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La Sîcotière, Frotté, I, 87, note

- <5. « La paix pourrait être bientôt faîte si des entraves de tous genres ne venaient -s'y opposer : les aristocrates et las terroristes s'agitent en tous sens : leurs hurlements affreux épouvantent en-

Boishardy ne rapporta pas d'Anjou une réponse décisive de Stofflet : la conférence pliait s'éterniser ou se rp^more. Corma^in joua son va-tput — II faut reconnaître la République ; c'est là une simple formal ité qui n.'engagç à rien ^ elle, donnera au part] ro,yalisie le temps de s'organiser et de préparer la victoire... Il parle ainsi, à, l'étourdie^ se grisant $e mots selon sa méthode ; des rumeurs ., rinterrorn,jjent. Cadouda) écume : « les ^raits crjspés, le , cou nu, r la poitrine, découverta jComme dans un jour de bataille », il fait effort pqur réprimer son dégoût : - — ^Monsieur, dit-iî, au nom de tous les, royalistes de Bretagne et de Vendée, je vous défends de poursuivre I » sqrt de la s^lle^ (J'autres l'imitent, parmi lesquels Guillemot, Le Gris : Duval, Saint-Régent. Ceux qui restent,, très échauffés, t repoussent bruyamment la soumission aux régicides. Poirier dç Beau-

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vais. qui, au temps de la Vendée, a été le commandant général, de l'artillerie royale, tire de sa. poche jm papier et commence à lire 1 : son ,^hème est celuj-ci : tous désirent la .paix .;. mais non atu prix d'une. lâcheté, encore moins d'une frahispn. ( Reqonnaîtra-t-on la République avec l'intention q"e violer le traité ? Cette fausseté répugne .«à des chevaliers français, accoutumés à être le modèle des nations pour tout, ce qui ^'appelle hçmneur... » Cormatm se cabre, essaie de parler. Beauvais poursuit, imper-

cotc ^s .malheureyy .dép^rtetiiqnta ; joigne k cela, les Administrations, 'les commissions centrales révolutionnaires, philanthropiques et mille autres encore,' et vous aurez le complément dés ïrftéressës à ce que le désordre existe. » Lettre de Hoche au Comité de Salut Public, i5 mars 1795. Archives de la Guerre,

1. Le discours est reproduit in-extenso dans ses Mémoires, p. 36/1 et suiv.

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turbable : — « Vous, gentilshommes bretons, Messieurs de la Normandie, du Maine et de l'Anjou, vous tous dont les sentiments sont si purs »... songez que la démarche qu'on exige de vous « éloigné peut-être à tout jamais de leur patrie des Princes dont nous comblons les malheurs... » Cormatin bondit, s'emporte : il se lève, frappe sur la table : Boishardy, Chantreau, Solilhac, Dufour le soutiennent ; on s'invective dans le tumulte... Mais Beauvais continue, et, cette fois» c'est un coup droit qu'il porte à son adversaire : — « M. Cormatin a l'honneur de' commander ici les Bretons par une commission du général de Puisaye. Cette commission lui a-t-elle été donnée au nom des Princes pour reconnaître la République ou pour la combattre ? Iï est nécessaire que M. Cormatin soit suspendu de son commandement jusqu'à nouvel ordre... » À ces mots, toute délibération est rompue : Cormatin jette dans le vacarme quelques paroles et, s'empârant d'un feuillet où sont écrits, d'un coté le mot Paix, de l'autre le mot Guerre, il signe à la première colonne, iire son sabre, jure de reprendre les armes des une occasion favorable ; ses partisans inscrivent ïeurs noms sous le sien, puis la feuille circule et tous ceux qui sont la signent également, — sauf Beauvais 1 . Et tous sont sincères : ils souhaitent la paix ; la guerre civile leur répugne ; ils s'accordent à l'avouer en une saisissante unanimité ; mais ils n'iront pas plus loin dans les concessions et ne se soumettront pas à la Convention régicide. Déjà ils se préparent à quitter La Prévalaye ; ils retournent à

i , Mémoires de PomiEn de Beauvais, p. 36g.

leurs broussailles ; le soir même beaucoup sont en route ; un plus grand nombre partira le lendemain, et quand, le 20 avril, Cormatin arrive à La Mabilais pôur l'entrevue décisive avec les représentants, il n'amène avec lui qu'une vingtaine de royalistes, resignés a la soumission : ses aides de camp, ceux dé Boishardy, Boishardy lui-même... seul dont le nom soii' éclatant, seul aussi, peut-être, dont la sincérité, en cette conjoncture épineuse, soit affranchie de supputations intéressées, et de restrictions tacites. Il se souvient de l'embrassement de Hoche ;

cette sorte de baptême a dessillé ses yeux qui entrenu : . r . i , , • 1 ? t . 1 , voient maintenant, au-dessus des rouges vilenies ré-

A^ôïutionnaires, une France nouvelle s '«élevant aussi

glorieuse que celle des Rois.

La déclaration des Clhouans est noble et digne :

— « l'amour de tout Français pour son pays, le désir

d'éteindre les discordes civiles, l'oubli du passé, les

gloires communes, les mêmes sounaits de tout ce qui

peut garantir la sûreté et le bonheur Àe la France »,

tels sont leurs motifs. « En conséquence nous dècla-

rohs solennellement nous soumettre à la République

française, une el indivisible, en reconnaître les lois

et prendre l'engagement de ne jamais porter les

armes contre elle. » Ils obtiennent par compensation

le retrait des troupes républicaines, la liberté des

i, Chantreau, Solilhac, Boishardy, Moulé de la Railrie, Gesliii, Gourlet, Busnel, Bellevue, Terrien, Guignard le jeune, Jarry, Lefaure, de Méaulme, de Site, Vainê, L'Hermite, Lambert, Lantivy, de Nantois, Goubert de la Nourais, d'Andigné, Dufour.

page jusqu'à Rennes : la paix est conclue : Vive l'Union, Vive 'là France! Les fanfares éclatent,; les salves 'tonnent... Hoche, sceptique en présence de celte joie populaire, montre à ses généraux Chèrin et Krie'g, deux bandes de corbeaux qui tournoient au-'dessus de La Mabilais ; elles se séparent ; l'une reste urne, l'autre' se disperse, et il voit là un présage à la manière des anciens l . Là-bas, à La Préva- Iàyé, iiri homme effondré sur un canapé sanglote ; c'est le comte de Silz ; il vient de signer 3 ; au compagnon d'armes qui s'efforce à le reconforter, il dit, a fondant en larmes » : — « J'ai perdu votre amitié... vous ne m'estimerez plus... Ët les princes ? Quelle idée auront-ils de moi ?... »

Cormatin, lui, exulte : comme Charette à Nantes, il va faire à Rennes son entrée triomphale : les représentants ont invité à souper les signataires du traité ; lé cortège se forme : les tambours, la musique, les vingt « pacifiés » signalés par leurs panaches blancs, puis les voitures des représentants, Hoche, ses cavaliers et son état-major ; enfin la foule tumultueuse, et tout cela défile entre deux haies de gardes nationaux. Cormatin guette les acclamations ; pour qu on le distingue bien, il a entouré son chapeau d'une couronne de lauriers. On arrive rue de la République, à l'ancienne Intendance, qu'occupent les représentants. Le repas préparé avec pompe est l'occasion de terribles bousculades : la plupart des convives, à jeun depuis le

i. Extrait des notes de Hoche. Correspondance, p. iî5.

a. 11 n'était pas aile fc 4i* Mabilais ; mais on lui avait dépêché Humbert qui l'avait décidé I donner son adhésion. Poiribb du Brut vus, p. 37».

matin, se jettent sur les plats avec une avidité peu décorative \ Le peuple est admis dans là salle , du

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anquet et s'y presse sans discrétion. Hoche juge la

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