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CHAPITRE V

Pour plus de clarté, nous avons fait le précédent résumé historique de la mine et de la vie du mineur avant les gigantesques travaux et les outillages modernes qui ont tant modifié la vie, les mœurs, des mineurs et les nôtres! Dans l'histoire de la houille en Fr^ncCjJ^ la^iLLe|)Lus ancien jusqu'ici^enregistré, croyons-nous, est celui de l'exploitation en 1321 des gîtes houillers de la Loire, établi par un acte publié le 18 février 1321. « Par cet acte, passé entre le seigneur de Roche-la-Molière (arrondissement de Saint- Étienne), le Sire de Lurieu et Martin Ghagnon, le premier, s'arrogeantun droit qui n'appartenait qu'àl'autorité royale, permet au dernier nommé d'extraire le charljon de terre dans les propriétés du second, à la charge de lui payer un cens fixé à la moitié du produit » (Mony).

Antoine de Jussieu, le père de la botanique française, présenta le premier son fameux mémoire à

LA MI.SE ET lEs MIXEURS.

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rAcadémie des Sciences en 1718, intitulé « Examen des causes des impressions de plantes marquées sur certaines pierres des environs de Saint-Cliamond dans le Lyonnais ».

En 1823, ley^/ewje/vchemin de fer à traction de chevaux fut établi sur la distance d'environ 15 kilomètres qui sépare Saint-Etienne d'Andrézieux sur la Loire, où l'on embarquait les charbons dans des péniches qui le distribuaient le long de ce fleuve alors navigable (hélas ! devenu de nosjours un fleuve de sable par la cupidité et l'imprévoyance des hommes pratiquant le déboisement général des forêts que la Loire traversait dans les Cévennes).

La déclivité continue du terrain en pente^ouce permettait la descente des wagonnets pleins par l'effet de la pesanteur, et leur retour à vide s'effectuait par des chevaux. C'est ainsi, il y a moins à\m. siècle! que bien modestement a délîuté le chemin de fer (il marche maintenant à 120 kilomètres à l'heure !), cet organisme qui entoure la planète de ses mailles de fer raccordées par les lignes de navires à vapeur, et qui a tant perturbé, bouleversé les conditions économiques et les idées des peuples.

Ce n'est qu'en 1833, à l'occasion d'un concours de mécanique à Manchester, que l'Anglais Georges Stephenson présenta sa locomotive «la Fusée», munie de la chaudière tubulaire de l'ingénieur français Marc Seguin. Cette chaudière seule avait rendu possible la réalisation de cette machine, aïeule de ces énormes « Pacifies » qui aujourd'hui parcourent le monde.

M. E. Gruner, vice-président du comité des Houillères de France, dit : « Le bassin de la Loire a été pendant de longues années le plus important de la

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France, tant par sa production élevée que par la qualité exceptionnelle des houilles extraites. »

C'est pour toutes ces raisons que nous allons décrire la mine moderne, si différente de l'ancienne, et dont l'image la plus complète se trouve en cette région; au cours de notre récit, lorsqu'il sera nécessaire, nous ferons les citations caractéristiques et signalerons les particularités des autres contrées houillères de France ou de l'étranger.

Le gisement étant connu, le but d'une exploitation houillère est toujours d'obtenir le minéral dans les conditions demandées par les industries et le commerce, au plus bas prix possible, sans compromettre la sécurité des travaux et le bon aménagement de la couche de houille. C'est à ces trois conditions que l'ingénieur d'une mine doit subordonner toutes ses décisions en adoptant une méthode ou un matériel. Les procédés employés pour réaliser ces conditions sont si importants, qu'en dehors des autres études industrielles ils constituent une science que l'ingénieur doit connaître et dont il trouve l'application, non pas seulement dans la direction d'une mine, mais bien, lorsqu'il s'agit de la création d'une nouvelle exploitation, dans l'appréciation de sa valeur, des perfectionnements à apporter et des prévisions sur son avenir.

Les études géologiques définissent les formes des gîtes minéraux; mais il est nécessaire, pour donner une idée complète d'une houillère, de dire comment se présente le combustible.

La houille se rencontre sous forme de couches, d'épaisseur et d'étendue très variables, mais dont le caractère constant est de se mouler à toutes les sinuosités des couches de schiste et de grès houiller entre lesquelles elles sont enfermées.

Cette stratification est indiquée non seulement par les limites en hauteur de la couche, par les filets de schiste intercalés, mais aussi par des barres continues qui divisent les couches en plusieurs assises. Les houilles elles-mêmes présentent un grand nombre de veines qui rendent sa structure plâtreuse, rayée suivant le sens de la stratification. Le nombre des couches de houille dans le même terrain, ainsi que leur épaisseur et leur étendue, est très variable. Il y a pourtant une certaine harmonie, car les couches minces et régulières sont généralement continues et nombreuses, tandis que les couches puissantes et inégales sont de moins grande étendue et en moins grand nombre. En notre pays il y a une grande difFérence entre les mines du Nord, qui sont le prolongement du sous-sol houiller belge, et celles des autres régions de France, dans la distribution de la houille sous leurs territoires. Dans le Nord, les couches sont minces, nombreuses, et d'une épaisseur atteignant rarement un mètre, mais d'une continuité qui en fait la valeur. Au contraire, dans les autres mines, les couches sont généralement peu nombreuses, très puissantes, d'une épaisseur ordinaire de 2 mètres, jusqu'à 5 mètres et au-delà. Elles semblent perdre en continuité ce qu'elles gagnent en épaisseur. A Saint-Etienne, les couches les plus riches sont situées dans le centre de la ville, même sous l'Hôtel de Ville dont le tréfonds est le plus précieux. Le lycée des garçons, l'école professionnelle aux lézardes inquiétantes, l'école des mines, et combien de quartiers oii l'on voyait naguère des maisons penchantes soutenues par des béquilles, prouvent que la ville est profondément excavée. D'autres maisons sont armées de clefs, « énormes S

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en fer » fixées aux extrémités de grosses tiges traversant les murailles et formant une sorte de corset orthopédique pour ces maisons rachitiques.

Il est curieux d'observer un visiteur ignorant, pénétrant dans celles-ci. L'on voit alors sa surprise devenir vite de l'inquiétude : car une sensation inexplicable l'ahurit, quand il constate son vacillement, aggravé par des efforts pour marcher droit, ce qui lui donne l'allure chaloupante d'un gabier débarqué ! Cette ivresse sèche est produite parle dënivellement en tout sens des escaliers, et par les ondulations imperceptibles des planchers, l'ne autre curiosité connue de cette région instable est la gare principale, construite dans une armature de fer, rendue mobile dans la verticale, ce qui permet, après l'alfaissement de ces bâtiments, de les remonter, et de ne pas faire redescendre les voyageurs sur le toit!

Il y a un rapport de cause à effet dans cette légère diversion aux différences géologiques, dont un autre exemple se trouve dans le vallon du Creusot, où la grande couche exploitée a 12 mètres d'épaisseur en moyenne et atteint jusqu'à 40 mètres dans les renflements. Par contre, elle n'a que 1800 mètres d'étendue et ses extrémités appauvries en laissent supposer l'épuisement. Dans une autre couche de cette région, très limitée en étendue, l'épaisseur de houille atteint 70 mètres. Dans le bassin de la Loire, où la houille renferme jusqu'à 1.5 p. 100 de soufre, l'épaisseur totale du dépôt houiller est d'environ 3000 mètres. Le nombre des couches de i mètre est de 30 en moyenne et la somme totale des épaisseurs utiles varie selon les districts de 50 à 80 mètres. Mais, pour trouver les couches les plus profondes, l'on sera obligé de descendre jusqu'à plus de

2 000 mètres! Ces probabilités nous ouvrent les plus profondes perspectives!

Ce qu'il y a de remarquable dans les mines dont nous parlons, c'est que les couches de houille de 5

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