‹ La mimique et la physiognomonieChapitre 96 sur 110 · TRAIT DOUCEREUX · texte numérisé non relu

TRAIT DOUCEREUX

pression physiognomonique de ramertume lorsque l'extrémité du nez est très basse et les ailes du nez extraordinairement hautes. Mais les signes caractéristiques manquant à la lèvre supérieure, il est facile de voir que cette disposition des ailes du nez n'est pas acquise, mais innée (fig. 80).

Ce trait se reconnaît à ce que les lèvres sont pressées fortement contre les dents; les lèvres rouges apparaissent aplaties et droites, vues de profil, pendant que la fente horizontale de la bouche présente une expression analogue à celle du sourire (fig. 20) (cf., p. 101).

Le trait doucereux est l'expression mimique de dispositions et de sentiments extraordinairernent agréables que l'usage de la langue qualifie de doux. Mais la vie ne provoquant de tels sentiments que par exception, l'on ne

^ig. 80. — Extrémité du nez placée très bas

Trait doucereux

trouve que rarement ce trait développé physiognomoniquement, chez des hommes presque jamais, parfois chez des femmes, conséquence d'un naturel doucereux affecté. Quand il est devenu constant dans un visage, il produit sur toute personne naïve et sincère une impression analogue à celle d'une sensation du goût constamment douce, c'est-à-dire une impression dégoûtante. Si l'on observe ce caractère physiognomonique fortement gravé chez une personne, on peut s'attendre à ce que, dans une conversation, elle se serve avec préférence du mot doux et qu'elle rêve volontiers d'hommes doux, de musique douce, d'un doux amour, voire même de douleurs douces.

Trait scrutateur

Les lèvres sont proéminentes, en forme de trompe; ce trait se trouve parfois chez les gourmets, chez les hommes dont toutes les pensées, toutes les aspirations sont dirigées vers les joies de la table. Leur imagination se plongeant fréquemment dans des jouissances obtenues ou espérées, les lèvres s'avançant alors avec volupté comme si elles goûtaient et dégustaient en réahté des mets imaginaires, le trait scrutateur devient peu à peu chez ces hommes un trait physiognomonique.

Cette forme de la bouche se développe aussi chez les hommes qui ont une haute idée de leur propre valeur et qui, dans cette croyance, se sentent appelés à juger de la valeur des autres, à apprécier leurs opinions et leurs actions, et font très volontiers les importants.

On sait que, en dépit de son idéahsme, Jean-Paul-F. Richter était un grand amateur de bons vins et de bonne

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