Le a avril 1793. Hémon, Comte de Trêvou, p
3. Aïeul du philosophe chrétien Hello, mort en 1887. (Hémon, Comte du Trêvou, p. 61, note j.)
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coupables d'avoir souffert sur le territoire de leurs communes la présence du factieux ; nul ne tenta de se soustraire à l'emprisonnement en révélant sa retraite. On essaya de lui tendre un piège : il y avait en Bréhand, un manoir, celui de la Ville-Louët, où, disait-on, Boishardy était fréquemment attiré par son affection pour une très jeune fille, presque encore une enfant, mademoiselle Joséphine de Kercadïo. Ayant, depuis huit ans, perdu son père, mademoiselle de Kercadio vivait à la Ville-Louët, seule avec sa mère *. On arrêta celle-ci comme sus* pecte et on la dirigea vers la prison de Lamballe, sans lui accorder, malgré ses instantes prières, l'autorisation d'emmener avec elle Joséphine qui dut rester à la Ville-Louët» sous la garde de ses domestiques s . Sans doute espérait-on que l'isolement de l'orpheline conduirait dans le voisinage, Boishardy, soucieux de veiller sur sa jeune amie. Il ne parut pas. Le jugement qui l'avait condamné, ordonnait la confiscation et la vente, au profit de la Nation, de tous les biens du contumace. Le manoir de Boishardy, son mobilier, les terres, les métairies, le moulin qui en dépendaient, — environ 130 journaux de terre dont 50 au moins de landes et de bois 3 , furent mis en adjudication et passèrent à un intrus. Boishardy laissa faire sans se manifester. Le seul résultat de cette spoliation fut d'établir que ce
i. Née Charlotte-Jeanne Le Bottey. Archives municipales de Moncontour.
a. On mit aussi en arrestation et on emmena également a Lamballe un parent de madame et de mademoiselle de Kercadio qui s'était fixé près d'elles à Bréhand.
3. A peu près 6o hectares, le journal valant 48 ares 6a4. (Léon Dubretjil, La vente des biens nationaux dans les C6tes-du-Nord.)
n'était pas « à prix d'or » qu'il achetait le dévouement de «es paysans : il était presque pauvre : tous ses biens, y compris une maison sise à Lamballe, ne lui avaient jamais fourni plus de 1.600 Hvre3 de revenu K
Quoique insaisissable, il n'a pas quitté la région de Moncontour, propice aux refuites et aux échappées : prés enclos de hauts talus plantés de chênes étêtés, de haies épaisses ; fourrés inextricables, labyrinthe de chemins creux qui, au fond de cette mer d'arbres, serpentent, se croisent, s'écartent, se nouent, se détournent... Boishardy circule en plus complète sécurité que les détachements lancés à sa poursuite ; pour ceux-ci « chaque champ est une forteresse, chaque arbre masque un piège » ; lui, pas un jour il n'arrête de renforcer sa troupe et de l'exercer : les Bleus l'ont surnommé le sorcier. Quelqu'un l'a vu, dans les bois de Caurel, à une demi-lieue de Mur-de-Bretagne : au cœur de la forêt, est un placis d'environ quatre journaux 3 qui lui sert de terrain de manœuvre. On a laissé, au centre de cette esplanade un grand hêtre à la cime duquel est fixé un crucifix d'étain. Parfois se réunissent là 3 à 4.000 chouans ; on y procède à l'élection des sergents et des caporaux. Boishardy préside, vêtu d'une carmagnole bleue, coiffé d'un chapeau à grande cuve ; il est armé d'un sabre et d'un fusil à deux coups 3 . On croirait que les Bleus, égarés sur de fausses pistes le cherchent partout où
i. La métairie du chêne jaune, le moulin Herry, le château et la ferme de Boishardy se voient encore aux environs de Bréhand. La maison de Lamballe était située rue de la Pique.
a. Deux hectares à peu près.