‹ La mise en valeur de notre domaine colonialeChapitre 64 sur 72 · MOUVEMENT DE NOS PORTS COLONIAUX · texte numérisé non relu

MOUVEMENT DE NOS PORTS COLONIAUX

Il ne saurait entrer dans notre pensée d'étudier en détail les questions relatives au commerce maritime entre la métropole et nos colonies et de rechercher les causes profondes de la décadence indéniable de notre marine marchande. Après le très remarquable ouvrage de M. Charles Roux sur ce sujet, ce serait s'imposer un travail inutile et certainement très inférieur à tous les points de vue. Rappelons seulement qu'en 1887, la France occupait encore le deuxième rang (bien loin, il est vrai, derrière l'Ang-leterre) avec 722.252 tonneaux et que moins de dix ans plus tard, en 1895, nous n'occupions plus que le troisième, après l'AUemag-ne, avec 864.598. En d'autres termes « tandis que nous augmentions notre marine marchande à vapeur de 19,71 0 0, l'Angleterre, l'Allemagne et la Suède augmentaient leur flotte de 51,44 0/0, 108 0/0 et 202,27 0/0. »

Les causes de cette décadence sont faciles à déterminer. C'est d'abord que 1^ Grande-Bretagne a le charbon et le fer à bien meilleur compte que la France, ce qui lui permet de construire des navires ti un prix tel qu'il nous est impossible d'entrer en concurrence sérieuse ; c'est ensuite que les marines étrangères (britannique, allemande, norvégienne, etc.), transportent à bon marché les marchandises du monde entier et que leurs armateurs sont, en quelque sorte, comme les Hollandais du xvn*^ siècle, les rouliers des mers. Le l'ésultat, c'est que la part prise par notre pavillon dans les transports entre la France et toutes ses possessions, colonies et pays de

iVM) MISE E.\ VALELK

protectorat est de 53 0/0 et celles du puvillon étrang-er do 47 0 0 (entrées et sorties réunies). Aucun navire français, exception faite pour ceux des Messageries maritimes, ne se montre dans les ports de ('hine au nord de Hong'-Kong-; les exportations de la Gochinchinc se fônt^presque exclusivement par des navires étrang-ers. Toutes les relations entre la Nouvel le-(]alédonie, l'Australie et la Nouvelle- Zélande se font de la mémo manière. Enfin, les communications de nos établissements français de l'Océanie avec, la métropole ou les autres colonies françaises ne sont môme pas assurées d'une façon indirecte par des navires battant notre pavillon. Une telle situation est inquiétante et il faut la signaler parce qu'elle est parfaitement susceptible de s'améliorer puisque « tous ces éléments de trafic nous échappent, non à cause du manque d'initiative ou de hardiesse de nos nationaux, mais par suite d'une série d'entraves légales. »

Ceci dit, donnons le tal)leau sommaire du mouvement annueldans nos principaux ports coloniaux.

COLONIES

St-Pierre el Miquelon

Martini([ue

(iiiadeloupe

Sénégal

Guinée franc^aise

Frahç.

Etraiifr.

Locaux

Franc.

Ktnuif;.

Franc.

Etranfî

Franc.

Ktran".

EXPURTATIU.N

Tonn.'i'.'ti

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