INDUSTRIES AUX COLONIES
COLONIES
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La Guadeloupe . . . La Martinique . . .
La Kéunion
Afrique occidentale iMadagas-car ....
Mayolte et, Gomores Inde française. . .
Indo-Chine ....
Océanic
Totaux. .
Les Colonies, vol. III.
(l'eau douce, Etablissements français de l'Océanie et de la Nouvelle-Calédonie pour celle de la biche de mer ; peut-être Madagascar pour l'exploitation des tortues nommées carets dont les écailles sont particulièrement recherchées, "lies sont les colonies dont l'industrie delà pêche contribue à augmenter les ressources. Il ne saurait être question, en cette matière, que d'une industrie secondaire, mais elle a assez d'importance pour ne pas être passée complètement sous silence.
x\ous avons déjà longuement examiné, dans la première partie de cette étude, les conditions du commerce français et du commerce colonial et les relations réciproques qu'établissait entre eux le tarif de 1892. Nous avons dit également qu'en \ ertu même des théories actuelles, il aurait fallu donner à nos colonies l'entrée en franchise dans nos ports et appliquer ainsi, avec esprit de justice et intégralement, le pacte colonial. Or il n'en a rien été. Nos produits coloniaux paient encore la moitié des droits inscrits au tarif métropolitain (cafés : droit de 78 fr. les 100 kilos, thés : 104 francs, cacaos : 52 francs, vanilles : 208 francs). Or ces droits sont d'autant plus excessifs que la France t'st loin de consommer tous les produits que pourrait lui fournir son domaine colonial. Quelques chiffres seront, à cet égard, {tarliculièrement probants. La France demande à l'étranger 7,:i21,264 kilos de soie. Sur ce chiffre, les colonies en ont fourni 7,402 (!), « alors que nos colonies asiatiques, africaines et océaniennes pourraient largement profiter de l'énorme consommation métropolitaine qui absorbe, à elle seule, plusder)7 0/Ode rex[)ortalion asiatique. » La France a importé, la même année, 2J(),456,678 kilos de coton en laine; les colonies lui en ont fourni 2,32.*) kilos, « alors que nous possédons d'immenses territoires en Afri(|ue, dans l'océan Indien et dans la Nouvelle-
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(laltklonie où le coton peut otre cultivé avec succès ! Ladisiuo- {)ortionestplus incroyable encore ijuand on examine les cliilîies relatifs au café et au caoutchouc. » Nos colonies et pays de protectorat ne nous fournissent guère plus de 1 U/0 du café (pie nous consommons ! Sur 102,0G3,G0U francs de caoutchouc, j^utta-percha, huiles et sucs végétaux que notre {)ays demande ni dehors, nos colonies nous en vendent à pein»' [>our 20 ,'.')[)[ ,200 francs. En additionnant les importations des soies, ( afés, bois, caoutchouc, coton, graines et fruits oléagineux, uitus arrivons à une importation totale de 930,303,500 francs sur les(piels nos colonies figurent pour une somme minime de 3(), 033,500 francs, c'est-à-dire à peine 3,95 0/0 de l'ensemble.
Cette situation n'a rien d'encourageant, mais il serait facile de la modifier en accordant aux produits coloniaux une détaxe (V)mplète, sous condition, bien entendu, d'un certificat d'origine. Or rien ne s'oppose à ce qu'une mesure tle ce genre n'intervienne au g-rand profit de la métropole et des colonies. Si le trésor public devait perdre ainsi une partie importante de ses recettes, l'hésitation serait possible, mais ces droits ne rapportent, les sucres mis à part, que 2,720,000 francs sur lesquels le café ligure pour 800,000 francs. Cette objection n'a donc qu'une valeur médiocre. On a [)réten(lu aussi que, sauf en ce qui concerne les produits déjà énumérés, tous les autres bénéKcient (h'jà d'uiu; exein{)ti()n totale. Celle ré|)onse est spécieuse, puis(|ueen ri'alilé deux produits seulement l^le sucre et le riz) ont obtenu un traitement pri\ilégié. Quant aux caoutchoucs, i;( mimes, colons, soies, bois, etc. ils sont, il est vrai, admis (Ml franchise dans nos ports, mais comme « matières premières ii(''cessair<'s à l'industrie », privilège dont bénélicient les produits (Hrangers au nil^me tili-eqne les pioduitscoloniaux. C'est rf'gaiih'' dans le IraitcMiienl . el iiiillciiitMil le pri\ilèi;('. (|ui leur serait nécessaire et (pi'il serait ir-i^iliine de leur accorder. Cette
LE COMMERCE MUr")
vérité apparaît avec une évidence indéniable si l'on examine, par exemple, les tarifs relatifs an café. Il est vrai qne nos cafés colonianx bénéficient d'une réduction de ijO 0/0 sur le tarif "fénéral ; mais combien cette mesure est-elle insuffisante ! Le fléchissement des cours du à la surproduction du Brésil a été tel que le café calédonien qui valait, en 1897, H 5 francs les 50 kiloçs, ne peut s'y vendre actuellement que 89 francs. Ou€ sera-ce si les négociations actuellement engagées aboutissent et si le droit de 150 francs payé actuellement par les cafés étrangers est abaissé à 100 francs? Ce serait la mort sans phrases pour les cafés coloniaux. La diminution proportionnelle du droit qui pèse sur ces cafés, de façon à laisser apparaître toujours la même différence entre le café étranger et celui qui nous arrive de la colonie, ne serait qu'un remède insuffisant qui perpétuerait le mal sans le guérir. Ce qu'il faut pour nos cafés comme pour nos produits coloniaux, alors si^jrtout ({u'il s'agit de produits ne faisant pas concurrence à ceux de la métropole, c'est la franchise complète, absolue. Hors de cette solution radicale il ne saurait exist.er de salut ! Il faut que le bon marché de nos produits coloniaux soit tel qu'il triomphe des habitudes traditionnelles, des goûts acquis, des modes acceptées, et que le Français prenne, par économie, l'habitude de consommer des produitscoloniaux qu'il aurait dû depuislongtemps adopter par patriotisme. En un mot, puisque le « pacte colonial » subsiste, il faut qu'il soit strictement appliqué, qu'il produise des effvïts réciproques et que les colonies en tirent profit au même titre et aux mêmes conditions que la métropole.
Cette théorie générale une fois admise, théorie que nous justifierons par de nombreux exemj)les particuliers, examinons l'évolution commerciale de chacune de nos colonies et la situation actuelle.
VIEILI.FS COLONIKS
La Martinique. — Depuis 1888, date où la crise du sucre i\ atteint son maximum d'intensité, le commerce n'a cessé de [»ériditer et c'est en 1895 que ce fléchissement a été le plus caractéristique. A partir de cette époque, le mouvement des exportations et des importations s'est peu à peu relevé et le (•hifl*re comparatif des produits des douanes en 1898 eJ en 1899 <'st, à ce point de vue, véritablement encourag^eant.
( 1S98 . 7i:>,0K(; tV. 10 I , .,, - ,,„, , ,„
'"'■ •-■""^^«'■'^ j 1899 . l,()i>.S.I7(]fr. :{5 C ' ' '
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<^ , . l 1898 . 3,179.758 fr. 90 ) , «.>,.>«,, ,.«>
De ce tableau il résulte, pour l'année 1899, une plus-value (le :2,G57,938 fr. 22, et les bénétices seront vraisemblablement, en dépit des troubles qui ont désolé la colonie, supérieurs encore en 1900.
D'autre part, les exportations et importations qui n'avaient été que de 40,804,841 francs en 1897 ont été en 1898 de 4(1,71 li,6îJ8, avec une plus-value de 5,908,817 francs. Constalaiioii intéressante, pendant que les exportatijons (24,368,798 francs) se partag-ent à peu près également entre la France et les pays étraugers, les importations (22,344,860 francs) sotil jiresipu! enlirrenient diiigi'cs sui" la l'rance, et deux millions seidcmeiit de produits sont vendus en pays t'trani^er. Ainsi 1,1 in(''li<)pol<> est le grand inarclit'de \<*nlede la colonie; c'est de la niétr()[)ole (pi'elle lire pi<*s(pu' tous ses béuétices coniincrciaux alors (pi'elle est loin d'user de la même récipro-
LE COMMERCE l{(»7
cité à l'ég^ard des marchandises françaises (1). S'il est vrai, en effet, qne la Martinique reçoit de France des machines, des eny;Tais, des vins et des liqueurs, des tissus et des conserves, si Saint-Pierre et Miquelon fournit la morue qui joue un si grand rôle dans l'alimentation locale (en 1897, il en a été importé 1,603,386 kilogrammes représentant 561), 964 francs); si delà Guadeloupe lui arrivent le café et les vanilles, de la Guyane quelques bois durs et de Saint-Martin le sel, la poterie et le menu bétail, ce sont les Etats-Unis qui la fournissent presque exclusivement en animaux vivants pour 61,910 francs, les farineux alimentaires pour 2,589,391 francs, les combustibles minéraux pour 931,988 francs et la bimbeloterie. La Grande- Bretagne lui fournit les tissus connus sous le nom de madras <'t madapolam, le fer étiré et refilé, les aciers et la mercerie. C'est de Porto-Rico que lui arrivent les bœufs destinés soit au travail, soit à la boucherie, de Santo-Domine-o le bois d'ébénisterie, de Cuba les cigares et de TénérifFeune partie des vins et des liqueurs. Ajoutons aussi, et cette constatation n'a rien d'encourageant, que, par l'intermédiaire de la France, la Martinique reçoit, en grand nombre, des produits belg'es (fers et cordages), des produits d'origine allemande et des articles suisses.
Il y a lieu de constater aussi qu'un assez sérieux courant d'échang'es s'est depuis longtemps établi entre la Martinique et les petites Antilles anglaises et que ce sont heureusement des articles fra'jçais qui alimentent presque exclusivement ce commerce. Enfin disons que le marché de Cayenne est appro-
(t) Exportations t<S84 20,2 i0,:jn8 Ira ncs
M'iH MISE EN VAI.EIH
visioimr dans une large mesure par celui de Sainl-Pierre. On le voit, la Martinique n'est pas pour la France le marché qu'elle a été autrefois et qu'elle devrait être ; la crise sucrière et la vente à bas prix des rhums et des tafias ontarrètéle développement du commerce local et sing-ulièremenl nui aux rapports de la métropole avec sa colonie, beaucoup plus au détriment de la première que de la seconde. Cette situation fâcheuse tend à s'améliorer chaque année, et nul doute que des modifications au tarif douanier que réclament ardemment les pouvoirs locaux contiibueraient puissamment à ce lé'sidlal.