scène « un peu gauche, pour ne pas dire indécente
les royalistes la voient « d'une tristesse remar-
quable 2 ». Seuls les conventionnels s'efforcent de
garder le décorum et se plaignent .de la cohue : l'un
d'eux « se voyant enlever par un jeune officier une
bouteijle de vin d'Ëspa^ne, proteste qu'on avilit
la représentation nationale. . Le ravisseur, par
chance, put se perdre dans^la foule et s'échapper
avec son larcin 3 ».
De plusieurs jours Cormatin ne quitta pas sa
couronne de lauriers : il ^ se croyait « le dictateur
de la Bretagne ». Installé £u château de Cicé, pour
« organiser là pacification », iji y signait « autant
de passeports qu'une municipalité », écrivait Hoche
qui,, ne comprenant rien à cet hurluberlu vaniteux,
ajoutait : — « Je crois qu'il veut toucher la ,fprte
somme et quitter le ,pays. » Cormatin s'attribuait,
disait-on, sur le chiffre des indemnités allouées aux
campagnes, 30.000 francs en numéraire ej; 40.000 en
assignats : certains parlaient d'un million de livres,
empoché par le pacificateur.., ïqut de même, il avait
réussi à ébaucher un semblant de réconciliation entre
royalistes et républicains^ jouant, il est vrai, pour
obtenir ce succès 'inespéré, une comédie périlleuse' :
aux uns il atteste qu'un article secret du traité assure
la mise en liberté du fils de Louis XVI ; à d'autres
il glisse discrètement que la Convention elle-même
' i. Extrait des noies de Hoche. Correspondance, p. ia5. a. D'Andigné, I, i8o.