‹ La mimique et la physiognomonieChapitre 97 sur 110 · TRAIT SCRUTATEUR 2¥J · texte numérisé non relu

TRAIT SCRUTATEUR 2¥J

cuisine, et c'est peut-être pour ce motif que Ton voit le trait scrutateur empreint sur sa bouche. Les yeux rêveurs forment sur ce visage un contraste original avec l'expression sensuelle de la bouche (fig. 66). On distingue aussi très nettement ce trait dans le buste antique de l'empereur Néron, qui se trouve au Louvre (la fig. 81

Fig, 81. ~ Buste de l'empereur Néron

est la copie exacte d'une photographie) ; toutefois, il est essentiellement modifié par celui du mépris (cf., p. 258), et ce mélange de luxure et de mépris de l'humanité donne au visage un cachet très caractéristique. L'expression de méchanceté et d'humeur colérique, vraisemblablement très prononcée chez lui, est simplement indiquée ici, car, au lieu des rides verticales du front, l'on ne voit qu'un sillon entre le nez et le front : ce fait trouve son expUcation dans les ménagements très compréhensibles, que l'artiste avait à garder en face de son seigneur impérial aussi vaniteux que brutal.

Trait pincé

Il se reconnaît à ce que les lèvres sont pressées l'une contre l'autre et que les bords de l'écarlate des lèvres sont pinces en dedans ; en même temps, le milieu de la lèvre inférieure semble pressé vers le haut, et au-dessous d'elle il se trouve deux sillons caractéristiques qui, partant du milieu de la lèvre inférieure, se dirigent vers le bas et en dehors vers les deux côtés, comme les côtés d'un triangle à angle obtus, et répondent au bord inférieur de l'orbiculaire des lèvres, pressé et relevé en son milieu (fîg. 29).

Le trait pincé devient physiognomonique le plus facilement et le plus fréquemment chez les hommes dont les occupations quotidiennes amènent avec elles, souvent et longtemps, des efforts corporels, pénibles ou intenses, soit que l'on ait besoin d'un grand déploiement de forces, soit que l'on ait besoin d une prudence particulière et d'un soin tout spécial. Il peut donc se développer chez les forgerons aussi bien que chez les brodeuses, chez les bûcherons aussi bien que chez les sculpteurs. Mais on peut être convaincu que les personnes chez qui on le rencontre ont coutume de faire leur travail avec zèle et conscience.

A la suite d'EFFORTS intellectuels et comme expression de fermeté, ce trait ne peut se développer physiognomiquement que si les états correspondants de l'esprit se répètent non seulement souvent, mais aussi avec durée. On y reconnaît le « tenacem propositi virum » d'Horace, l'homme persévérant, mais aussi, quand l'expression pincée est empreinte avec une éner-

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