‹ La miniature française 1750-1825Chapitre 23 sur 26 · M. ROUVIER · texte numérisé non relu

M. ROUVIER

MAIIAME IOACIER, NÉE N O TJ I [ (A Madame de Saint-Martin Valognt

des Arts, dans l’un des appartements réservés aux membres de l’Institut national. C’est là que le 4 floréal an XI (24 août 180 ; Madame Vincent mourut, la -sa son pauvre ami tout :és< à demi fou de chagrin

Page 62

bliger Madame Vincent

mature. D’année en i.mrn, convenait moins qu’ellr l’eut jm

été. Pourtant elle le Ou qualité rarement

Heure. Sa note | «

même au rega: ! »• . - i e

tendit à l’égal dVilu la .

Madame Adélaïde est d’un goût parfait , encore pie l< ‘ .1 >

sur un visage marqué notât quelque «nuis* de < rt- •

et sur Rouvier, elle avait l'avauti de la lib

clairs dans les rendus de la soie ' .lent ceux de i ■-

de dessin en plus. Elle fut de tout point une art

solide, que l’art de miniature s'honore dV. ;• compte ,

Le grand secret des talents rencontré - cr ces ;i>.oivaux menus et précieux, c’est que leur < ou gin. i. -

illustres, n’étaient pas qui» peintres r r ,rc. L-" ■ ’ :s joi 1 • - d : r; <•

s’était appliquée à la sritiice r s dessin tbn> Ion s • - i ran-. : • 1

le linéaire jusqu'à la gravure même, ces gens avaient touch à • approfondi les procédés et détaillé les techniques tes plus < ■ qv Voici Antoine Vcstier encore d< ‘ r -, - .t

prime celui de peintre; Vesticr a fait et pu I ■ - • m. Au f-ui,

c’est d'abord un peintre et, par ce mot, nous . que

pensaient le» très vieux, c’est-àûire une sorte de maître ès arts graphiques, spécialisé dans un genre, ruais les possédant tous.

Les acceptions modernes faussent le ens d. ces désignations; nous di . >ng un peintre, un miniaturiste, .m upiarelliste; les ancien»

disaient un peintre tout bonnement, et souvent ce peintre mod> lait ou sculptait, taillait le bois ou les métaux en figures, par-dessus le marché. C’est faute d'admettre

P -A HAU

II. MÉDECIN LEROY / Collection Jubinal de Saint- Albin, à Madame George Duruyj Page 63

• ijvî'ïAtt* i.i-,

ANTOINE VESTIER

rieure. Sa note persuasive et enveloppante, la fierté de son jeu resteront, même au regard de Mosnier, même devant Hall. Pas un portraitiste n’entendit à l’égal d’elle la grâce d’une chevelure ou l’heureux désordre d’une toilette ; elle suivait les modes sans en accepter le côté niais. La coiffure de Madame Adélaïde est d’un goût parfait, encore que l’échaufaudage jeunet sur un visage marqué notât quelque sottise de coquette surannée. Sur Vestier et sur Rouvier, elle avait l’avantage de la liberté et de la fougue ; ses clairs dans les rendus de la soie valent ceux de Mosnier, avec beaucoup de dessin en plus. Elle fut de tout point une artiste douée, assurée et solide, que l’art de miniature s’honore d’avoir comptée parmi ses tenants.

Le grand secret des talents rencontrés en ces moments dans les travaux menus et précieux, c’est que tous, petits ou grands, modestes ou illustres, n’étaient pas que peintres sur ivoire. La majorité d’entre eux s’était appliquée à la science du dessin dans toutes ses branches. Depuis le linéaire jusqu’à la gravure même, ces gens avaient touché à tout, approfondi les procédés et détaillé les techniques les plus compliquées. Voici Antoine Vestier encore, dont certainement le renom de miniaturiste prime celui de peintre ; Vestier a fait et pu faire de tout. Au fond, c’est d’abord un peintre et, par ce mot, nous devons comprendre ce que pensaient les très vieux, c’est-àdire une sorte de maître ès arts graphiques, spécialisé dans un genre, mais les possédant tous.

Les acceptions modernes faussent le sens de ces désignations ; nous disons un peintre, un miniaturiste, un aquarelliste; les anciens disaient un peintre tout bonnement, et souvent ce peintre modelait ou sculptait, taillait le bois ou les métaux en figures, par-dessus le marché. C’est faute d’admettre

ces origines que tant de critiques tard venus parlent de ces choses avec des méprises risibles. Donc, Antoine Yestier, d’Avallon, était un peintre de la vieille observance. 11 était venu de sa ville natale à Paris pour y étudier chez Messieurs de l’Académie. De là, la plénitude d’allure dans les petites choses et la désinvolture qu’il y met. Rien ne l’avait préparé à sa carrière future ; il est l’enfant d’un très maigre commerçant, Jacques Yestier ; sa mère est Mademoiselle Boullenot. Lorsqu’il s’en vient à Paris, en 1760, il a juste vingt-cinq ans, peu d’écus et moins de science que d’écus. Et lorsque, après son apprentissage aux ateliers officiels, il voudra tirer profit de ses premiers efforts, on le trouvera engagé dans une assez mauvaise voie. Pour vivre, il est entré chez un sieur Révérend, émailleur du commerce, travaillant pour les orfèvres. Ce Révérend rappelait, en moins riche, M. Phlipon, père de Madame Roland ; c’était un pseudo-artiste, fort industriel de sentiments et de goûts, qui n’eût point manqué de lancer Vestier dans son ornière s’il n’était mort. 11 mourut à propos, car une histoire romanesque allait définitivement lier le jeune et imprudent Bourguignon à la fortune de Révérend. Celui-ci avait une fille, Marie-Anne; une idylle s’était vite ébauchée dans le trantran journalier qui faisait de l’apprenti un commensal obligé de la maison. D’ailleurs, aucune opposition à une alliance, ni de la part des Vestier, ni du côté des Révérend. Ce n’était pas l’union de deux fortunes, puisque Vestier père n’avait pas thésaurisé outre mesure. Seulement, voilà 1 Antoine Vestier pourrait un jour continuer les affaires et produire pour la clientèle d’orfèvres de Révérend les petites horreurs bariolées et cuites en émail que l’on copiait d’après les maîtres. Cela, c’était le néant pour le jeune homme; la mort trancha la question. Antoine Vestier, qui détestait l’émail de pacotille, mais adorait Mademoiselle Révérend, ne manqua point de l’épouser aussitôt. Ils étaient à peu près du même âge, tous deux nés en 1740, lui en avril, elle en novembre. Pour la forme, il garda la boutique ouverte quelque temps , puis tout à coup il se jugea digne de mieux. Il ferait désormais le portrait en pastel, en peinture, en miniature surtout, même en émail si le cas échéait. Il s’en allait demeurer rue Salle-au-Comte, où naquit son premier enfant en

ANTOINE VESTIER

1765, Nicolas-Jacques-Antoine. Deux ans après, rue Bourg-l’Abbé, la petite Marie-Nicole naissait à son tour. Celle-ci sera ultérieurement élève de son père et deviendra la femme du célèbre François Dumont. Quant à Nicolas- Jacques-Antoine, il sera architecte et se mariera en 1793.

En renom posthume, peu de miniaturistes dépassent Vestier. Le dada moderne est de lui reporter généreusement tout ce qui, en miniature, est un peu gris, un peu pastel, avec, dans les fichus de femmes, ces lisérés de satin blanc d’un joli effet. Il y a lieu de redouter ces extensions, surtout si l’on veut bien prendre garde que Lié Périn, lui aussi, eut des gris et des rubans, que Mademoiselle Capet et cent autres en feront leur profit peu après. Pour dire le raisonnable en ceci, jamais Vestier ne s’annonça par des personnalismes aussi irréductibles que ceux remarqués chez Hall ou François Dumont. Il n’aime point à se répéter. On sait de lui des œuvres pointillées, léchées à outrance, d’autres savoureuses et larges, lancées de brio, en peintre. Un portrait de jeune fille appartenant à M. le comte de Loisne est un des premiers signés et datés de lui ; il fut exécuté à Londres, comme l’indique la mention : Vestier fecit 1776 London. C’est ici une révélation, car le voyage de Vestier à Londres n’était pas signalé. Il coïncidait avec la fermeture des ateliers de Saint- Luc et la célèbre exposition du Colisée. Les artistes français avaient appris le voyage en Angleterre à la suite de Gravelot et de Falconet. C’était la terre promise, où les sterlings redoraient assez volontiers les escarcelles vides. Reynolds n’était pas pour tous les moyens, comme on peut croire, et les gens moins haut cotés ramassaient ses miettes.

Ce portrait de son séjour à Londres, dans sa forme retenue et travaillée, accuse une première manière de Vestier assez inconnue. A trois ans de là, en 1779, la note moussue et vaporeuse prend le pas. Le portrait de Madame de Wenzel représente une dame à sa maturité cc bienveillante », encore agréable, d’un galbe pur et d’une belle élégance. Elle et la duchesse de Polignac — je donne ces noms, mais sans en répondre — toutes deux dans le cabinet Panhard, attestent d’une méthode proche de Hall, plus proche encore de Madame Guiard. Mais où Vestier se fût-il produit en 1782, si

La Blancherie n’eût été là? Le voilà enrégimenté dans les clients du Salon de la Correspondance, dont le Bulletin signale aussitôt ses envois; on voit là deux miniatures de dames : « Petits morceaux ayant un mérite peu commun. Ils ont été remarqués par une touche douce et agréable, un coloris brillant et les caractères du dessin. » Cette note aimable est du peintre lui-même; c’était d’usage. Il répond aux reproches, qu’on lui fait encore, de se complaire en des tons grisaille. Seulement quelle idée plaisante Vestier n’a-t-il pas de joindre à ces deux portraits une Ninon de Lenclos d’après Mignard ? 11 est vrai qu’en ce moment l’Académie est un mirage pour lui, et que Mignard est un bon renom classique. Mais on a fait mieux encore pour son succès, c’est de répandre une légende. Bien plus tard, en 1806, le Pausanias français, la reprenant à son compte, écrira ces lignes : « Il a le premier donné du caractère à un genre, qui semblait ne devoir jamais en avoir, la miniature. Vestier a ouvert la route. » C’était peut-être faire trop bon marché des autres et majorer étourdiment son rôle. Ce qui peut se dire, c’est qu’il est de la bonne descendance française, gaulois, ironiste et franc. Qu’on lui donne pour modèle une femme laide, comme cette dame et ses deux enfants aperçus autrefois aux Alsaciens- Lorrains dans une peinture à l’huile, Vestier n’embellira pas cette frimousse rougeaude. Un jour, il avait montré

de Madame Vestier un peu trop de ce que Tartufe n’eût su regarder, et ce portrait existait encore à Avallon en 1865, chez les héritiers de Monfray. Mais alors Vestier était de l’Académie, où il était entré en 1786, il pouvait oser davantage. En 1789, une peinture de lui avait révélé aux Français bénévoles et crédules, ce Masers de Latude, qui restera son chef-d’œuvre à ses propres yeux, mais dans lequel le mélodrame politique tenait une place un peu envahissante. C’était le temps où sa fdle allait épouser François

ÜiHAVIOUAHH IL- I.

,.u»Azoa*«* ./1-..1*

■ "te»#*»».

• ' !. bulletin -i"' rs : * Petit» h»

par une touct •«: dessin, d Cei

répond aus t grisaille. * r

Page 1