L.-F. AUBRY. — JACQUES. — MUNERET
portrait d’homme par Largillière, un Lély, admirable portrait de femme ; 68 numéros en tout, sans compter une trentaine d’estampes de Richard Desnoyers.
La vente, indiquée pour le 16 mars 1840, à midi, était faite par M. Bonnafous de Lavialle, commissaire-priseur, sur les expertises de Ch. Paillet, avec exposition publique au n° 20 de la rue Neuve-des-Petits-Champs, au domicile d’Aubry. Paillet disait dans la petite introduction : « M. Aubry, aussi modeste qu’il a eu de célébrité dans la miniature pendant quarante années, nous a bien recommandé de ne point donner à cette introduction des tournures de phrases trop éblouissantes qui donnent au public droit de demander plus qu’on n’est en mesure de lui donner. »
La vente d’Augustin, l’année précédente, et sa réussite, avaient inspiré l’idée à Aubry de tirer parti de ses reliques. L’âge venait , on gagnait moins.
Depuis sept ans déjà, Aubry avait obtenu un petit emploi, celui de restaurateur au Louvre. 11 y fut de 1833 à 1844 ; il continuait ses leçons.
En 1851, il était mort, devançant son patron et contemporain Isabey de quatre ans.
Jacques, élève d’isabey aussi et de David, a peint sous l’Empire et sous la Restauration; en 1814, il exposait un portrait de Madame Rigaud, du théâtre Feydeau, dont on a admiré beaucoup le coloris et les arrangements.
11 avait fait M. et Madame Lavallette, deux miniatures qui furent données à un Anglais, lequel avait sauvé M. Lavallette. 11 peignit Cuvier, Benjamin Constant, et fit du duc d’Orléans, en 1817, un portrait qui fut vendu 12,000 francs. Jacques était un joli homme, au profil fin et distingué, dont le portrait, par son maître et ami Isabey, est dans le recueil que Madame Rolle a donné au département des Estampes. Il y avait des gens qui le mettaient sur le même pied qu’lsabey et Saint, mais cela est excessif.
Muneret commença à exposer en 1804, et donna d’abord un portrait de lui-même . Il exécuta plus tard la miniature de Talma dans son rôle de Néron; cette peinture fut gravée par Augrand. 11 fit successivement les portraits de la comtesse de Nesselrode et d’Anne-Cécile Duret Saint-Aubin,
fille d’Alexandrine de Saint-Aubin, sociétaire du Théâtre impérial de l’Opéra- Comique . Ce portrait est amusant ; il est peint sur un fond de nuages ; comme il a été grayé par Delvaux, celui-ci l’a recoiffé à sa façon dans l’état définitif de la gravure. C’est du bon art de l’Empire. En 1804, Muneret est à son apogée . C’est alors qu’il donna Chenard , Madame Gavaudan, l’actrice, et son mari, et un portrait de femme en velours noir, admirable, sauf les mains. On peut regretter que Muneret se soit tenu dans les tons gris; sans cela, il serait un des premiers seconds. C’est en 1820 qu’il fit la miniature du duc de Raguse, gravée par Foster.
Daniel Saint, né à Saint-Lô en 1778, est élève de Régnault et d’Aubry. 11 prit de ce dernier le fini impitoyable, mais aussi le caractère spirituel et gai ; il ne se perdait pas dans les détails, jouait de tous moyens et ne s’abîmait guère en minauderies; on le vit aux Salons de 1804 à 1811, et il signait. Le Pausanias français trouve « qu’il varie ses effets suivant les portraits et ne s’en tient pas à une note unique b ; il lui accorde la première place après Augustin. Ce fut en 1810, après la grande miniature du prince Kourakin, que l’Empereur lui commanda son portrait pour l’envoyer à Vienne, à sa future femme. On l’enferma dans un cadre de brillants de 150,000 francs; c’est cette lourde chose que la princesse portait lors de son entrée sur le territoire.
En 1814, Delpech prétend que c’est Saint qui a la palme de l’exposition avec le portrait de Roisrard. Il en admire le dessin, le coloris, la manière large, et en 1817, Jal proclame qu’il tient le bon bout dans la miniature. Saint avait mis, cette année-là, le portrait d’une dame se promenant dans un jardin, c’était un vrai chef-d’œuvre; vis-à-vis de Madame de Mirbel, Saint est encore le maître . Son Charles X est excellent , on ne peut lui reprocher qu’un beau défaut, celui d’être trop agréablement peint.
Singry, encore un élève d’Isabey, débuta aussi au Salon de 1824 par son portrait; c’est le peintre des acteurs et des actrices. Il y a de lui un Michelot, du Théâtre-Français, très amusant et très digne. Mais un des plus étourdissants, c’est Michot, comédien ordinaire du Roi, qu’il a pris dans son rôle de Falstaff. Il avait, comme la plupart de ses collègues, et