Geslin de Bourgogne, Etudes, p. i36 n
il n'est pas, comme dans cette expédition où cent hommes de la 17 e demi-brigade envahissent les villages de Plédran et de Hénon, visitent toutes les maisons sans rien découvrir * : peut-être Boishardy, tandis qu'on perquisitionne dans Hénon, pêche-t-il tranquillement à la ligne, à une demi-lieue du village, au bord de l'étang du Colombier ; car il consacre ses loisirs à cette occupation pacifique, ainsi qu'en témoigne l'un des officiers municipaux de l'endroit a . De temps à autre, il arrive qu'un maladroit de ses bandes se laisse prendre ; on l'amène à Lamballe ou à Saint-Brieuc ; on le menace de mort, on le presse de questions et l'on apprend des choses terrifiantes : telles que les révélations d'un certain Gilles Garandel annonçant que « sous quinze jours ou trois semaines, Boishardy aura 90.000 hommes armés et équipés ; le duc de Chartres commandera cette armée ; tous les patriotes, et particulièrement les corps constitués doivent périr : la cavalerie est dans la forêt de La Nouée, un camp dans celle de La Hunaudais 3 . . . » Il est aussi fait mention, dans ces délations, d'une belle jeune fille qu'on voit quelquefois, « les cheveux dénoués, montée sur un petit cheval gris »... Mademoiselle de Kercadio évidemment, galopant vers la retraite de son ami.
i. Archives des Côtes- du -Nord, ig-ao vendémiaire, an III.
a, « Cyprien Villemain et Pierre Richecour, secrétaire greffier de la commune de Hénon, ont déclaré que François Duroz, gardien au Colombier, a dû boire avec Boishardy qui était à pêcher près l'étang du Colombier, il y a environ trois mois et que Boishardy tira deux coups de pistolet sur le nommé Pierre Gatain (? nom peu lisible) du Tertre-Moro, qui lui avait demandé de quel droit il péchait dans cet étang... » Archives des Côtes-du-Nord, i5 vendémiaire, an III.