‹ La mise en valeur de notre domaine colonialeChapitre 55 sur 72 · COMMUNICATIONS TÉLÉGRAPHIQUES ET POSTALES · texte numérisé non relu

COMMUNICATIONS TÉLÉGRAPHIQUES ET POSTALES

Depuis longtemps nous avions pris et conserve riiabitudc de ne correspondre télégraphiquement avec nos colonies quo par des cables qui appartenaient à l'Angleterre, dont les employés étaient anglais, dont les points d'atterrissage étaient anglais. En vain dénonçait-on cette situation; elle ne semblait inquiéter personne. Qu'importe, disaient les optimistes, que les cables soient ang-lais ou français ! En cas de guerre, tous ces câbles seraient coupés au bout de quelques jours par les bateaux des deux nations belligérantes. A quoi nous servirait donc d'avoir des câbles français ? C'est en vertu de ce raisonnement bizarre qu'à l'heure actuelle nous possédons^à peine deux câbles importants et quelques tronçons de câble venant s'embrancher sur les grands troncs télégraphiques anglais (1).

Il a fallu les graves événements des dernières années ; l'Angleterre supprimant de son autorité privée nos communications avecnoscolonies, interrompant toute relation avec Madagascar, accaparant le réseau à son profit, au moment de Fachoda ou confisquant les dépêches gênantes lors des négociations du Niger, pour que le danger apparût avec toute sa gravité et pour (ju'on comprît e'yfin que la situation qui nous était faite était aussi redoutable en temps de paix qu'en cas de guerre. La Commission des Colonies s'empara de la question, elle 19 juin 1900 M. Maurice Ordinaire déposait son rapport « surleprojt't de loi relatif à l'établissement d'un réseau de lignes télégraphi(|ues sous-marines ».

(I) Voir, aux annexes, la liste des câbles.

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MISE EN VALEL'R

Analysons cet important diicuincnt.

L'auteur établit d'abord la situation paradoxale faite à la France rpii paye des subventions pour une somme annuelle de l>l)0.0()0 francs aux compagnies antulaisespour avoir le droit de ren«eii!;ner la Grande-Bretag-ne sur toute sa politique coloniale. Il constate aussi que l'Allemag-ne, les Pays-Bas et les Etats-Unis ne sont pas dans une situation meilleure. Ce péiil politique est indiscutable; il n'est pas le seul. (( Les câbles sont aussi devenus les instruments les plus précieux de la vieécononiirpu' dès nations. On ne peut exaçérer les avantagées commerciaux cpie l'Au'^leterre lire de l'immense réseau, grâce auquel Londres est devenu le « Grand marché des nouvelles «.C'est en partie parce qu'elle est le marché des nouvelles que la métropole anglaise contiiuie encore, malgré les progrès de ses livaux du continent, Hambourg et Anvers, à être le plus grand marché des a^^tiires. »

Ainsi donc, il faut que la France possède son réseau de cables. Sans doute, le problème n'est pas d'une solution facile, tant la (îrande-liretagne a su s'assurer les meilleurs points d'atterrissage et tant la situation g-éographique de certaines de nos colonies les rend difficilement accessibles. Mais il faut, quand même, aboutir. Ces lignes télégraphiques devront être directes et sans atterrissage étranger ; les lig-nes en eau profonde devront être préférées comme présentant une sécurité relative plus grande; les réseaux devront être complets et logiques.

Quels sont maintenant les câbles à constnfire d'un^cnce ?

Méditerranée : iln seul câble à poser, celui d'Oran à Tanger ; les événements actuels suffisent à justifier ce projet qui affranchira notre représentant à Tanger du câble anglais ou du câble espagnol.

Océan Allantique: La situation de la P'ranceest l)onne[)uisque nous possédons 23.000 kilomètres de câbles entré la France et l'Amérique.

Il n'en est pas de m 'me en ce qui concerne les coin munications Je France avec Saint-Louis. Le "•ouvernement voudrait racheter la ligne de TénéritFe à Saint-Louis qui appartient à la Spa)iisJi national et la raccorder à celle de Tanger. La commission des colonies préférerait une ligne directe qui, partant tle Brest, aboutirait à Saint-Louis et de préférence à Dakar. Le prix de ce cable serait de 18 millions.

Cette dépense, lourde il est vrai, serait une dépense utile car la ligne projetée deviendrait la branche maîtresse d'un réseau français du Sud-Atlantique par la pose d'un câble neuf Saint- Louis-Cayenne ou l'achat de la ligne SouUi- American cable cij sur Pernambouc. Cette ligne pourrait, à son tour, se ressouder à la Compagnie française des câbles et la France posséderait dans l'Atlantique un magnifique circuit. Une deuxième branche partant de Saint-Louis desservirait le Congo, toucherait à la Réunion puis passerait à Madagascar pour aboutir à l'In^o- Chine.

Océan Indien: Ici la France est complètement sous la dépendance des compagnies étrangères puisque les cables français d'Obock à Djibouti et de Madagascar au Mozambique s'embranchent tous deux sur VEastern and SouUi afvican T. C. On a vu tout à l'heure qu'il serait matériellement possible d'unir Kotonou à Loango et Loango à Madagascar par un cable sous-marin soit directement, soit avec atterrissage à Mossamedès. On pourrait encore relier Madagascar, et toujours directement, non à'^a Côte Occidentale d'Afrique maisà l'Indo-Chine. En attendant, le "•ouvernement a l'intention d'étal)lir un cable de la Réunion à Madagascar.

INDO-CHINE

Notre immense emijire indo-chinois est tributaire des compagnies anglaises sur tout le parcours du côlé de l'océan In-

dien et de la mer Roug-e et jus(|ii';i Amoy, dans la direclioii de la Sibérie. Le mieux serait peut-être de rattacher par des cables fran(;ais Hué et Haïphong- au réseau russe, à Wladivostok ou à Port-Arthur. D'autre part, le g-ouvernement ^-éuéral se propose de relier à ses frais Saïgon aux îles Poulo- Condor et Haïphoug- à Quang-Tciieou-Ouane par un cable et une lit^ne terrestre traversant la presqu'île de Lei-Tcheou- Fou. Enfin, on peut envisager pour l'avenir un projet de cable de Saigon ou de Hué à Manille.

Il est malheureusement à craindre que les établissements français de l'Océanie restent longtemps encore isolés. Quant à la Nouvelle-Calédonie on pourrait examiner le moven de la relier au réseau indo-chinois ou au transpacifi([ue projeté par les cables Américains de Manille à San Francisco.

Par qui seraient construits ces câbles? Par l'Etat ou par l'induglrie privée. La réponse n'est pas douteuse : par l'industrie privi'e qui, seule, est outillée de manière à fournir les câbles en un temps relativement court et à un j)rix vraiment abordable. La « Société industrielle des télépliones » qui possède un bateau spécial, YAvdfjo, et deux usines pouvant produire jouinellement 3U milles de câble de grosse section et ;JU milles de petite, ou « lea établissements Gvamnionl » qui peuvent fournir I.") milles marins par jour et doubler, au besoin, cette producti(jn, send)lent désignés pour une opération de ce genre.

Comment ces deux sociétés se procureraient-elles la matière pnMuière? Pour le cuivre et l'acier, elles en tr<^ruveront, mais à des prix majorés de 20 à 40 0 0. Il sera, sans doute, difficile mais non impossible de se procurer les provisions de gutta nécessaires. Les 4,000 tonnes (|ui se vendent chaque année dans le monde sont, il est vrai, accaparées par les Anglais; mais nous a\(»iis (ItMiKuiiiN' (pie nos colonies en produisaient une <'ert;iine (juaiitilt' qu'elles seraient heureuses de vendre de prétV'rence à lindustrie française, si la mt'tropole entiej>reiiait la

cQiistruction de ses câbles sous-marins. "Ajoutons que l'administ ration des postes a entrepris, grâce à MM. lunçfleisch et Sérullas, en 1892, des recherches tendant à extraire la gutta non des troncs mais des feuilles et (pie le résultat des premières expériences permet despéier une solution économique et • favorable à ces projets.

« Les travaux seraient donc exécutés par l'industrie privée française sous le contrôle de l'Etal et l'exploitation des lignes ainsi établies serait remise à des compagnies dont la constitution ne semble pas devoir soulever de difficultés sérieuses. La dépense totale atteindrait environ L30 millions, dont 25 millions seraient déjà imputés au budget de 1900-1901, et consacrés aux premières dépenses de^ lignes télég^raphiques d'Oran à Tang-er, de Brest-Saint-Louis à Dakar, de Hué à un point à déterminer au nord de Hong-Kong-, de Tamatave à la Réunion, du Golfe du Bénin et duGong"0 français à Mozambique,

Tel est le résumé, rapide, mais exact croyons-nous, du remarquable rapport de M. Maurice Ordinaire. On le voit, si les conclusions en sont adoptées (et il est impossible qu'elles ne le soient pas) la France aura enfin un réseau de câbles sousmarins imlépendant, dont elle gardera la libre disposition et qui unira enfin à la métropole les tronçons isolés de son empire colonial.

Ligues télégraphiques terrestres.

Mais ce réseau sous-marin doit être naturellement complété par un réseau aérien reliant entre elles nos colonies d'Afrique et, en Asie, les divers royaumes d'Indo-Chine. Hâtons-nous de dire que, grâce à un effort méthodique et longuement soutenu, nos établissements de l'Afrique occidiMitale française sont dotés d'un réseau télégraphique aussi complet qu'il est possible de le désirer. C'est en 18t)2 que la première ligne télégraphique a <'t(' établie entre b^s Xvaves et In mer; en 1808, Saint-Louis

51)4 MISE EN VALEIR

fut relié, à son tour, à Richard-Toll rt à Da^aiia. I^ii 1877, le général Borgnis-Desbortlesprolonucail le réseau jusini'à Podor; enfin, en 188ij, le fil niellait en icialions Malani el Bakel avec Saint-Louis.

Du eiMé du Ilanl-Sénég^al, Bammako était joint an réseau [)récédent à la même date. Toujours en 1883, était créée la ii^^iie de Rufisciue à Joal, par Xianing-, et mettait ainsi le litlolal en communication avec Dakar. Enfin, en 18î)], le lil était posé entre Saldé et Kaédi.

A partir de cette époque, le réseau télégraphicpie se développe avec une incroyable rapidité. En 1893, le Baol, Sine, Saloum sont rattachés an réseau ; en 18î)(), c'est la Casamance qui se relie aux postes déjà existants; en 1897, le fil du Soudan atteint, d'une part, Ouaçadoughou par San, en plein cœur du Niî^er et de l'autre, la mystérieuse Tombouctou. « Ainsi les lig-nes maîtresses étaient posées ; il s'agissait seulement de les relier entre elles. La Guinée française se rattachait alors avec Kankan par Farannah et Kouroussa, mettant ainsi Konakry en lelalions directes avec le Niger ; \\u (Muhranclienu'nt gagnait ensuite Timbo ; enfin, contournant la (îuinée j)()rlngaise, elle se rattachait à Védigara, au réseau sénégalais.

Le Dahomey se reliait, à son tour, à Ouagadonghon par Carnolville vers le moyen Nig'er et ledourma.

A la Côte d'Ivoire le fil traversait l'Indénié et se dirigeait vers Boudoukou et Kont; pour de là se relier à la ligne maîtnîsse du Soudan par Sano et Bobo-Dioulasscf.

Ainsi, « d'un bout à l'autre de cet immense domaine africain, de Dakar à Tombouctou, de la Gambie au Niger, du golfe de Guinée aux confins du désert, des poteaux ont été dressés et les signaux Morse circulent sur des conducteurs électriques dont la longueur totale atteint 8,000 kilomètres (1). »

(!) Cf. ]i\ii'j;oi\ /ti fi'i'Of/)-fi/)/iii'. n"l, 1."! janvier.

LIÎS voues DE COM.VIUXICATIO.X 505

Mais il V a mieux à faire. Autant nous avons conil)attu le projet du chemin de fer traiissaharien, autant il nous ])arait que le Transsaharien télégraphique rendrait à nos colonies les services les plus i^rands en reliant directement et (riine façon pratique nos colonies de l'Afrique du nord el l'Afrique occidentale et en nous permettant, le cas échéant, de nous passer des communications sous-marines. Certes, ce projet est loin d'être réalisé ; et cependant la construction en serait assez rapide et relativement peu coûteuse.

Le réseau télégraphique de l'extrême Sud-Al^-érien présente un développement total d'environ 2,000 kilomètres qui sera l>ientot complété par le prolongement de la ligne El-Goléa-Port- Miribel jusqu'à In-Salah. Les difficultés matérielles de construction ont été depuis longtemps résolues et le coût du kilomètre de fil ne dépasserait vraisemblablement pas 1,200 fr. Ainsi, du nord au sud la dernière station sera, dans quelques mois, In-Salah; du sud au nord les deux derniers bureaux sont Moro et Tomboucton. Nul doute que l'org-anisation de la Mauritanie occidentale ne permette de pousser plus loin encoi'e le fil aérien. Il s'agit donc, en somme, de relier les derniers postes du Sud-Alg'érien aux premiers postes soudanais. Une telle opération est-elle possible?

« Cette ligne pourrait avoir son premier poste saharien dans la région méridionale des oasis, à In-Salah par exemple, ou à un point à déterminer plus à l'ouest et sur la prolongation de la ligne Oued-ïousfana-Oued-Saoura qui doit vraisemblablement suivre la voie ferrée du Sud-Oranais en passant par Igli.

Du sud des oasis on pourrait se dirig-er droit au sud, de manière à rejoindre Tombouctou par Taodéni et Araouan. Le tronçon jalonné par ces trois points incomberait au Soudan... Il faudrait que la pose fût effectuée par des équipes venant de ToMdxiuctou jusqu'à Taodéni, tandis (pie les t-quipes venues

ri'Ki MISE i:.\ VALEUR

(l'A Ig-érie parcourraient les 1,000 à 1,200 kilomètres qui séjnueut ce point du sud des oasis...

Eu somin',la construction d'un Iranssaharien léléyniphicjue sLîrait subordonnée à la fabrication d'un fi\ assez résistant et assez isolé du sol par son enveloppe, pour qu'on puisse se passer de poteaux et placer le fd, soit à l'abri des sables, soit dans des fissures naturelles de la Hamada, soit dans un sillon creusé exprès. »

Ainsi s'exprime M. Laferrière. Le projet du transsaharien télég-raphique est donc possible. S'il est possible, il faut le faire, car il y va d'un intérêt de premier ordre.

D'autre part, le réseau de l'Afrique occidentale se raccordera un jour, également par voie aérienne, avec notre colonie du Congo par le lac Tchad, les postes du Chari et ceux de l'Oubangui.Déjà le Congo possède dix-sept bureaux télégraphiques alors qu'en 1896 il n'en existait que quatre et neuf à peine en I8U7. Une ligne directe met en relations Loango et Brazzaville et il est question d'établir, à travers le Stanley-Pool.cnlie Brazzaville et Léopoldville, un câble qui relierait le réseau français au réseau belge. Mais on peut encore mieux faire. « De Léopoldville le réseau belge atteint la station des Falls sur le Haut-Congo et, selon toute apparence, il se soudera jtrochainenient au réseau de l'Afrique orientale allemande à l'jiji. » Il serait facile [)ar conséquent de nouer des coniniuni- <'ations entre le Congo français et Madagascar, soit en imnieiyeant un cable entre Bagamoyo et Diégo-Suarezf soit en posant mit' ligne télégraphique jusqu'à Mozand)i(pu% point de (h'part du câble de Majunga (1 ).

Sans doute, il ne s'agit pour tout ce léseau africain (juc d'un fil unique et ces lignes utilisées par l'aduiinistralion et h's postes mililaiics ne sont pas toujours accessibh's aux coiiinKM-

(I) \()ir .M;iuiio<" Ordiiiaiic, o/i. cil.

caiits et encore moins au trafic international ; mais l'essentiel est fait et le crédit d'un million demandé aux Chambres permettra de doubler et même de tripler les fils et fera du (élégraplie, qui est déjà un outil nécessaire de surveillance et de domination, un instrument indispensable du développement économique de la France africaine.

INDO-CHINE

L'organisation du sei'vice télégraphique a été, depuis longtemps, une des préoccupations les plus vives du gouvernement général. Pour la Gochinchine seule la long-ueur des lig-nes télégraphiques est de 1947 kilomètres avec un développement de 4.1 08 kilomètres de fils. Le Bas-Laos en possède pour sa part 8.3.J. La prolongation de la grande ligne de Bak-hin-Boun à Vien-Tiane, sur une long-ueur de 130 kilomètres, jusqu'à Patchoun, commencée le 1*"' janvier 1899, sera terminée vers le mois de juillet 1899. Ces lig-nes ne sont d'ailleurs que le prolong-ement de celles du Cambodg^e (122.j kilomètres) avec un développement de 188G kilomètres de fil.

Quant à l'Aunam il est relié télégraphiijuement à laCochinchine et au Tonkin par deux cables sous-marins l'un de 265 milles entre Thuàn-an et Haïphong-, le second qui mesure 5-30 railles, posé entre Thuân-an et le cap Saint-Jacques. En plus de ces deux ct!^3les, rAnnam possède une lig-ne terrestre desservant tous les points importants de la Côte, doublée par une ligne principale qui sert à l'échange des télégrammesdu Tonkin et de la Chine avec l'Annam, la Cochinchine et le Cambodge.

Elle n'a pas moins de 1830 kilomètres. De la lig-ne terrestre parcourant rAnnam du nord au sud se détachent des tronçons secondaires dont les principaux sont les suivants :

1° De Ouàng-Tri à Lao-Bao et Savanna Khet sur le Mékong,

oG8 MISK E.\ VALEIK

2° Di" Vinli à Laklione ég-alement sur le Mékong.

Ct's d'Mix lig'nes léléi^rapliiijues suivent les deux voies d'accès du Laos moyen. Enfin le youxeinenienl poursuit acluellemeiil l'étude d'une liyiie f[ui desservira le siuatoriuui du Laui^-lîian. EntiM,au Tonkin, il existe déjà près de 2000 kilomètres de lig'nes tr'li''ti;ra[)irH[ut's ([ui voni jusqu'à la frontière chinoise et meltent eu relations les |)iincipales villes du delta.

VIEILLKS COLONIES

Est-il bien nécessaire de dire que toutes nos colonies sont dotées de li^^nes télégraphiques et que dans les vieilles colonies notamment il existe un réseau complet? C'estainsiqne la Guadeloupe en possède un de 140 kilomètres exploité par deux compag-nies, l'une française : la compagnie des cables télégraplii(jues et l'antre anglaise : la West India and Panama telegraph Company, et la Martini(pie, de trente-un kilomètres entre Saint-Pierre et Fort-de-France; de plus, un réseau ltMé[)hoin"que relie entre elles toutes les connnunes de l^île. Eu (luyane un fil relie Cayenne aux bourgs de Konrou, Sinuamary, Tracoubo et Mana ainsi (pi'aux établissements pénitentiaires du Maroni et des îles du Salut. A la Réunion, le réseau s'étend de Sainte-Rose à Sainl-Philip[)e en passant par Saint-Denis avec embranchement de Saint-Andr('' à llell Rourg", de Saint-Pierre au Tampon; de Sainl-Louis à l'Entre-deux; de Saint-Louis à Cilaos et de Sa^it-Benoît à la plaine des Palmiers. Les deux derniers embranchements ont (•fé installés en J808. Les lignes de Saint-Denis à Sainl- Pierre et de Saint-Denis à Sainl-Rennil ap[)artienuen( à une société particulière fondt'e eu 1870. Ij's autres ligru's sont la pr()pri('l('' de la coloiiii" «pii lésa l'ait consli'uire à ses frais, luais l'enseudde (lu réseau est exploit»' par la société, moyennant uiu; sid»\('riti(>ti aîiriuelle deMl.îlSO IVaucs. •

Tels sont, en résumé, les réseaux télégraphiques établis clans nos colonies. On voit par là que des efforts sérieux ont été faits dans ces dernières années notamment, pour doter nos établissements de moyens rapides de transmission mais rien ne sera fait tant cpie notre réseau de câbles sous-marins n'aura pas été constitué de façon à nous passer de tout intermédiaire étranger.

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