‹ La Mirlitantouille; épisodes de la chouannerie bretonneChapitre 24 sur 57 · scène « un peu gauche, pour ne pas dire indécente · texte numérisé non relu

scène « un peu gauche, pour ne pas dire indécente

les royalistes la voient « d'une tristesse remar-

quable 2 ». Seuls les conventionnels s'efforcent de

garder le décorum et se plaignent .de la cohue : l'un

d'eux « se voyant enlever par un jeune officier une

bouteijle de vin d'Ëspa^ne, proteste qu'on avilit

la représentation nationale. . Le ravisseur, par

chance, put se perdre dans^la foule et s'échapper

avec son larcin 3 ».

De plusieurs jours Cormatin ne quitta pas sa

couronne de lauriers : il ^ se croyait « le dictateur

de la Bretagne ». Installé £u château de Cicé, pour

« organiser là pacification », iji y signait « autant

de passeports qu'une municipalité », écrivait Hoche

qui,, ne comprenant rien à cet hurluberlu vaniteux,

ajoutait : — « Je crois qu'il veut toucher la ,fprte

somme et quitter le ,pays. » Cormatin s'attribuait,

disait-on, sur le chiffre des indemnités allouées aux

campagnes, 30.000 francs en numéraire ej; 40.000 en

assignats : certains parlaient d'un million de livres,

empoché par le pacificateur.., ïqut de même, il avait

réussi à ébaucher un semblant de réconciliation entre

royalistes et républicains^ jouant, il est vrai, pour

obtenir ce succès 'inespéré, une comédie périlleuse' :

aux uns il atteste qu'un article secret du traité assure

la mise en liberté du fils de Louis XVI ; à d'autres

il glisse discrètement que la Convention elle-même

' i. Extrait des noies de Hoche. Correspondance, p. ia5. a. D'Andigné, I, i8o.

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