Archives nationales, F7 6a3o, plaquette k, et F? 633a
LA MIRLITANTO UILLE
rurent fusillés. Honorât, en raison de son jeune âge, s'entendit condamner à deux ans de prison. Quand il rentra à Pontivy, en 1803, son père, revenu d'émir gration, avait obtenu de reprendre son emploi d'expert-priseur ; il souhaitait vivre en paix avec la République \ et c'est, sans doute, pour obéir aux conseils de ce sage que Honorât troqua la veste des Chouans pour l'uniforme des vélites de la garde consulaire. II partit pour l'Épopée, prit part aux campagnes d'Allemagne, d'Espagne, de Russie, de France, fut, en 1815, de Waterloo et, en 1830, de la conquête d'Alger. Il finit Chef de bataillon retraité sous le règne de Louis -Philippe.
On suit moins longtemps l'espion Giraudeau ; il s'était retrouvé, complètement nu, aux environs de Quîntin, après avoir échappé à la fusillade de l'Hermitage ; des gens charitables lui fournirent des vêtements et il regagna Saint-Brleuc. Amnistié enfin, il retourna dans les Deux-Sèvres, département d'où il était originaire ; il y dut commettre quelque nouveau méfait, car, en 1801, il suppliait le ministre « de lui accorder la vie sauve en considération des services qu'il a naguère rendus à la République 2 ». Il y a quelque apparence qu'il entra, sous un faux nom, dans la police de Fouché. — Dujardin, qui se figurait avoir hérité du prestige de Bolshardy parce qu'il tenait, comme le rival de Hoche, les environs de Moncontour, terrorisa la région du Mené jusqu'en 1803. Jl ne chouanne pas, il brigande 3 ,
i. E. Sageïiet, Le Morbihan sous le Consulat, III, p. 4o3, /|o5, a. Archives nationales, F? 6147.
3. « a8 mars 1801. La bande je Dujardin force le citoyen Viet, de la commune de La Motte, à verser 7.000 francs sous menace d'être fusillé. Viet n'ayant pas cette somme, Dujardin et ses hommes
quinze mille francs sont promis à qui fera prendre ce forban 1 . Sa bande, d'une quarantaine d'hommes, est recrutée « parmi les mendiants et les affamés du pays costumée en gendarmes ou affublés des vieilles vestes anglaises de l'Armée rouge 3 ». Dujardin ne se cache guère ; on l'a vu, en mars 1803, sous l'uniforme de la gendarmerie nationale, sortir de la forêt de La Nouée et se diriger vers les Côtas-du- Nord ; il est, du reste, bien reconnaissable ; son visage et ses mains sont couturés de cicatrices i . A la fin de cette même année, il suivit Georges en Angleterre et eut la chance d'y rester. Dujardin reçut, en 1815, en récompense de ses bons services, la croix de Saint-Louis 5 .
Dutertre, le condamné à mort par contumace en même temps que Le Gris-Duval, se rallia vite à l'Empire et mourut maire de Plaintel, en 1808 6 . Quant à Dufour, le commandant du Clos-Poulet qui, ayant « passé » Puisaye aux Iles anglaises, devint l'un des aides de camp de Corcnartin, lui aussi, la tourmente
font bombance çhe? lui, emportent dix couverts d'argent, une cuiller à potage, trois fusils doubles et emmènent un cheval. « Ai> chives nationales, BRI* 1 54. — » i" mai 1801. Le citoyen Duval. ancien receveur du district de Broone, est massacré par la bande Dujardin. » — =- « 6 juin. Assassinat de Legouaille, juge de paix à La Cheze. Même dossier. » — « 2 avril 1802. Le brigand Brunet, de la bande Dujardin, évadé des prisons de Moncontour, est repris et fusillé à Saint-Brjeuc. » Archives nationales, F? 7939.
1. Archives nationales, F? 633a, cité par Le Falher, le Royaume de Bignan, p. 6g6.