CHAPITRE VIII
Gisements et Production.
Le tableau rapide qu'on vient de voir aura peutêtre mis assez en évidence les principaux caractères de la mine de notre temps. Cette industrie, qui a jusqu'ici commandé presque toutes les autres, s'efl'orce pour des raisons économiques d'augmenter à la fois, et jusqu'aux extrêmes limites, la rapidité d'extraction, la production; d'autre part, d'économiser les dépenses et de réduire le travail physique de l'ouvrier, en réduisant la main-d'œuvre. L'emploi de toutes sortes d'engins mécaniques, que l'électricité rend encore plus puissants par sa souplesse, permet avec moins d'hommes d'abattre, d'extraire, de manipuler une plus grande quantité de minéral.
Mais ces travaux sont rendus chaque jour plus coûteux par les profondeurs croissantes où l'on va chercher d'autres ressources vite épuisées. Ce serait une grosse erreur de croire que l'on peut augmenter indéfiniment la puissance d'extraction :
uo La Mine et les Mineurs.
car la mine n'a qu'un petit nombre de puits au débit intense, il est vrai, mais forcément limité, dont le fonçage parfois atteint des prix fabuleux et dont la durée d'exécution déroute toutes les prévisions, comme le prouve ce fait : un puits de 175 mètres de profondeur, des mines de Freyming, qui a coûté 3 709000 francs et dont le fonçage dura sept ans! On en pourrait citer d'autres, ainsi que ceux abandonnés par suite de difficultés insurmontables rencontrées dans des terrains aquifères et après des dépenses tout aussi élevées.
A ce prix, on comprend, dans certains cas. l'impossibilité de multiplier les puits d'extraction.
L'essor scientifique (;t industriel prodigieux du XIX* siècle, enabsorjjant une grosse part des richesses minérales (qui, hélas! ne se renouvellent pas), a imposé l'étude de la question des réserves de ces matières. En ne prenant que l'exemple de la houille, on constate un phénomène économique inquiétant pour l'avenir. Le progrès de la production houillère dans le monde est représenté par ces chiffres au cours d'un siècle :
En 1800 l'extraction était de . . 10 millions do tonnes.
— 1911 — — plus d'un milliard —
Pour tous ceux qui réfléchissent, cette consommalion énorme présente im grave danger. Si l'accroissement reste proportionnellement le même au cours de notre siècle, ce siècle verra la fin du charbon, la terre épuisée de tout ce précieux combustible.
La production actuelle se développe surtout par la mise en exploitation de régions vierges, comme