harmonieuses et dans la résolution bienfaisante de dissonances passagères. Ces impressions variées de l'ouïe éveillent alors, d'après la loi de l'association des idées, dans l'âme des représentations et des sentiments de nature diverse, tantôt soudains, tantôt transitoires, tantôt fugitifs, tantôt persistants. Des groupes de représentations surgissent tristes et joyeuses, sombres et claires, tantôt dans un jour éblouissant, tantôt dans une douce lumière, tantôt nébuleuses et incertaines jusqu'à

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