G SAINT VINCENT DE PAUL
désintéressement plein d'abnégation, le souci persévérant du soulagement de tous, la sensibilité vraie qui ont ; valu à ce pay.^an des Lanles l'honneur insigne d'être à la tête de toute l'œuvre charitable du dix-septiùnie siècle, d'en rassembler sous sa main tous les ouvriers.
Nous allons contempler un spectacle semblable à celui que MM. Ozanam, de Montalembert et surtout Amédéo Thierry nous ont montré à la, fin du cinquième siècle, à la veille de la chute du monde romain dans la personne de saint Séverin, l'apôtre du Norique. Seulement, le théâtre s'agrandit : au lieu de deux petites provinces éloignées, c'est un royaume entier; de grandes armées dévastatrices ont remplacé les petites tribus barbares ; ce ne sont plus quelques moines des monastères de Favianes et de Passau, ce sont des ordres religieux en grand nombre qui rivalisent de docilité et de zèle pour obéir à des ordres émanés d'une humble cellule. Mais aussi Timpuissancc qu'on remarquait dans l'œuvre de saint Séverin éclate encore plus visible dans celle de saint Vincent de Paul; tout son dévouement ne sert qu'à mieux prouver rintensité et l'étendue du mal qui, comme un torrent irrésistible, entraîne les digues qu'on lui oppose.
Pendant les longues et terribles guerres de religion, le catholicisme français était tombé dans la plus déplorable situation morale qu'on puisse imaginer: cette pé* riodc do trouble et d'agitation n'avait amené à sa suite que fanatisme, ignorance et grossièreté. Les pasteurs ne valaient pas mieux que le troupeau : mille abus, grâce à la licence des temps, s'étaient introduits dans les couvents; il n'y avait plus de discipline, les désordres le» plus honteux semblaient la règle, la vie de beaucoup de monastères. Depuis qu'elle ne pouvait plus lancer
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et de passion, co:nyj^A j-'^ir ".:-î l'^.v. :- .dame de C:iarmoii?y. ci::.---; -'.:.• i^ :. i*. :- > but de Tauteur étjit -le ri::.^'.-; .•:::.:-..■ ^ monde. C'était une r-'^r:^ -i:-^ : ::. >::• - - ■ - Le Traité de l'amour d^ b^^ix r,:.', ',:-. --; ^ -, • direction des âaie*.L-;r::':r]îre ::.•. :-.^ t^ ■ Chantalprocluir.it ia O^r.iTr;:'- '.',-. :^ '^ » i *:* , , - \ ouvert par révAque']eG-::.èv(;i *r. fj..o : i i- ,.
aux âmes aimante? qu'on r^y, '/''>.. \ \h\ r/- . ■ '. Ami de madame Acarle- V^jr M* ;^ :^ ,:: '^r- , réformatrice des Carméiîveè, ';t -i^ u i:*;-f*i >-'• % • .^.
M IE5ÂIS515CE BELIGIEUSE
Arnauld. Tabbesse de Port-RojaL Fnnroi* ie Sales peut réclamer une belle part dans ce monTeiDent de réfonne da clergé et des ooovents.
L'Oratoire, fondé par Bérolle. et d'où devaient sortir les Malebranelie, les Masriil jn, les Liimi. les Thomassia, k» Richard Simon et tant d'autre noms iUosire.- dans les sciences, la chaire ou les letrts ; Porl-B«j»yal avec sa co» lonie des Amauld, des L3n:clo', des Nicole, des PascaK que Saint-Cyran sat gagner à si cause, disent assez qaeiles lumières cette renaissance religieuse devait jeter sur le monde entier. Sur ces deux célèbres maisons, nous ne pouvons que renvoyer le lecteur au\ livres bien connus de MM. Sainte-Beuve et Nourrisson.
Malgré Tamour de Saint- Cyran pour les pauvres, la charilé n'avait pas encore trouvé son apôtre, et l'esprit de la société moderne exigeait, pour l'adopter, que ceseutiinent religieux devînt pratique, qu'il se mêlât au siècle. Si la France se couvre promptement de couvents de tous ordres, de toutes couleurs; grâce à Vincent de Paul, elle voit bientôt à côté autant et plus d'hôpilaux, d'écoles; comme l'ont bien remarqué M. Henri Martin et M. Caillel, un des traits les plus caractéristiques de celte régénération du catholicisme français, c'est la prédominance de l'élément agissant et social sur l'élément ascétique et solitaire, c'est la passion de l'enseignement, du soulagement de tous ceux qui souffrent, le besoin de donner à une vie active un but utile. On ne songe plus à s'absorber en Dieu, mais à aller à lui par le travail et par le service des pauvres : aussi en présence d'une œuvre si grande, si belle, dans toutes les classes de la société on s'associa à c(!s nobles et généreux efforts : jamais la charité sécu- '" rc ne s'est élevée plus haut.
AU XV1I« SIÈCLB. aon
foîit ce qu'il y eut Je vrai el de satulai; e dans cclU*
Mgénéralion, a Uil M. Henri Martin, se résume dans un
ai, saint Vincent de Paul; le théoricien iDysli(|ue,
ûnt François de Sales, était sorti des liautts classes de la
delà, l'homme d'action, l'organisateur, sortit du peuple.»
fia charité Tut son génie. Vincent se consacre lout entier
an service de ses semblaljles comme d'autres se dévouent
i la reclierche des honni^urs, de la gloire, de h sciencs:
j] f jette tout le fen de son àme, lout le calme de sa rai-
L'son ; qui pourra dire ce qu'il a déployé d'activité el da
ifatience, inventé d'expéUicnIs et de combinaisons, dé-
S de temps et d'argent pour l'organisation de cea
sociétés laïques, de ces congrégations religieuses, de ces
bn&titutions charitables qui sont la vraie histoire de sa vie?
■fTout ce mouvement est l'œuvre d'un (ils de paysans
paiivr-cs dans un pays Tort pauvre, et dont l'extérieur ne
d^enl pas l'humble origine. On se rappelle cette figure
MUS lignçsïu'o^'reSiauslraitsgrossiers, celte tête chauve,
ce nez long el gros, celle bouche largement fendue, ces
lèvres épaisses, cette laiile un peu lourde? Celle pliysio-
oouiie cependant frappe el se grave dans la mémoire, et,
après un examen aiienlif, on remarque un front haut et
large, des yeux vifs etdous; un sourire, la seule des grâces
' JiOBiainesqu'ilpossÊdât, lui donne un air souverainement
aiTahle, el imprime à son langage un caractère d'é^o-
I qucnre simple el toucliantc : il y a là une beauté de pliy-
I «onomie que le cœur donne, même aux plus laids.
Parcourons rapidement cette vie si connue de tous :
[Vincent de Paul, ou Depaul, naquit le 21 avril 137G,
ï la maison dite de Ranquîne, canton de Pouy, prés
4}e Dax, appelé aujourd'hui Saint-Vincent de Paul par
lorilonnance rovale du 3 décembre 1828. Son enfaa<